Cynthia Lewis est copropriétaire de la microbrasserie La Confrérie artisans brasseurs, qui vient tout juste de s’installer à Windsor.
Cynthia Lewis est copropriétaire de la microbrasserie La Confrérie artisans brasseurs, qui vient tout juste de s’installer à Windsor.

De la bière brassée à Windsor

Les connaisseurs auront remarqué l’apparition de nouvelles canettes de bière sur les tablettes estriennes, depuis le début de la crise. Pendant que le monde s’arrêtait autour d’eux, les propriétaires de la nouvelle microbrasserie Confrérie artisans brasseurs de Windsor ont mis les bouchées doubles pour concrétiser un projet de longue date, et qui, dans un futur proche, invitera également résidants et passants à s’approprier un véritable beer garden en ses lieux.

En fait, la Confrérie n’est pas si nouvelle que ça, précise Cynthia Lewis, qui possède l’entreprise avec son conjoint Alex Larrivée et les parents de celui-ci, Luc Larrivée et Linda Maltais. 

Après avoir peaufiné ses techniques de brassage durant cinq ans dans ses installations annexées au Verger de Tilly, l’entreprise de son oncle située à Saint-Antoine-de-Tilly, le Sherbrookois Alex Larrivée a eu envie d’aller plus loin. 

Son père, qui est un cadre retraité de la Ville de Sherbrooke, avoue qu’il se trouvait de toute façon un peu trop jeune pour une retraite complète. 

« Alex est arrivé avec le projet : il restait petit, ou bien il passait à une autre étape. Je lui ai offert de le faire ensemble, mais je lui ai dit qu’on allait le faire ici, en Estrie. On s’est mis à regarder à quoi ça pouvait ressembler, et ça à abouti à ça! » explique-t-il devant le bâtiment fraîchement construit dans le parc d’affaires de Windsor.

L’ouverture du comptoir-bar et de la terrasse dans les installations de Windsor, qui devait avoir lieu en juin, a finalement dû être repoussée. Les propriétaires travaillent activement pour terminer l’aménagement.

Là est donc, selon Mme Lewis, une partie de la force de la microbrasserie qui se permet pour une toute première fois d’exporter fûts et canettes grâce à une capacité de production multipliée par dix depuis le mois de mars. « Toutes les erreurs qu’une microbrasserie pourrait faire en commençant, on les a déjà faites », plaide-t-elle. 

Ayant évolué au sein d’un verger, Alex Larrivée a notamment appris à maîtriser le brassage de bières — « bien balancées », insiste-t-on — à base de fruits. La Smooshie, lancée en canettes il y a quelques semaines, est par exemple concoctée à base de kiwis ancestraux récoltés à même le verger, où la bière de la Confrérie est d’ailleurs toujours offerte. 

Dans les bières déjà lancées, on peut également goûter le miel de la Miellerie Lune de miel à Stoke, l’herbe signature de Bleu Lavande à Fitch Bay, les grains d’Innomalt à Sherbrooke, le cassis des fermes Bessette et Pérignon à Orford et Hatley, la camerise de l’Élevage des Vallons à Cleveland et les fruits séchés de Anhydra à Drummondville. 

Ni Mme Lewis ni son conjoint ne travaillent à temps plein pour la Confrérie. Or, ce qui pourrait paraître pour une lacune est en fait tout le contraire pour celle qui œuvre dans l’événementiel et celui qui travaille comme technicien en génie civil : « la fois qu’on fait une bière qui n’est pas prête à notre goût, ça ne nous dérange pas de la sortir une semaine plus tard, explique Mme Lewis. On n’a pas la pression de devoir faire entrer de l’argent et de se donner un salaire. En ce moment, ce qui paie nos factures et notre toit, ce sont nos emplois. L’objectif c’est qu’Alex puisse brasser ce qu’il veut comme il veut. Ici, c’est petit et ça a une grosseur qui nous permet de faire des rotations. On n’arrêtera pas de faire des nouveautés; on ne veut pas tomber dans un modèle où on fait 75 fois la même recette. » 

Les nouveaux équipements de Windsor permettent de produire jusqu’à 1000 litres d’une même saveur à la fois.

Un beer garden 

L’ouverture du comptoir-bar et de la terrasse dans les installations de Windsor, qui devait avoir lieu en juin, a finalement dû être repoussée à une date indéterminée : effet collatéral de la COVID-19, explique Mme Lewis. 

À peine leurs fûts avaient-ils commencé à se retrouver dans certains bars et restaurants que ces derniers ont dû fermer. 

En mode solution, les entrepreneurs ont freiné les investissements dans l’ameublement des espaces destinés à recevoir la clientèle, et ont dû se concentrer leurs énergies vers la distribution en canette : une tâche beaucoup plus fastidieuse que la distribution en fût. 

« Les gens se les sont arrachées, se réjouit Mme Lewis, qui compte plus d’une dizaine de points de vente sur sa liste d’attente. Maintenant, on recommence à préparer le bar et la terrasse, mais il y a des délais partout. J’aimerais vraiment pouvoir au moins ouvrir avant la fin de l’été. »

Le concept qui attend les futurs dégustateurs sera celui d’un beer garden familial, avance-t-elle. Tables modulables, barils et foyers composeront l’espace extérieur, qui est d’ailleurs conçu pour recevoir des foodtrucks à l’occasion. « On ne servira pas de nourriture, alors on pourrait avoir par exemple des foodtrucks tous les samedis. Les gens peuvent toujours apporter leur lunch ou commander chez les restaurateurs autour. Je veux qu’ils puissent venir passer la journée, déguster, et à la fin, repartir avec nos produits. » 

Des discussions avec la Ville sont également en cours pour la construction de marches afin de permettre accès à l’espace vert adjacent lui appartenant. 

L’intérieur comptera pour sa part une quarantaine de places.