La CCS a reçu de la grande visite, mercredi, à l’Hotel Delta. Charles Sirois, pionnier du secteur des communications, a souligné l’importance du mentorat dans le parcours des entrepreneurs.

Charles Sirois parle mentorat à la CCS

L’homme d’affaires Charles Sirois était de passage à Sherbrooke, mercredi, pour parler de l’importance du mentorat en entrepreneuriat. Organisé par la Chambre de commerce de Sherbrooke, le dîner-conférence a attiré une centaine de participants.

« Le concept du mentorat est simple, c’est le partage de l’expérience. Et l’expérience peut s’acquérir seulement de deux manières. Avec le temps ou avec le partage du savoir. Le plus grand avantage du mentorat est d’éviter aux plus jeunes de faire des erreurs mortelles », a souligné le fondateur et président du conseil de Telesystem, ajoutant qu’il est démontré que le mentorat réduit de 50 pour cent le taux d’échec des entreprises au cours de leurs cinq premières années d’existence.

Celui qui a fait son baccalauréat en finances à l’Université de Sherbrooke avant de devenir un pionnier du secteur des communications canadiennes a profité de son allocution pour parler de son parcours d’entrepreneur. À sa sortie de l’université, il rêvait de transiger sur le marché boursier new-yorkais, mais la vie l’a ramené à Chicoutimi, sa ville natale, où il a acheté sa première entreprise de son père, un homme d’affaires régional, son premier mentor.

« C’était une entreprise de bipeurs, l’ancêtre des pagettes. À l’époque, on appelait d’un lieu à un autre lieu. Je pressentais que l’avenir serait d’appeler d’une personne à une autre personne », note M. Sirois qui, en début de carrière, maitrisait le volet financier, mais en avait à apprendre sur le volet relationnel.

« Il me manquait beaucoup d’aptitudes pour avoir la bonne attitude », résume-t-il.

« Aujourd’hui, les jeunes ont accès à des outils de travail qui permettent à n’importe qui d’être un bon technicien. Ils n’ont qu’à demander à Google. Alors pour faire des affaires en 2018, ça prend de moins en moins de technique et de plus en plus de savoir-être. Et ce savoir-être s’apprend encore une fois avec le temps ou le partage », enchaîne celui qui est aussi président de la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.

Au cours de sa carrière, M. Sirois a eu différents mentors. Après son père, Brian Mulroney et Bernard Lamarre l’ont notamment écouté et conseillé.

« Entre 1980 et 1985, j’ai acheté 22 entreprises et je me suis retrouvé avec 4000 employés de Vancouver à Chicoutimi. J’avais besoin qu’on me dise qu’une entreprise, ce n’est pas juste des chiffres, mais aussi des personnes. Qu’on me dise que je devais développer mon leadership pour les inspirer à se dépasser. J’ai eu la chance d’avoir accès à des mentors. Et le type de mentor dont j’avais besoin a changé selon la réalité de l’entreprise au fil du temps », a raconté M. Sirois.

« Il y a de grandes chances que le mentor ait fait toutes les erreurs que le jeune entrepreneur est susceptible de faire. Et quand on est petit, l’écart est mince entre une erreur mortelle et une erreur vénielle, car une erreur de 50 000 $ peut être fatale pour une PME alors qu’elle est moins importante pour une grande entreprise », ajoute celui qui croit que le mentorat est nécessaire pour créer une économie de propriétaires.