Une seule pièce comme celle-ci pèse 22 000 livres.

Démantèlement des presses: un chantier colossal [PHOTOS ET VIDÉO]

Une bonne partie des 150 tonnes de métal du mastodonte qui servait jusqu’à récemment à imprimer les quotidiens La Tribune et La Voix de l’Est est arrivée chez le ferrailleur.

François Lacroix, contremaître de route chez Egzatek, travaille depuis deux semaines sur le démantèlement de cette presse qui était située dans les locaux de La Tribune sur la rue Roy depuis 1976. « Ça va selon l’échéancier qu’on s’était donné, soit entre trois et quatre semaines. Dans la deuxième semaine, on a déjà un étage complet de démantelé », dit-il.

Qu’est-ce qui est le plus difficile lorsqu’on démonte une machine de la sorte? « C’est l’environnement autour, répond M. Lacroix. On n’a pas beaucoup d’espace, l’endroit est assez exigu, on ne peut donc pas entrer de machinerie ni de grue. Tout se fait donc avec des palans manuels. Ce sont des pièces assez lourdes. »

« Ce type de presse est construite sur plusieurs étages, enchaîne-t-il. Celle-ci est construite sur trois étages. C’est un autre défi, elle est bâtie en hauteur. »

Les employés de l’entreprise de démantèlement devraient terminer leur travail vers le 11 mars.

Même si une bonne partie des presses n’y sont plus, il reste encore du pain sur la planche pour les ouvriers. « Il nous reste une grosse partie, car ce sont beaucoup de petites pièces. On prévoit terminer vers le 11 mars », précise celui qui travaille pour Egzatek depuis quatre ans.

Les préparatifs du chantier n’ont pas été difficiles à effectuer : La Tribune est le plus ancien client d’Egzatek, une entreprise de l’arrondissement de Brompton qui s’occupait de l’entretien de la machine. « On connaissait exactement la machine, on savait exactement à quoi s’attendre. On connaît tous les boulons! » assure M. Lacroix.

Les presses de La Tribune étaient situées sur la rue Roy depuis 1976.

Valeur historique

Les travailleurs qui démontent les presses sont conscients de la valeur historique de cette énorme machine. « On a détaché certaines pièces représentatives de cette époque pour les considérer comme des artéfacts. La Tribune nous a demandé de les garder », sourit le contremaître, précisant que l’entreprise placera en évidence ces articles dans ses nouveaux bureaux.

Les couleurs des presses ont été utilisées pour une dernière fois le 14 février dernier.

Des articles comme la plaque d’identification, des poignées et un compteur ont été conservés. Le reste du métal, lui, prend la direction de Métaux Bourque, une autre entreprise locale.

Les employés d’Egzatek travaillent sur le démantèlement des presses depuis environ deux semaines.

Plus rare

Il est désormais assez rare pour l’entreprise Egzatek de démonter des presses. « Maintenant, on en démantèle environ une par année, estime M. Lacroix. Le démantèlement demande un peu moins d’expertise. Pour l’installation de presses neuves, c’est extrêmement rare : j’en ai fait deux fois en quatre ans. Je n’ai procédé qu’à un déménagement d’équipements d’imprimerie. »

« Maintenant, on est plus dans le domaine de l’emballage », précise M. Lacroix.

Les presses qui imprimaient La Tribune et La Voix de l’Est ont fonctionné pour une dernière fois le 14 février dernier. L’impression des deux quotidiens est maintenant assurée par un sous-traitant à Anjou.

Le métal qui composait les presses est recyclé chez Métaux Bourque.