Catherine Marquis

Catherine Marquis : une leader qui gère avec son cœur

Enfant, elle voulait devenir avocate et changer le monde. « Je me suis toujours mêlée de ce qui ne me regardait pas. Je voulais aider les gens, les défendre et parler pour ceux qui avaient de la difficulté à s’exprimer. Mes professeurs me voyaient avocate, car les inégalités m’ont toujours fait réagir », raconte celle qui a poursuivi son rêve en obtenant son baccalauréat en droit à l’Université de Sherbrooke en 2006.

Parallèlement à ses études, Catherine Marquis travaille dès l’âge de 14 ans dans l’entreprise que ses parents ont fondée en 1993, Acier Orford. « J’ai fait à peu près tous les postes. J’ai été réceptionniste, j’ai coupé de l’acier, j’ai fait la réception des marchandises, j’ai eu mes cartes de ferrailleur, j’ai fait la comptabilité. La seule chose que je n’ai pas touchée, parce que je n’avais pas d’expertise, c’est l’ingénierie », énumère celle qui est devenue directrice générale de l’entreprise immédiatement après l’obtention de son Barreau en 2009.

Elle avait 25 ans, était une femme et, de surcroit, la fille du boss. Trois caractéristiques qui auraient pu lui rendre la vie difficile dans un monde d’hommes. « Même si les employés étaient des hommes, souvent plus vieux que moi, ça s’est bien passé. J’ai eu beaucoup de respect de leur part. Parce que même si j’étais jeune, j’avais beaucoup d’expérience dans l’entreprise, je pouvais faire des liens et amener des éléments pertinents. Quand j’avais des idées, les gars croyaient en elles et en mon potentiel. »

« Il faut dire que je n’ai jamais agi comme la fille du boss. Dans le sens de me la couler douce. Au contraire, quand tu es la fille du boss, tu dois montrer l’exemple en travaillant encore plus fort. C’est ce que j’ai fait », ajoute-t-elle.

À la fin de ses études universitaires, alors qu’elle évalue toutes les possibilités qui ont trait à la pratique du droit, Mme Marquis décide finalement de se consacrer au développement de l’entreprise familiale. « J’ai compris que, inévitablement, j’allais travailler pour quelqu’un d’autre. Et pour moi, ça ne faisait pas de sens de travailler pour des étrangers alors que mes parents avaient besoin d’une relève. »

Leader depuis l’enfance, elle a toujours aimé organiser des événements et entreprendre des projets. Les gens la suivaient tout naturellement.

« Je suis une leader qui gère avec son cœur. Je veux avoir une équipe qui me suit et me soutient parce qu’ils croient en mes projets pas parce qu’ils y sont forcés ou parce qu’une forme de chantage est utilisée. Le bien-être de mes employés est une priorité. »

Des résultats

Mme Marquis a trouvé sa place dans l’entreprise et a su motiver les employés à se dépasser à leur tour. Les résultats sont là pour le prouver. Selon la Commission de la construction du Québec, Acier Orford est le troisième ferrailleur le plus actif du Québec. Entre 2011 et 2013, le chiffre d’affaires de l’entreprise avait triplé. Au cours des cinq dernières années, les revenus ont encore doublé. Alors que l’entreprise comptait 85 employés en 2012, elle en compte aujourd’hui plus de 300 en période de pointe.

Pour améliorer le bien-être de ses employés, Acier Orford a aménagé un centre de la petite enfance dans ses locaux, une première en Estrie. « Dans nos bureaux, nos employés sont très jeunes, la moyenne est en dessous de 30 ans. Le CPE, qui accueillera ses premiers enfants en avril, répond à un besoin. »

Son équipe la décrit comme une personne à l’écoute, passionnée, positive. Une femme intelligente avec une rapidité d’esprit qui lui permet de se retourner sur un dix cents.

« Une chose que mon père m’a apprise, c’est que tout est possible. Il n’y a pas de limites. J’ai peur de rien. Et je veux que ce projet qu’est l’entreprise n’ait pas de limites non plus. Je veux aller jusqu’au bout et sentir que les gens autour de moi se sont aussi dépassés et épanouis. C’est pour ça que je me lève et que je viens travailler le matin », dit celle qui deviendra prochainement actionnaire de l’entreprise.

Un plan de relève a été établi avec ses parents, les fondateurs Manon et René Marquis, et son frère, Ulric, qui termine ses études en ingénierie à l’École de technologie supérieure et qui se joindra éventuellement à l’actionnariat.

Mme Marquis est fière de pouvoir dire que lorsqu’elle a pris la direction de l’entreprise, c’était une PPE, une petite petite entreprise. Aujourd’hui, c’est une PME qui penche surtout vers la moyenne entreprise. « L’objectif est d’en faire une entreprise internationale. Et j’aimerais bien que la prochaine génération prenne un jour la relève », conclut la mère de trois fillettes.

Repères

Née à Sherbrooke le 17 juin 1984;

Conjointe de Patrick Charpentier depuis 2006 et mère de trois fillettes, âgées de 15 mois à 8 ans;

Assermentée au Barreau en 2009;

Directrice générale d’Acier Orford depuis 2009.