Charles-Olivier Mercier invite les entrepreneurs qui ont des projets innovants de les soumettre. Des bourses seront octroyées.
Charles-Olivier Mercier invite les entrepreneurs qui ont des projets innovants de les soumettre. Des bourses seront octroyées.

Créativité recherchée

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Miser sur la créativité des entrepreneurs d’ici : c’est avec cette idée derrière la tête que Commerce Sherbrooke veut aider les entreprises désireuses de pousser un projet innovant dans le contexte actuel.

Grâce au Fonds Pionniers, des entrepreneurs pourront avoir une bourse représentant 50 % de leur investissement, pour un maximum, de 5000 $, qui servira à ajouter une corde à leur arc. « Par exemple, il y a quelques années le Pizzicato s’est doté d’une nouvelle machine pour fabriquer des pâtes.

Avec cela, il a commencé à vendre des pâtes. Il peut en vendre dans des commerces et d’autres restaurants. Le commerçant va s’acheter un équipement qui a une plus-value. Ça lui permet de faire des affaires avec d’autres entreprises de l’écosystème et ça nous permet d’avoir des pâtes de Sherbrooke, ce qui est rare. C’est gagnant sur toute la ligne », explique le directeur général de Commerce Sherbrooke et de Pro-Gestion Estrie.

« Quelqu’un pourrait nous dire qu’il veut monter sa nouvelle boutique en ligne, lance-t-il. Par exemple, quand le Vent du Nord a créé son service de boutique en ligne et de livraison, ça ne s’était pas encore vu. La livraison de bière à la maison était assez novatrice. C’est le genre de projet qui pourrait être accepté dans le cadre de ce programme. »

Le fonds compte 100 000 $. Et « ce ne sera pas long », affirme Charles-Olivier Mercier. « Le formulaire est accessible en ligne.

À la fin du mois de novembre, ce sera devant le jury. Une semaine plus tard, on donne le go à ceux qui se qualifient. »

Combien pensent-ils avoir de demandes? « On a simplifié les démarches le plus possible. On devrait recevoir plusieurs projets. Mais c’est difficile à dire, car on ne sait pas combien de temps les entrepreneurs ont actuellement pour se consacrer à de tels projets. Soit on va avoir soit une belle surprise ou on va se rendre compte que les entrepreneurs sont tiraillés à gauche et à droite. Je pense qu’il y aura un certain succès », répond M. Mercier.

Virages numériques

Outre le Fonds Pionniers, deux autres programmes voient également le jour. Le premier, la Boussole numérique, un service gratuit administré cette fois en partenariat avec Pro-Gestion Estrie, aidera les entreprises de services et les commerces à déployer leur système de vente en ligne ou leur positionnement stratégique sur Internet. 

« Concrètement, les entrepreneurs peuvent recevoir de l’accompagnement individuel ou en groupe pour cibler les solutions numériques les mieux adaptées à leur situation, en plus de prendre part à des webinaires et des ateliers pour mettre à jour leurs connaissances sur les bonnes pratiques commerciales dans ce domaine », précisent les organisations dans un communiqué de presse, ajoutant que la Ville de Sherbrooke a investi 100 000 $ dans ce programme en collaboration avec le Conseil québécois du commerce de détail. 

Une clinique questions/réponses en direct pourrait également être mise en branle. 

Le dernier programme, ENTR+AIDE, déployé par Pro-Gestion Estrie, proposera du soutien et des services techniques aux entrepreneurs qui vivent des moments d’incertitude. 

« En ce sens, des ressources supplémentaires ont été mises en place afin de développer des solutions adaptées aux besoins émergents des entrepreneurs sherbrookois, que ce soit pour repenser ou modifier leur modèle d’affaires, pour accomplir leur bilan financier, pour une analyse dans le but d’une relance ou pour briser l’isolement causé par la crise », mentionne-t-on dans le communiqué de presse.

Des cellules seront organisées pour certains types d’entreprises. Cette semaine par exemple, une vingtaine de restaurateurs se sont rencontrés pour parler de solutions aux problèmes qu’ils vivent. « On va se dire les vraies affaires, expose M. Mercier. Il y aura des organismes de développement économique pour entendre et nourrir la discussion. On va donner la parole aux entrepreneurs pour qu’ils puissent échanger entre eux à propos des problèmes qu’ils vivent actuellement, pour qu’on soit capables de bien les identifier et voir s’il y a des solutions. S’il y n’en a pas, de créer de nouvelles solutions si c’est possible. »

Des entrepreneurs œuvrant dans d’autres catégories d’entreprises comme les bars, l’hébergement, le divertissement et le commerce de détail seront également appelés à participer.

D’autres mesures seront annoncées dans les prochaines semaines.