Manon Massé était accompagnée de Colombe Landry, candidate pour Québec solidaire dans Richmond, au marché public de Saint-Georges-de-Windsor dimanche afin de faire une annonce concernant l’agriculture.

« Cultiver mieux, manger mieux »

Originaire de Windsor, Manon Massé avait l’habitude étant plus jeune de se rendre presque tous les dimanches avec sa famille à la fromagerie de Saint-Georges-de-Windsor afin de « manger du p’tit lait avec un sac de croustilles sel et vinaigre ». Elle était donc bien heureuse de se retrouver dans ce même village dimanche afin d’annoncer la vision de Québec Solidaire (QS) concernant l’agriculture.

« Les vieux modèles ne tiendront plus la route bientôt. Il faut passer à l’agriculture du 21e siècle », a lancé d’emblée la chef de QS.

« Quand on cultive mieux, ce ne sont pas juste les agriculteurs qui récoltent, mais aussi la population qui mange mieux », affirme-t-elle.

C’est donc dans l’optique de « cultiver mieux pour manger mieux » que QS propose une politique de l’agriculture divisée en plusieurs volets.

D’abord, on accordera un soutien aux entreprises agricoles biologiques notamment en augmentant les normes écologiques pour les produits d’ici, mais aussi pour ceux qui sont exportés.

« En visitant des fermes, nous avons entendu des gens dire qu’ils ne devenaient pas biologiques, car ça coûte trop cher. C’est un non-sens, il faut appuyer financièrement ceux qui veulent se diriger vers le bio et aider ceux qui le sont déjà à le demeurer », a ajouté Colombe Landry sur la question.

On prévoit donc 60 M$ par année afin de soutenir les entreprises agricoles, notamment pour les fermes biologiques qui pourront alors diminuer leur coût de vente et rendre leurs produits plus accessibles. Plus particulièrement aussi pour les fermes maraichères qui bénéficient en ce moment de moins de subventions. 

Notons que QS souhaite également interdire l’utilisation de pesticides néonicotinoïdes. Il va de soi que ces normes devront être appliquées aux produits qui seront importés au Québec.

« Il faudra donc se rassoir avec à la table de l’ALÉNA pour en discuter. Or seul le Canada a une place à cette table en ce moment. C’est pourquoi, pour nous, souveraineté alimentaire rime avec souveraineté du Québec », soutient Manon Massé.

De plus, 20 M$ feront en sorte de favoriser l’achat local par des initiatives comme les marchés publics pour que « l’endroit où l’on produit soit près de l’endroit où l’on consomme ».

Approvisionnement local

Québec Solidaire souhaite aussi mettre sur pied une politique d’approvisionnement alimentaire locale pour les organismes publics et parapublics. « Il ne faut plus que la bonne alimentation soit une question de portefeuille », soutient la co-porte-parole de QS, qui déplore que d’acheter ailleurs soit plus abordable que l’achat local.

Ce sont ainsi 50 M$ que le parti souhaite investir pour s’assurer d’aider les producteurs dans cette nouvelle vision de l’agriculture. « Avant, on soutenait l’agriculture pour répondre aux besoins des grandes entreprises. Maintenant on veut que les terres du Québec servent à bien nourrir notre peuple », soutient Manon Massé

Une partie de cette somme servira notamment à la MAPAQ à retrouver son rôle d’expert-conseil et non de « police de l’agriculture ».

« Je suis née et j’ai grandi sur une ferme. Quand on vit cette expérience, on sait que l’alimentation vient de la terre et qu’on doit en prendre soin, tout comme de nos agriculteurs », confie Colombe Landry. 

Candidate dans Richmond, elle estime que l’agriculture y joue un rôle majeur compte tenu de ces nombreux milieux ruraux et semi-ruraux, sans compter les sept marchés publics répartis sur le territoire. D’ailleurs depuis 10 ans, QS dans Richmond effectue des « virées solidaires » dans les fermes et entreprises agricoles de la région afin d’apprendre à mieux les connaître et de sensibiliser la population à l’achat local.

Par ailleurs, Manon Massé était à Sherbrooke samedi afin de dévoiler son plan détaillé d’assurance dentaire publique. Le parti évalue les coûts engendrés à 950 millions $ par année, après l’implantation complète. 

Pour les personnes âgées de 18 ans et plus, QS entend couvrir 80 % des coûts pour les soins de prévention et 60 % pour les réparations. En prévention, on parle des examens et des nettoyages. Les dentiers ou le traitement de caries sont des soins de réparations.