La nouvelle entreprise de cryptomonnaie s’établira sur le boulevard Industriel.

Cryptomonnaie : Sherbrooke ferme les vannes

Les grandes entreprises œuvrant dans le domaine de la cryptomonnaie ne seront plus admises à Sherbrooke. C’est que la consommation maximale d’électricité réservée pour ce type d’activité est atteinte. Outre Bitfarms, un deuxième centre de calculs confirme par ailleurs son implantation dans le parc industriel. Le nom de l’entreprise n’a pas encore été dévoilé.

« On s’était donné une capacité maximale et nous l’avons atteinte. Nous jugeons donc que nous sommes complets et nous devrons refuser les nouvelles entreprises du genre qui voudraient s’implanter », confirme Christian Laprise, directeur d’Hydro-Sherbrooke.

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« Dans les conditions idéales, nous consacrerons un maximum de 140 mégawatts à ces centres de calculs. La consommation varie toutefois selon l’endroit où se situe l’entreprise. À la fin, nous pourrions avoir une consommation de 125 ou 130 mégawatts. »

Le géant Bitfarms, qui avait annoncé un investissement de 250 M$ à Sherbrooke en mars, avait signé une convention de fourniture d’électricité de 96 mégawatts. La nouvelle entreprise, qui s’installe sur le boulevard Industriel, pourrait consommer jusqu’à 20 mégawatts. « Nous avons deux ou trois entreprises avec lesquelles nous avons des ententes et quelques-unes qui sont incertaines. Les autres qui viendront consommeront deux ou trois mégawatts », dit M. Laprise.

À 20 mégawatts, le nouveau client d’Hydro-Sherbrooke aura une consommation d’électricité comparable à celle de 1600 à 1700 résidences. Pour éviter de faire grimper la consommation pendant les périodes de pointe et de surcharger le réseau, Hydro-Sherbrooke pourra procéder à du délestage pour une durée pouvant aller jusqu’à 400 heures. Le délestage consiste à diminuer l’alimentation en électricité de cette entreprise.


«  On s’était donné une capacité maximale et nous l’avons atteinte.  »
Christian Laprise, directeur d’Hydro-Sherbrooke

« C’est un client qui était déjà dans le portrait en janvier. Nous avons fait des évaluations. Même si nous délestons, nous jouons de façon sécuritaire et nous pensons que l’ensemble de nos installations nous permettront d’ajouter au final les 140 mégawatts, et ce, sans impact sur le résidentiel ou l’industriel. Mais sans le quatrième poste de distribution que nous sommes en train de construire, ce serait serré. »

Les travaux que doit réaliser Hydro-Sherbrooke pour fournir ce nouveau client en électricité sont évalués à 40 000 $. Ils sont financés à même un dépôt effectué par l’entreprise. « Ils donnent un dépôt pour couvrir les coûts de construction. S’ils ne consomment pas et disparaissent, nous gardons le dépôt. Lorsque notre marge de profit a absorbé le coût des travaux, nous remettons le dépôt. »

Les profits générés par les entreprises de cryptomonnaie à Sherbrooke pourraient atteindre 3,5 M$ annuellement selon les calculs d’Hydro-Sherbrooke. « Ce montant pourrait être plus élevé selon la consommation. Nous sommes un peu conservateurs dans nos évaluations. »

À Sherbrooke Innopole, on disait ignorer les détails de la venue de ce nouveau joueur. « Nous n’avons pas donné de détails à Sherbrooke Innopole, mais nous leur avons dit que nous n’étions plus en mesure de prendre de gros clients pour la cryptomonnaie », précise Christian Laprise.