Marc-Antoine Veilleux, directeur recherche et développement, et Nicolas Pelletier, vice-président recherche et développement, annoncent des investissements de 1,5 M$ en deux ans à Sherbrooke.

Coveo investira 1,5 M$ à Sherbrooke

PRIMEUR / Coveo, une entreprise de Québec ayant des bureaux à Montréal, Londres, San Francisco et New York, s’installe à Sherbrooke. Œuvrant dans le domaine de l’intelligence artificielle, Coveo se propose d’embaucher cinq employés dans les prochaines semaines et espère investir 1,5 M$ d’ici deux ans.

Ce premier bureau hors des grands centres se trouve sur la Roy, à proximité de l’Université de Sherbrooke, où la compagnie souhaite recruter. D’abord locataire, elle deviendra ensuite propriétaire de ses propres locaux au fur et à mesure qu’elle prendra de l’expansion. « Nous avons commencé exactement comme ça à Montréal et nous avons maintenant 90 employés là-bas », commente Marc-Antoine Veilleux, directeur recherche et développement pour Coveo.

Concrètement, l’entreprise fait de la personnalisation d’expériences numériques. À l’aide d’un algorithme, elle parvient à prédire les comportements ou les désirs des internautes, un peu à la manière des sites commerciaux qui suggèrent des articles qui pourraient intéresser les utilisateurs. BRP et GoPro font entre autres partie de ses clients.

« Si un internaute n’est pas capable d’exprimer de façon claire un problème avec un produit, par exemple pour le soutien technique, nous sommes capables de trouver son intention », précise Nicolas Pelletier, vice-président recherche et développement.

« Nous connaissons le potentiel de Sherbrooke. Ce n’est pas tout le monde qui veut travailler dans un grand centre. Le fait d’avoir plusieurs offres intéressantes en technologie de l’information attirera les gens. Nous voulons mettre en place un environnement propice à une scène palpitante », dit M. Veilleux.

Son collègue, Nicolas Pelletier, ajoute que la présence de l’Université de Sherbrooke permettra certainement de trouver des stagiaires et éventuellement de participer à des projets de recherche. « À court terme, nous pensons avoir une belle offre. Plus nous créons d’offres, plus les gens s’intéresseront au domaine et auront envie d’étudier pour y travailler. »

Et il n’y aura pas une échelle salariale propre à Sherbrooke. Autrement dit, un employé sherbrookois recevra les mêmes avantages que s’il travaillait à Montréal ou à Québec. « Nous cherchons des gens talentueux pour que nous demeurions des leaders. Il faut donc être compétitifs et nous sommes assez agressifs du point de vue des salaires », précise M. Pelletier.

« Nous ne venons pas à Sherbrooke pour du cheap labor », ajoute Marc-Antoine Veilleux.

Les emplois disponibles sont ceux de développeur de logiciel, d’administrateur de système Cloud et d’analyste technique en sécurité, notamment.

Pour le moment, Coveo compte 500 employés et espère en ajouter 200 au cours de la prochaine année.

Marc-Henri Faure, directeur du service aux entreprises de la filière-clé Technologies de l’information chez Sherbrooke Innopole, se réjouit de l’arrivée d’un nouveau joueur à Sherbrooke. Interrogé sur une compétition possible avec un joueur comme SherWeb, il prévient qu'une comparaison serait boiteuse puisque les deux entreprises offrent des services différents. 

« Environ les deux tiers des finissants en technologie de l’information à Sherbrooke disent qu’ils pourraient être intéressés à rester ici s’ils trouvaient un emploi leur offrant des défis à leur hauteur. Il faut donc multiplier les points de contact entre les entreprises des TI et les finissants. Il faut aussi casser cette idée selon laquelle les défis intéressants se trouvent à Montréal, New York ou Londres. »

N’y a-t-il pas une pénurie d’employés dans ce domaine bien particulier ? « Oui, mais la pénurie est mondiale. L’avantage de Sherbrooke, c’est qu’une fois que les gens sont ici, ils ne veulent pas partir. L’ouverture d’un bureau de Coveo à Sherbrooke envoie un signal très positif quant au dynamisme de l’industrie des technologies de l’information et notamment du secteur de l’intelligence artificielle. Les TI à Sherbrooke ont d’ailleurs fait un gain net de 17 entreprises ces deux dernières années. »

Cette donnée est pourtant passée sous le radar. « La technologie, les gens l’utilisent, mais ne la voient pas. Vous ne saurez pas qu’il y a les algorithmes de Coveo sur le site de GoPro. Donc, les gens ne s’imaginent pas qu’il y a beaucoup d’entreprises de haute technologie à Sherbrooke. »