Cannabis légalisé : un problème pour les employeurs?

Me Denis L. Blouin du cabinet d’avocats Monty Sylvestre a mis son chapeau de conférencier vendredi, au Golf de Sherbrooke, afin d’informer certains employeurs de la Loi sur la légalisation du cannabis et de ses conséquences en milieux de travail. Le but de sa présentation visait à répondre aux questions quant aux nouvelles difficultés de gestion rencontrées, et des questions, il y en avait beaucoup.

L’évènement était organisé par la Chambre de commerce de Sherbrooke et adoptait la formule d’un colloque de formation, d’une durée de quelques heures. Expert dans les secteurs du droit du travail et de l’emploi, Me Blouin a pu transmettre de multiples informations utiles concernant les lois entourant la légalisation du cannabis.

« D’un point de vue d’employeur, comment on va gérer ça... J’ai présenté les nouvelles dispositions qui pouvaient avoir une nouvelle influence sur la gestion des employés, notamment sur comment assurer la santé et la sécurité. On doit s’assurer que le travail se fait de manière sécuritaire, mais sans brimer les droits des individus quand ils sont chez eux, par exemple. L’employeur doit s’ajuster, en ce qui les concerne et il doit ajuster en fonction de l’ampleur de l’entreprise », explique-t-il.

Beaucoup de questions

La récente entrée en vigueur de cette légalisation a rendu le sujet bien populaire.

« Je dois dire qu’il y a eu beaucoup de questions. J’ai dû commencer par faire le point sur l’état du droit, de la situation. Expliquer ce qui est permis et ce qui est interdit, autant les aspects du droit fédéral, du droit provincial et aussi du droit municipal, ici à Sherbrooke. On a un peu ajouté à leur obligation comme employeur, mais ça va se traiter énormément comme l’alcool se traitait ou comme les autres toxicomanies. Il y a les obligations qui sont imposées aux employeurs de vérifier si une personne dans son milieu de travail a des facultés affaiblies. C’est là qu’on donne des guides d’application pour avoir une position éclairée », ajoute Me Blouin.

L’avocat de profession a aussi abordé les questions de test de dépistage ou d’une fouille sur les employés, la consommation à des fins médicales ou l’obligation de dénonciation entre collègues.

En plus d’en apprendre davantage sur le cannabis en milieux de travail, les participants ont pu en apprendre plus sur l’importance de développer leur marque employeur. Ce sont cinq conseillers et directeurs de Raymond Chabot Grand Thornton qui animaient cette deuxième formation.

« On entend beaucoup parler de la marque employeur, c’est important de se démarquer et ça, ça part de l’image de marque. Il y a des techniques de ressources humaines maintenant, il faut recruter de façon différente, sans oublier les techniques traditionnels », commente Philippe Marceau, directeur au service-conseil ressources humaines.

M. Marceau expliquait qu’il ne suffit plus d’afficher le poste, il faudrait par exemple, expliquer la raison de l’affichage ou insérer un vidéo promotionnel de l’entreprise pour attirer les candidats.    

Louise Bourgault, directrice générale de la Chambre de commerce, les représentants Raymond Chabot Grant Thornton Marc Tétreault, Philippe Marceau, Huguette R. Boulanger, l’avocat du cabinet Monty Sylvestre Denis L. Blouin et Jean-Philippe Lemieux, conseiller aux ressources humaines de Raymond Chabot Grant Thornton.