José Boisjoli, grand patron de BRP, est fier du chemin parcouru depuis 15 ans, quand l’entreprise est devenue indépendante de Bombardier Inc.

BRP : 15 ans de diversification

SHERBROOKE — Dans quelques jours, Bombardier Produits récréatifs (BRP) de Valcourt célébrera ses 15 ans comme entreprise indépendante de Bombardier inc.

C’est le 18 décembre 2003 que BRP quittait officiellement le giron de l’entreprise ayant vu le jour dans le berceau de la motoneige.

Pour son PDG José Boisjoli, en poste depuis le même nombre d’années, le travail a surtout porté sur la diversification des opérations, autant aux installations valcourtoises qu’ailleurs dans monde.

« En 2003, on comptait 3000 employés à Valcourt. Aujourd’hui, on en compte toujours 3000, dit-il à La Tribune, même si on a délocalisé vers le Mexique la production de modèles de VTT et de motomarines. »

« Il y a 15 ans, nous avions aussi 1000 personnes dans les bureaux et 2000 dans les usines. Maintenant, c’est plus une répartition 50 % et 50 %. Nous avons plus d’ingénieurs. Notre savoir-faire est ancré à Valcourt pour le développement des véhicules et en Autriche pour les moteurs. »

L’année 2003 avait été haute en émotion pour les gens de Bombardier Produits récréatifs et de Valcourt. Une pancarte « À vendre » avait été installée devant les usines valcourtoises par la haute direction de la multinationale Bombardier, ayant alors Paul Tellier à sa tête.

Lors de la nomination surprise de M. Tellier, le 13 décembre 2002, tous s’attendaient à ce qu’il redresse l’entreprise de la même façon qu’il l’a fait pour le Canadien National. Déjà, à la mi-janvier, des analystes évoquaient la vente possible de la division des produits récréatifs, le berceau de Bombardier, pour financer la remise à flot de l’entreprise.

Le 3 avril, l’annonce est officielle : Bombardier inc. met en vente sa division de Produits récréatifs, principalement basée à Valcourt, afin d’augmenter ses liquidités et de raffermir son bilan financier. Soixante ans après sa fondation, la multinationale québécoise renonçait ainsi à produire les motoneiges qui ont longtemps été sa raison d’être et qui sont à l’origine de sa première percée internationale.

La nouvelle est reçue comme une douche froide par les employés et les gens de Valcourt. Toutefois, une brise chaude est ressentie quand on apprend du même coup que la famille Bombardier, Laurent Beaudoin en tête, est intéressée à acheter le groupe des Produits récréatifs.  

Le 27 août, la vente de la division des Produits récréatifs est annoncée. Un consortium formé de la famille Bombardier-Beaudoin (35 %), de la Caisse de dépôt et placement du Québec (15 %) ainsi que du fonds d’investissement privé américain Bain Capital (50 %) met la main sur ce qui deviendra BRP dans une transaction évaluée à 1,225 milliard $.

L’un des mandats que c’était donné José Boisjoli était de faire reconnaître l’entreprise comme une véritable multinationale. « Je peux dire que je suis fier du chemin parcouru », lance-t-il. Il y a 15 ans, nous avions essentiellement deux produits, soit les motoneiges Ski-Doo et les motomarines Sea-Doo. Ils étaient vendus dans 80 pays. »

« Aujourd’hui, nous offrons six gammes de produits compétitifs dans leur marché qui sont vendus dans 127 pays par 4500 concessionnaires. Nous attirons des consommateurs à travers le monde. »  

Malgré tout ce bouleversement et cette expansion sur le globe de façon autonome, on continue à associer BRP à Bombardier Inc., constate M. Boisjoli. « Les gens continuent à nous associer à Bombardier. Nous sommes pourtant une entreprise indépendante depuis 15 ans », soutient le PDG lors d’un entretien téléphonique.

« Les gens ont de la difficulté à dissocier les deux. Même chez des gens de Valcourt des fois. »

Les années à venir s’annoncent positives, ajoute José Boisjoli. À commencer par le temps froid qui sévit actuellement dans le nord de l’Amérique avec un début d’hiver précoce. Cela pourra donner un élan sur les ventes de motoneiges notamment.

« Il y a un peu moins de neige actuellement en Scandinavie, mais l’hiver est long dans ces pays-là. En Russie, ça va aussi très bien », analyse-t-il.

« Nous ne prévoyons pas de ralentissement économique. Nous examinons trois indicateurs pour évaluer l’activité économique. Le taux de chômage est bas partout dans le monde. Le marché immobilier est bon, car les taux d’intérêt demeurent peu élevés. Aussi, les entreprises continuent de faire des profits avec la réforme instaurée par le gouvernement américain. »