Le maire de North Hatley, Michael Page, admet qu’il s’attend désormais à ce que de nouvelles normes s’appliquent bientôt aux secteurs inondables.

Construction en zone inondable: le maire de North Hatley doute de plus en plus

Le débat concernant la construction en zone inondable suscite des craintes à North Hatley. Le maire du village lui-même, Michael Page, admet qu’il s’attend désormais à ce que de nouvelles normes s’appliquent bientôt aux secteurs inondables.

« Dans les zones inondables 0 - 20 ans, je crois qu’on ne pourra plus faire beaucoup de choses. Ça voudrait donc dire qu’il faudrait apporter des changements assez importants au projet qui avait été présenté pour qu’il se concrétise au centre de notre village », confie M. Page.

Rappelons que le promoteur Richard Laliberté a proposé, il y a quelques années, de construire environ 200 unités d’habitation sur des terrains pris en sandwich entre le chemin de Capelton et la rivière Massawippi. Le conseil municipal de North Hatley avait accueilli avec satisfaction ce projet, qui impliquait des terrains pouvant être inondés, et avait dès lors entrepris des démarches en vue de permettre sa concrétisation.

Récemment, Michael Page a rencontré le député d’Orford, Gilles Bélanger, et les deux hommes ont discuté du développement du coeur du village de North Hatley. M. Bélanger avait au préalable publiquement suggéré de fusionner cette municipalité avec le Canton de Hatley afin de diminuer son appétit pour un projet immobilier majeur en zone inondable.

« J’ai finalement compris, pendant notre rencontre, qu’il n’était pas contre de nouvelles constructions à cet endroit. Malheureusement, il a affirmé le contraire à d’autres par la suite », soutient M. Page, en cachant mal son incompréhension.

Informé des propos du maire du village, Gilles Bélanger assure qu’il ne s’oppose pas totalement à la réalisation d’un projet immobilier au centre de North Hatley. Mais il précise que celui-ci devrait voir le jour sur des espaces où l’eau ne risque pas de s’accumuler un jour.

Décevant

Le maire de North Hatley affirme par ailleurs qu’il saisit bien les enjeux nationaux autour des inondations. Mais se demande pourquoi sa municipalité est sur la sellette. « Il y a des coûts importants liés à ce phénomène ailleurs au Québec. Ici par contre, on n’a pas eu d’inondation avec réclamation financière pour dommages matériels dans les dernières années. C’est différent dans un sens. »

Il poursuit en affirmant que l’encadrement proposé, pour le projet au centre du village, avait été étudié par les fonctionnaires à Québec et semblait leur convenir il y a 20 mois. « C’est décevant de voir que la situation a changé. On se demande ce qui s’est passé », dit-il.

Gilles Bélanger souligne que la décision finale ne lui appartiendra pas dans ce dossier. Il considère néanmoins qu’une plus grande cohésion serait souhaitable, dans le monde municipal, pour éviter que des municipalités soient forcées de consentir à des projets dans des secteurs pouvant être inondés.

« Il y a des municipalités qui se retrouvent dans des situations difficiles pour différentes considérations. Et ça les amène parfois à envisager des projets qui n’ont pas trop de sens. Je crois en conséquence que les MRC devraient jouer un rôle plus grand en aménagement du territoire pour ramener un meilleur équilibre quand c’est nécessaire », explique M. Bélanger.