Dans ses tweets, Donald Trump a rappelé qu’il préparait une rencontre avec son homologue chinois Xi Jinping pour régler les questions les plus épineuses.

Commerce: Trump prolonge la trêve avec Pékin

WASHINGTON — Les États-Unis vont reporter une hausse des droits de douane sur plus de 200 milliards de dollars d’exportations chinoises après des «progrès significatifs» dans les négociations commerciales, a annoncé dimanche le président Donald Trump.

Les États-Unis vont reporter une hausse des droits de douane sur plus de 200 milliards de dollars d’exportations chinoises après des «progrès significatifs» dans les négociations commerciales, a annoncé dimanche le président américain sur Twitter.

«Je suis heureux d’annoncer que les États-Unis ont fait des progrès significatifs sur des problèmes structurels importants comme la protection de la propriété intellectuelle, les transferts de technologies, l’agriculture, les services, les changes et de nombreux autres sujets», a-t-il écrit sur son compte Twitter. «En conséquence (...) je reporterai la hausse des droits de douane maintenant prévue pour le 1er mars».

«Je suis heureux d’annoncer que les États-Unis ont fait des progrès significatifs sur des problèmes structurels importants comme la protection de la propriété intellectuelle, les transferts de technologies, l’agriculture, les services, les changes et de nombreux autres sujets», a-t-il écrit sur son compte Twitter. «En conséquence (...) je reporterai la hausse des droits de douane maintenant prévue pour le 1er mars».

Peu après, Pékin a réagi dans des termes identiques, l’agence officielle Chine nouvelle faisant également état de «progrès significatifs» et énumérant les mêmes domaines dans lesquels ces progrès ont été enregistrés.

M. Trump n’a pas dit qu’elle sera la durée de ce nouveau délai de grâce.

Il a indiqué une nouvelle fois qu’il rencontrera son homologue chinois Xi Jinping pour conclure un accord «si les deux parties font des progrès supplémentaires».

Les deux hommes devraient se retrouver sur les terres du président en Floride, dans sa résidence privée de Mar-a-Lago, adjacente à un des terrains de golf les plus prestigieux de l’empire Trump.

Pour l’heure, la partie chinoise n’a pas indiqué si elle acceptait cette invitation.

Les États-Unis devaient imposer 25% de tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d’importations de produits chinois, déjà taxés à 10% à minuit et une minute le 2 mars.

Toutefois le président américain avait laissé entendre depuis plusieurs jours qu’il était ouvert à une prolongation de la trêve conclue fin novembre avec le président chinois à Buenos Aires en marge du G20 si un véritable accord se dessinait avec Pékin pour mettre fin à une guerre commerciale déclenchée par le locataire de la Maison-Blanche pour forcer Pékin à négocier.

Négociations sans interruption 

Les négociateurs chinois et américains s’étaient retrouvés mardi dans la capitale américaine pour le quatrième tour de négociations depuis le début de l’année. Les négociateurs américains étaient à Pékin la semaine précédente.

Les pourparlers à Washington --y compris au niveau ministériel jeudi et vendredi-- avaient été prolongés de deux jours jusqu’à dimanche.

Vendredi, après une rencontre avec Liu He le vice-premier ministre chinois négociateur en chef de Pékin, M. Trump avait déjà fait montre d’optimisme sur une issue positive aux négociations.

Liu He avait remis à Donald Trump une lettre dans laquelle le président chinois adoptait aussi un ton positif.

Xi Jinping disait espérer que les discussions se poursuivraient dans une atmosphère de «respect mutuel, de coopération» et dans un esprit «gagnant-gagnant» pour aboutir à un accord «mutuellement bénéfique».

Peu de détails 

Peu de détails concrets ont filtré des négociations et c’est le président lui-même qui semble en assurer la médiatisation.

Ni les services du Représentant américain au commerce, Robert Lighthizer qui dirige les négociations, ni le Trésor n’ont communiqué durant le week-end.

M. Trump avait affirmé vendredi qu’un accord sur la monnaie avait été trouvé --les Américains se plaignent depuis longtemps que la monnaie chinoise est sous-évaluée-- et Robert Lighthizer avait évoqué «d’importants progrès» réalisés sur l’épineuse question des transferts forcés de technologie pour les entreprises américaines travaillant en Chine. Le ministre américain de l’Agriculture avait aussi évoqué l’engagement des Chinois à acheter 10 millions de tonnes de soja.

Outre le transfert de technologie, les États-Unis reprochent à la Chine d’autres pratiques commerciales «déloyales» et réclament des réformes structurelles pour y mettre fin.

M. Trump veut aussi une réduction drastique de l’énorme déficit commercial de plus de 330 milliards de dollars avec la Chine.

Washington réclame de surcroît le respect des droits de propriété intellectuelle, la fin du piratage informatique et la levée de barrières non tarifaires, par exemple les subventions publiques.

L’optimisme affiché par le président devrait aider à soutenir les marchés boursiers dans le monde entier. Les investisseurs inquiets des conséquences pour la croissance de cet affrontement ont vendu ou acheté au gré des informations positives ou pessimistes qui ont filtré ces derniers mois.

La banque centrale américaine comme le Fonds monétaire international (FMI) ont régulièrement mis en garde sur les conséquences délétères qu’une guerre commerciale prolongée pourrait avoir pour la croissance mondiale.