Jason McCallum et Aaron Mills ont recherché, au cours des deux dernières années, du houblon sauvage qui pousse principalement le long des ruisseaux et dans les secteurs fortement boisés de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard.

Des chercheurs tentent de découvrir les secrets du houblon des Maritimes

HALIFAX — Deux chercheurs fédéraux étudient des variétés de houblon sauvage découvertes dans les Maritimes afin de déterminer si certaines d'entre elles peuvent être incorporées dans de la bière artisanale.

Jason McCallum et Aaron Mills ont recherché, au cours des deux dernières années, du houblon sauvage qui pousse principalement le long des ruisseaux et dans les secteurs fortement boisés de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard.

M. McCallum signale qu'en plus du houblon sauvage indigène, il existe aussi des variétés de houblon d'Europe qui ont prospéré dans les Maritimes après avoir été cultivées par les premiers colons en Amérique du Nord. En conséquence, les plantes poussent abondamment et sont facilement reconnaissables pour un connaisseur.

«Le simple fait de circuler permet de les repérer dans sa voiture, même en roulant à 80 kilomètres à l'heure. Nous avons trouvé des sites de façon purement aléatoire», relate le chercheur.

La taille de certaines plantes peut être assez haute, allant jusqu'à dix mètres. Elles peuvent grimper sur des arbres morts, des poteaux électriques et des remblais de pont. Leurs feuilles ressemblent aux feuilles de vigne.

«Nous avons souvent trouvé du houblon poussant sur des pommiers dans de vieilles fermes», mentionne M. Mills.

Ils ont découvert plus de 60 populations différentes de houblon sauvage. Ils ont planté des échantillons à la Ferme expérimentale de Harrington, un centre de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, près de Charlottetown.

Les deux hommes ont étudié la composition chimique des variétés pour déterminer leur origine et voir celles qui pourraient intéresser l'industrie brassicole.

M. McCallum dit que les brasseurs s'intéressent plus particulièrement aux composés chimiques amers connus sous le nom d'acide alpha. Une variété qui n'existe que dans les Maritimes a un fort potentiel.

«Toutes les essences indigènes des Maritimes ont des acides alpha adéquats pour le brassage, mais une chose qui se démarque vraiment à leur sujet, c'est qu'elles ont des odeurs et des caractéristiques de saveur très inhabituelles», dit-il.

Il ajoute qu'une fois séchées et frottées ensemble, les fleurs de la plante produisent des odeurs de melon, de concombre et même de gomme à mâcher.

Son collègue indique que la recherche entre dans une deuxième phase au cours de laquelle ils tenteront de déterminer le potentiel de rendement de la plante et sa résistance aux maladies.

«Les brasseurs artisanaux acceptent n'importe quel ingrédient pourvu qu'on y rattache une histoire, dit M. Mills. Nous voulons nous assurer que la quantité est suffisante et que nous contrôlons les saveurs.»

Les données seront soumises au cours des deux prochaines années au Bureau des droits d'obtenteur de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui assure la protection juridique des nouvelles variétés végétales. Les chercheurs McCallum et Mills prévoient également de travailler avec des producteurs de l'Île-du-Prince-Édouard, du Québec et de la Colombie-Britannique pour voir si les variétés de houblon sauvage des Maritimes peuvent être cultivées dans d'autres régions du Canada.

M. Mills a déclaré que si tout se passait comme prévu, le premier matériel végétal pourrait être remis à des partenaires commerciaux dans deux ans. Après cela, il pourrait s'écouler encore quelques années avant que la bière incorporant le houblon n'apparaisse sur les étagères locales.