Julien Sylvestre et David Danovitch (UdeS), Marie-Claude Messier (Prompt), Valérie Oberson (IBM), Dominique Drouin ainsi que Vincent Aimez (UdeS) et Normand Bourbonnais (C2MI)

C2MI: IBM Bromont et l’Université de Sherbrooke renouvellent leur partenariat

Le centre de recherche en microélectronique (C2MI) de Bromont peut compter sur un atout de taille pour rester à l’avant-garde dans son créneau. En effet, l’usine IBM Bromont et l’Université de Sherbrooke, deux partenaires, ont annoncé jeudi qu’elles collaborent à nouveau dans la seconde Chaire de recherche industrielle sur « l’intégration de haute performance ». Les travaux porteront notamment sur l’augmentation de la puissance des composantes et le développement technologique en intelligence artificielle.

La première chaire s’est échelonnée sur cinq ans. Dotée d’un budget de neuf millions $, elle avait comme principaux objectifs de développer de nouveaux procédés de fabrication industrielle « robuste » ainsi que des matériaux permettant d’accroître « la résistance et la fiabilité des composants électroniques ».

La seconde mouture, dont l’échéancier est également prévu sur cinq ans, doit propulser les recherches initiales à un autre niveau. « Dans le deuxième mandat, on veut prendre des puces qui sont différentes et les mettre ensemble dans différents modules pour les intégrer dans plusieurs technologies », a cité en exemple Dominique Drouin, professeur titulaire de la chaire avec Julien Sylvestre.

De son côté, le professeur David Danovitch pilotera un projet de recherche portant sur les « interconnexions à basse température » en microélectronique. Près de 24 étudiants participeront aux travaux qui pourront compter sur un budget avoisinant six millions $.

Les voir « performer » dans ce contexte est un avantage indéniable pour les dirigeants de l’usine IBM de Bromont. « Ça nous donne une très bonne idée des talents en devenir qu’on pourrait embaucher », a indiqué Valérie Oberson, professionnelle technique senior au sein de l’entreprise.

À l’échelle de l’industrie

Abderrahim El Amrani, étudiant au doctorat en génie électrique à l’Université de Sherbrooke, a collaboré aux premiers travaux de recherche. Une expérience « ancrée dans la réalité » du milieu du travail.

« La chaire permet de voir le résultat de tes recherches à l’échelle de l’industrie. On essaie d’innover pour améliorer la fiabilité d’une technologie qui a des retombées bien concrètes rapidement », a-t-il mentionné en entrevue.

Le recours à des équipements de pointe est un « plus indéniable ». Ce qui serait impossible à réaliser dans un contexte purement universitaire, sans la collaboration avec le C2MI et ses partenaires, a indiqué M. El Amrani.

Retombées

Les répercussions de la chaire de recherche seront multiples. Notamment sur les capacités des serveurs derrière plusieurs appareils électroniques, comme les cellulaires.

« On retrouve des machines de calcul ultra puissantes pour assurer le fonctionnement de Facebook et Google, a mentionné en entrevue le professeur Drouin. Les recherches porteront entre autres sur le rehaussement de leur performance. »

Pour sa part, le projet de recherche que chapeautera M. Danovitch a notamment pour but de réduire l’empreinte environnementale dans la fabrication de composantes de haute technologie. À titre d’exemple, l’assemblage de matériaux à basse température permettra entre autres d’utiliser moins d’énergie.

Réduire au maximum les produits chimiques et les lavages qui en découlent est une autre avenue qui sera étudiée, a spécifié le professeur Danovitch. Le développement de procédés de réparation de composantes défectueuses pour éviter de les envoyer aux rebuts est aussi au programme.