La société sherbrookoise DIEX Recherche est impliquée dans une étude clinique canadienne de prévention contre la COVID-19 utilisant un produit sans absorption, appliqué par le nez et la gorge. Elle tente de recruter des travailleurs de la santé qui sont en lien étroit avec des gens atteints de la maladie.
La société sherbrookoise DIEX Recherche est impliquée dans une étude clinique canadienne de prévention contre la COVID-19 utilisant un produit sans absorption, appliqué par le nez et la gorge. Elle tente de recruter des travailleurs de la santé qui sont en lien étroit avec des gens atteints de la maladie.

COVID-19 : DIEX participe à une étude pancanadienne

La société DIEX Recherche figure parmi les partenaires de la première étude clinique canadienne de prévention contre la COVID-19 utilisant un produit sans absorption systémique.

L’entreprise sherbrookoise s’associe à Keyrus Life Science et à SaNOtize pour lancer la recherche donc l’objectif est de protéger des travailleurs en contact étroit avec des patients infectés de la COVID-19.

Le projet consiste à utiliser une solution d’oxyde nitrique (NO) déjà évalué par SaNOtize. Il s’agit d’une nanomolécule naturelle qui pourrait être utilisée comme agent antimicrobien pour traiter une grande variété de maladies bactériennes, virales ainsi que fongiques, y compris la fameuse COVID-19.

L’entreprise a obtenu des brevets américains et européens pour le Nitrique Oxide Releasing Solution (NORS). La solution est prête à l’emploi, peu coûteuse et délivrée par une solution de gargarisme, des vaporisateurs nasaux et des lavages nasaux, souligne-t-on dans un communiqué de presse. 

Chez DIEX, on se charge du recrutement des travailleurs. « On pense notamment aux personnes qui œuvrent dans le domaine de la santé, car plusieurs sont proches des patients infectés », explique la présidente Suzie Talbot. 

« Nous avons réussi à attirer cette partie de l’étude. Nous sommes bien contents. Le concept prévoit que les gens se rincent le nez et se gargarisent la gorge. On ne donne pas le temps à la maladie d’infecter le reste du corps de la personne. Nous savons que cette méthode est efficace pour d’autres types d’infections. » 

La formulation brevetée présente une forte activité virucide in vitro, en particulier contre le SRAS-CoV-2, et a démontré un excellent profil de sécurité dans d’autres essais sur les humains, indique le Dr Gilly Regev, de la firme SaNOtize.

« Des recherches récemment publiées dans Nature suggèrent que les médicaments et vaccins administrés par voie intranasale pourraient être très efficaces pour limiter la propagation du SRAS-CoV-2. Notre traitement ressemble beaucoup à un désinfectant pour les mains, mais appliqué dans les voies nasales. Nous sommes ravis de travailler avec nos partenaires du Québec et de pouvoir aider les personnes à risque. »

Efficacité contre les sinusites chroniques

L’application répétée de NORS s’est démontrée sécuritaire et potentiellement efficace chez les patients souffrant de sinusite chronique, ajoute-t-on. D’autres essais ont démontré son efficacité in vitro contre les virus, notamment l’influenza A, hCoV-OC43 et H1N1. 

Ces données suggèrent que l’application du NORS pourrait avoir des effets marquants pour faire face à la pandémie de COVID-19. Les trois entreprises croient qu’en réduisant le risque d’infection avec une utilisation quotidienne de NORS, on pourrait contribuer à faciliter la reprise progressive de l’activité sociale et économique en attendant qu’un vaccin soit mis au point. Cette étude clinique donne la priorité à la protection des travailleurs de la santé comme stratégie pour prévenir l’effondrement des services de santé, plaide-t-on.

Au cours des prochains jours, 300 personnes en contact avec des patients atteints de la COVID-19 seront recrutées au Québec ainsi qu’à Vancouver pour participer « à cette étude clinique qui pourrait révolutionner la protection du personnel côtoyant les patients atteints du COVID-19 ».

Le Groupe Diex Recherche est aussi implanté à Québec, Victoriaville et dans la « zone chaude » de Joliette. On veut recruter au Québec de 100 à 200 personnes, ajoute Mme Talbot.

« Nous avons innové avec des unités mobiles pour nous déplacer vers les travailleurs qui côtoient des personnes infectées », dit-elle.

« En tout, trois semaines et le traitement est terminé. Nous pensons que nous aurons les résultats à la fin de l’été ou avant si le recrutement va bien. »

Pour sa part, Keyrus Life Science (anciennement MedQualis), une entreprise de recherche contractuelle située à Montréal, relie l’expertise de l’industrie, les sciences des données de la vie et l’activation numérique pour tirer parti de la recherche clinique et des données réelles dans les soins de santé. 

En raison de la pandémie, Keyrus Life Science a dû mettre sur pause plusieurs essais cliniques en court allégeant les professionnels de la santé, mais en contrepartie a pu être active dans plusieurs essais cliniques ayant comme cible la COVID-19.

SaNOtize est une entreprise de biotechnologie basée à Vancouver, en Colombie-Britannique, qui s’emploie à commercialiser les propriétés antimicrobiennes à multiples facettes d’un liquide produisant de l’oxyde nitrique. L’entreprise a développé et breveté une technologie de plateforme de solution de libération d’oxyde nitrique (NORS) pour traiter et prévenir les infections microbiennes.