L’aventure qui a pris naissance le 14 avril 1986 se conclura à la mi-décembre, lorsque l’inventaire de Lachance Chasse et Pêche sera écoulé.

C’est la fin pour Lachance Chasse et Pêche

Après 33 ans de services, l’heure de la retraite a sonné pour Jean-Guy Lachance. Il mettra la clé sous la porte de l’iconique commerce Lachance Chasse et Pêche, connu de tous les Sherbrookois.

L’aventure qui a pris naissance le 14 avril 1986 se conclura à la mi-décembre, lorsque l’inventaire de l’entreprise de la rue King Est sera écoulé. « Ça fait quatre ou cinq mois qu’on pense à fermer le magasin, avoue Jean-Guy Lachance. J’aurais peut-être eu des possibilités de vendre, mais en fin de compte, c’est tombé à l’eau. J’ai décidé de mettre la clé dans la porte. On va faire une vente de liquidation. Je ne dis pas s’il y avait eu de la relève... »

Les réactions ont été nombreuses sur la page Facebook du commerce lorsque l’annonce est sortie dimanche. « Ce sont toutes des réactions positives. Mes clients sont derrière moi. Mon beau-fils a mis ça sur Facebook et ç’a fait boule de neige. J’ai toujours priorisé mes clients. Ce sont comme mes chums. Ils viennent au magasin, car ils aimaient ça. Ils auraient pu aller ailleurs », salue l’homme de 66 ans avec émotion.

L’entrepreneur avoue que le commerce de détail est de plus en plus difficile. « Surtout avec Internet qui nous rentre dans le corps, décrit M. Lachance. C’est là qu’on a pris la décision. [...] C’est un tue-monde pour tous les commerces, ce n’est pas compliqué. Il y a moins de sentiment d’appartenance. Aujourd’hui, les gens regardent leurs cennes. S’ils peuvent sauver 2 $ sur quelque chose, ils vont l’acheter là. Ils n’achètent pas le service en arrière cependant, c’est ce qui est le pire. »

L’ouverture du magasin Sail la semaine dernière à Sherbrooke n’a pas influencé la décision de M. Lachance. « Sail s’implante dans toutes les villes du Québec de 100 000 et plus de population. Sail n’est pas un magasin spécialisé comme nous. Nous, c’est de la chasse et de la pêche seulement. Eux, c’est de la grande superficie. Ce n’est pas tout à fait pareil », précise Jean-Guy Lachance.

Jean-Guy Lachance

Retraite

Jean-Guy Lachance profitera d’une belle retraite, lui qui est encore en santé. « Je veux m’amuser, premièrement avec ma femme. Quand tu as un commerce, tu ne penses qu’à travailler, travailler et travailler. Tu négliges un peu ta famille. C’est ce bout de ma vie dont je veux m’occuper de plus en plus. Je pouvais travailler entre 60 et 70 h par semaine. Je partais de la maison parfois à 6 h et je pouvais revenir à 17-18 h. Cet automne, j’ai dit que j’étais écœuré. On va passer à autre chose », assure l’homme d’affaires, qui mettra sa bâtisse située sur la rue King Est à louer. 

« Je vais peut-être m’ennuyer de ce rythme au début, continue-t-il. C’est ancré en moi. Mais quand on va faire des choses qu’on aime, on va peut-être dire “ câline, on est contents ! ” »