Michel Doucet, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Desjardins, gestion de patrimoine

Comment investir en 2020 : « Il faut laisser ses émotions à la porte »

L’année 2019 aura été une année exceptionnelle pour les investisseurs. Y compris les petits épargnants qui ont profité, eux aussi, des rendements boursiers exceptionnels. Les rendements ont été à ce point extraordinaires que certains se posent maintenant plusieurs questions. De tels rendements se répéteront-ils en 2020? Devrais-je investir de façon plus conservatrice cette année? Sommes-nous à la veille d’une correction boursière, voire d’une récession?

De façon générale, tous les analystes s’entendent pour dire que l’économie mondiale continuera de croître en 2020. La baisse des tensions commerciales Chine–États-Unis et la reprise anticipée du secteur automobile vont stimuler cette croissance, selon Michel Doucet, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Desjardins, gestion de patrimoine.

Selon lui, lorsqu’on examine les principaux indicateurs économiques, il est trop tôt pour investir de façon défensive. L’économie va continuer de croître, malgré le fait que l’actuel cycle de croissance économique dure depuis maintenant plus d’une décennie... 

« Vous savez, les cycles économiques ne meurent jamais de vieillesse. Ce sont les banques centrales qui les étouffent », rappelle Michel Doucet en paraphrasant l’ancienne présidente de la Réserve fédérale américaine Janet Yellen. 

Mais qu’en est-il des petits investisseurs? Ceux pour qui une éventuelle correction boursière pourrait avoir un impact sur leur vie quotidienne?

« La première question qu’un investisseur doit se poser, c’est qui suis-je? Quelle est ma tolérance aux risques? Et finalement, est-ce que j’ai un plan d’investissements qui correspond à mon profil? »

Tout bon plan d’investissement doit par conséquent comporter des balises. « Si mon portefeuille contient 50 % d’actions et que j’anticipe une correction du marché, à quel pourcentage à la baisse vais-je m’ajuster? À l’inverse, si je prévois une hausse, jusqu’à quelle hauteur vais-je en acheter? Autre point à considérer : ma répartition d’actifs est-elle bien diversifiée? »

L’important est de bien comprendre ce que l’on fait avec notre argent. « Le pire ennemi d’un investisseur, qu’il soit gros ou petit, ce sont ses émotions. En matière de finances, on ne doit jamais laisser nos émotions guider nos décisions. Il faut les laisser à la porte. C’est le rationnel qui doit mener. »

Endettement

Bien que des données encourageantes montrent que les ménages épargnent davantage, leur taux d’endettement demeure à un haut historique. Mais il s’agit d’un taux « gérable », estime le gestionnaire si l’on tient compte d’un taux de chômage au plus bas et d’une remontée des salaires. « Certes, les ménages demeurent vulnérables à une récession et à une hausse des coûts de financement, mais la Fed et la Banque du Canada resteront aux aguets », advenant une surchauffe.