SpaceX a annoncé jeudi l’envoi d’un passager unique autour de la Lune à bord de sa prochaine mégafusée, la Big Falcon Rocket, en développement (photo plus bas). Ce serait la première fois depuis 1972 qu’un humain se rend en orbite lunaire. Le projet devrait mettre des années à se concrétiser. Entre-temps, la société dirigée par Elon Musk s’emploie à placer en orbite des satellites comme le Telstar 18 Vantage, lancé de Cap Canaveral le 
10 septembre 
(photo ci-contre).

Ces sociétés qui ont la tête dans l’espace

WASHINGTON — SpaceX est l’une des quelques entreprises spatiales à vouloir envoyer des touristes dans l’espace. Voici les principaux projets en cours, plus ou moins avancés.

Orbite lunaire: SpaceX

La société dirigée par Elon Musk, basée près de Los Angeles, a annoncé jeudi l’envoi d’un passager unique autour de la Lune à bord de sa prochaine mégafusée, la Big Falcon Rocket, encore en développement.

Le projet devrait encore mettre des années à se concrétiser et on ignore le prix du billet. Mais des détails seront dévoilés lundi, à commencer par l’identité du ou de cette première astronaute privée.

C’est la seconde fois que SpaceX annonce l’envoi de touristes spatiaux. Deux devaient voyager cette année, projet qui n’est apparemment plus à l’ordre du jour, la fusée Falcon Heavy qui devait servir à ce voyage n’ayant été testée qu’au début de l’année.

Ce serait la première fois depuis 1972 qu’un humain se rend en orbite lunaire. Seuls 24 astronautes l’ont fait dans l’histoire (12 ont marché sur la Lune, tous Américains).

SpaceX a annoncé jeudi l’envoi d’un passager unique autour de la Lune à bord de sa prochaine mégafusée, la Big Falcon Rocket, en développement.

Virgin Galactic

Virgin Galactic, fondée par le milliardaire britannique Richard Branson, offre un voyage moins lointain : quelques minutes à la frontière de l’espace, vers 80 ou 100 km d’altitude, en apesanteur.

Six passagers monteront dans un vaisseau avec des ailes et équipé d’un moteur de fusée, largué en altitude par un avion porteur.

Quelque 600 personnes ont payé 250 000 dollars pour être sur la liste d’attente.

Les tests se déroulent depuis des années dans le désert californien du Mojave. Les pilotes ne sont pas encore parvenus à atteindre la frontière imaginaire de l’espace, mais espèrent y parvenir dans les prochains mois.

Blue Origin

Blue Origin, fondée par un autre milliardaire, le patron d’Amazon Jeff Bezos, prévoit lui aussi d’envoyer six passagers dans l’espace, pour quelques minutes, mais selon une technologie traditionnelle : une fusée verticale, avec une cabine au sommet.

Les passagers vont être propulsés verticalement, avant de retomber vers la Terre. Ils auront l’impression de flotter quelques minutes en apesanteur, au sommet de la trajectoire.
Durée totale entre le lancement et l’atterrissage : environ 10 minutes.

Comme Virgin, la date du premier vol n’a pas été calée, les tests se poursuivant. On ignore le prix futur du billet.

La Chine

L’Académie chinoise des technologies de lanceurs veut envoyer en 2028 jusqu’à vingt passagers à la fois sur une trajectoire suborbitale, c’est-à-dire que l’appareil ne fera pas le tour de la Terre, comme pour Virgin et Blue Origin.

Le voyage durerait une demi-heure, avec dix minutes dans l’espace... pour environ 200 000 $ par personne.

Hôtel spatial

Une startup américaine, Orion Span, a annoncé cette année son intention de construire un hôtel en orbite terrestre. Mais le projet, d’une complexité extrême, n’a aucune chance de voir le jour avant de nombreuses années.

La Russie

Sept personnes ont déjà payé une place pour voyager à bord de fusées russes, via la société américaine Space Adventures.

Le premier touriste de l’espace fut l’Américain Dennis Tito, qui a pu séjourner à bord de la Station spatiale internationale (ISS) en 2001.

La société spatiale russe Energia serait en train de concevoir un appareil nommé NEM-2, capable d’emmener quatre à six personnes vers l’ISS. Le premier voyage pourrait avoir lieu en 2019, mais, en matière spatiale, les dates ont tendance à déraper. Le prix de la place n’aurait rien à voir avec celui des petits vols suborbitaux, et pourrait atteindre 100 millions de dollars.

Recommandations

Outre les risques intrinsèques à la technologie spatiale (plusieurs fusées ont explosé dans l’histoire), ce type de voyages peut avoir des effets sur la santé des passagers.

Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires pourraient ne pas être autorisées à s’envoler. Il faudra sans doute des entraînements pour habituer les passagers à la forte pression subie durant les phases de décollage et d’atterrissage.

Des astronautes eux-mêmes ont rapporté souffrir d’un mal auquel les touristes ne devraient pas non plus échapper : de fortes nausées, pendant l’ascension vers le ciel.