Jimmy Beaudoin et Ève Grenier ont démarré la Cidrerie Compton il y a trois ans. Leur projet s’est concrétisé plus que jamais en mai dernier, quand ils ont mis en vente leurs premières bouteilles. On les retrouve ici avec leur fille Olivia.
Jimmy Beaudoin et Ève Grenier ont démarré la Cidrerie Compton il y a trois ans. Leur projet s’est concrétisé plus que jamais en mai dernier, quand ils ont mis en vente leurs premières bouteilles. On les retrouve ici avec leur fille Olivia.

Cidrerie Compton : quand la vie vous donne des pommes

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Même s’ils ont tous deux grandi sur des fermes, l’appel de la terre ne s’était pas concrétisé tout de suite pour Jimmy Beaudoin et Ève Grenier. Finalement, c’est en imaginant un projet qui leur ressemblait que la voie s’est tracée, et qu’ils incarnent maintenant la troisième génération de la ferme Beaudoin en tant que producteurs... de cidre!

C’est en revenant d’un séjour dans l’Ouest canadien, il y a trois ans et demi, que l’ancien ingénieur chez BRP et la diplômée en administration se sont mis à dessiner leur rêve. La mère de M. Beaudoin, Pauline Samson, avait déjà fait d’une partie de la terre de la ferme laitière familiale un imposant verger nommé les Délices de Compton, où poussent une bonne dizaine de variétés de fruits biologiques depuis 2007. 

« Les deux, on rêvait de démarrer quelque chose. Puis on est tombés en amour avec les cidreries là-bas. On a organisé une dégustation avec Pauline et Daniel [le père de Jimmy] et ils ont dit oui tout de suite. Pauline est devenue actionnaire avec nous deux », raconte Mme Grenier. 

Le couple a démarré sa Cidrerie sur le terrain de ferme laitière familiale, la ferme Beaudoin, qui abritait déjà le verger biologique les Délices de Compton depuis 2007. En plus d’avoir accès à une dizaine de variétés de fruits, ils ont planté près de 2500 pommiers à cidre supplémentaires.

Est donc née la Cidrerie Compton. Depuis, le trio a planté près de 2500 pommiers supplémentaires sur les lieux, et a pris des ententes de locations avec trois autres vergers de la région qui étaient laissés à l’abandon pour satisfaire ses besoins de production. 

« On a planté beaucoup de variétés de pommes à cidre qui ne se retrouvent pas beaucoup au Québec. C’est certain qu’on va apporter quelque chose de nouveau », poursuit Mme Grenier. 

M. Beaudoin et Mme Grenier sont également allés suivre des formations spécifiquement dédiées à ce type de production à l’Université de Brock, en Ontario. Ils profitent également des conseils d’un œnologue, Michel Gauthier. 

« On vise le style anglais, qui se fait avec de la pomme plus tannique, précise M. Beaudoin. On utilise la barrique de bois pour donner plus de tanin et de corps. » 

Presque tous leurs cidres, qui sont biologiques, sont vieillis environ six mois en barrique de chêne, soit de vin blanc, de vin rouge ou de bourbon. Un autre de leurs dadas : l’aromatisation. Jusqu’à maintenant, la Cidrerie Compton signe des cidres à l’amélanche, à la camerise et même au houblon. Un petit nouveau, à la cerise, devrait également garnir les tablettes d’ici quelques semaines. 

« On a aussi des kiwis rustiques, on aimerait faire des tests avec ça. On a aussi des raisins, des poires, des bleuets... », nomme Mme Grenier, la tête pleine d’idées.  

« Beau problème »

Les affaires vont remarquablement bien depuis la mise en vente des premières bouteilles de la Cidrerie Compton, en mai de cette année. Alors que l’entreprise s’est à peine affichée, les gens font la file à son kiosque, et leurs quelques détaillants, qui se trouvent à Sherbrooke ou Montréal, en redemandent rapidement, témoigne le couple. 

« C’est un beau problème. Il y a une belle demande pour le cidre et pour le local en ce moment », dit M. Beaudoin, qui souligne devoir augmenter la cadence.    

Même si le gel printanier a frappé difficilement et a influencé les récoltes, le couple, qui vise une production de 7500 litres cette année, reste confiant et pense déjà à un projet d’agrandissement des locaux à long terme. Ils visent également à pouvoir offrir davantage de points de vente en Estrie d’ici les prochains mois, en plus d’ouvrir bientôt une petite terrasse sur place.

Les bouteilles de la Cidrerie s’écoulent un peu trop rapidement. Un « beau problème », admet le couple.