Devant les consignes gouvernementales, le Siboire a choisi de fermer ses trois bars, en ne gardant que le dépanneur de la rue du Dépôt ouvert.

COVID-19: une «catastrophe» pour le Siboire

« C’est la catastrophe », soulignent les propriétaires du Siboire qui ont décidé en soirée mardi de fermer leurs trois succursales.

« On nous parle de deux semaines d’isolement. Mais on sait que ça peut être plus long. Et quand les gens reviendront, ils le feront possiblement de façon progressive. Pour nous, être fermé représente au-delà de 100 000 $ de perte par mois. L’impact va être désastreux sur notre fonds de roulement. On vient d’investir des millions dans notre entreprise », résument Jonathan Gaudreault et Pierre-Olivier Boily.

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« On vient de terminer les deux mois les plus tranquilles de l’année et on attendait le printemps avec impatience. Nos taxes, nos paiements à la banque, notre loyer. On a beaucoup de frais fixes et si certains seront flexibles, d’autres le seront moins », note M. Boily.

Comme le gouvernement n’a pas recommandé de fermer les restaurants dans ses directives, mais plutôt de limiter la capacité à 50 pour cent de la capacité totale afin d’assurer une certaine distance entre les clients, le Siboire avait d’abord décidé de maintenir ses activités.

À l’écoute

« Puis, on a écouté nos employés et constaté certaines de leurs préoccupations. Un serveur, à Montréal, s’inquiétait, car il avait servi trois Français et deux Américains et il n’avait aucun contrôle ou données sur leur état de santé et leur situation. Avaient-ils voyagé? », souligne M. Boily.

« Un autre de nos employés en cuisine ici, à Sherbrooke, était préoccupé, car son enfant était seul devant son écran à la maison pendant que lui devait travailler », ajoute M. Gaudreault.

« Maintenir les restaurants ouverts pour peut-être 30 pour cent du chiffre d’affaires habituel dans ces circonstances n’était pas socialement responsable », ajoute-t-il.

« Tout le monde va sortir perdant économiquement de cette situation », résume M. Boily.

Seul le dépanneur de la rue Dépôt demeure ouvert. « On prendra les mesures pour tenir compte du virus. Les gens vont continuer de boire de la bière. On espère qu’ils boivent la nôtre. Ça pourrait faire une différence entre notre mort ou notre survie » conclut, inquiet, M. Gaudreault.

Devant les consignes gouvernementales, le Siboire a choisi de fermer ses trois bars, en ne gardant que le dépanneur de la rue du Dépôt ouvert, explique  Pierre-Olivier Boily, copropriétaire de l'endroit.

Travailleurs autonomes sans revenus ni compensation

« Le spa est fermé pour une période indéterminée. Alors pas de boulot et comme nous sommes travailleurs autonomes pas de salaires non plus. En attendant de savoir si nous serons indemnisés je me cherche du travail. N’importe quoi, vraiment. De gardienne à peintre », écrivait, sur les réseaux sociaux, la massothérapeute Marlène Gingras.

Comme plusieurs travailleurs autonomes (coiffeuses, esthéticienne, physiothérapeutes) qui travaillent en proximité avec sa clientèle, Mme Gingras est devant le vide. Elle n’a pas droit à l’assurance-emploi, n’a pas voyagé et n’a pas été en contact, à sa connaissance, avec une personne infectée, mais elle n’a aucune façon d’en avoir la certitude.

De plus, étant donné qu’il est suggéré de garder un minimum d’un mètre de distance entre les gens, difficile de pratiquer son métier de massothérapeute.

« J’ai massé des gens jusqu’à dimanche. Mais je n’ai pas fait d’enquête sur la santé et les déplacements de mes clients », explique la massothérapeute qui a pour seul client un spa de la région.

En date du 16 mars 2020, le Réseau des massothérapeutes professionnels du Québec recommandait à ses membres de déplacer tous les rendez-vous qui pouvaient être remis après le 30 mars. De plus, le Réseau recommandait de déplacer les rendez-vous des personnes âgées de 70 ans et plus.

Pas de consigne obligatoire alors chaque massothérapeute doit juger s’il est responsable de continuer sa pratique.

« En même temps, aujourd’hui, puisque je n’ai aucune certitude de ne pas avoir été infectée par un de mes clients et qu’on peut la être asymptomatique pendant 14 jours, je ne me sens vraiment pas à l’aise de faire des massages compte tenu des circonstances », confie la travailleuse autonome.

« Les mesures sont imposées par le gouvernement. Alors je ne peux pas croire qu’on n’aura pas d’aide », conclut avec espoir Mme Gingras.