Pour un appartement chauffé à l’électricité dont le loyer initial est de 800 $, on pourrait donc se retrouver avec un nouveau loyer d’environ 810 $.

Des augmentations modestes des loyers en vue

La Régie du logement a publié ses indices d’augmentation des loyers pour 2018, fixant à 0,5 % le taux d’ajustement moyen d’un logement non chauffé ou chauffé à l’électricité, à 0,7 % celui d’un logement chauffé au gaz et à 1,9 % celui d’un logement chauffé au mazout.

À ces taux s’ajoutent les augmentations liées aux hausses de taxes municipales s’il y a lieu, ainsi que 2,4 % des coûts liés aux rénovations majeures effectuées dans l’appartement. Pour un appartement chauffé à l’électricité dont le loyer initial est de 800 $, on pourrait donc se retrouver avec un nouveau loyer d’environ 810 $, et si 5000 $ y ont été investis en rénovations, on se retrouverait alors avec un loyer avoisinant les 820 $.

Le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture, fait écho à plusieurs de ses collègues à l’échelle de la province, qui sont généralement satisfaits de ces taux. « Les taux annoncés sont effectivement très bas, ce qui va aider les ménages locataires à revenus modestes ou moyens. [...] Ici, à Sherbrooke, on a eu en plus un gel de taxes, donc on va avoir une augmentation très très faible du coût du logement », dit-il.

« Il faut savoir par contre que le propriétaire peut demander l’augmentation qu’il veut, et c’est au locataire de la contester s’il trouve qu’elle dépasse les recommandations de la Régie du logement. Plusieurs locataires, surtout des personnes âgées ou vulnérables, ne contestent pas par peur de représailles », nuance celui qui préférerait que les baux soient approuvés par la Régie avant d’être proposés aux locataires.

Douche froide pour les propriétaires

Le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL) qualifie de son côté de « douche froide » les taux émis par la Régie du logement. Le regroupement critique tout particulièrement un sous-élément du calcul, soit la variation de -0,9 % attribuée à l’électricité, alors que les tarifs d’Hydro-Québec ont augmenté. Le taux de 2,4 % réclamable sur les dépenses pour rénovations majeures, qui était à 2,9 % en 2015, déplaît également. « Pour chaque tranche de 1000 $ de travaux dans un logement en 2017, le propriétaire aura droit à 2 $ d’augmentation de loyer mensuel pour 2018 : 41 ans avant que le propriétaire puisse récupérer le montant investi! » peut-on lire dans un communiqué envoyé par l’organisme.

Mais c’est avant tout le concept même des indices émis par la Régie que le RPHL conteste. « L’an dernier, l’ancienne présidente de la Régie du logement, Me Anne Morin, n’avait pas publié d’estimation justement car ces chiffres sont trompeurs et ne permettent pas la discussion entre propriétaires et locataires. Pas moins d’une semaine plus tard, elle a dû revenir sur sa décision suite aux demandes du ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, et de Claude Dussault, Protecteur du citoyen par intérim », remarque Martin Messier, président du RPHL.

Les indices d’augmentation ainsi qu’un outil de calcul sont disponibles sur le site web de la Régie du logement, à l’adresse rdl.gouv.qc.ca.