Brault et Martineau investira des M$ dans ses magasins

Alors que de plus en plus de consommateurs magasinent en ligne, la direction de Brault et Martineau compte investir des millions de dollars dans ses magasins - même si elle compte fermer celui de Repentigny - pour inciter ces derniers à continuer de les fréquenter.Cette décision viendra toutefois peser sur les bénéfices de Groupe BMTC, société mère du détaillant ainsi que d'Ameublements Tanguay, prévient son président et chef de la direction, Yves Des Groseillers.
«Il en coûte à peu près 8 millions $ pour (rénover) un magasin de 80 000 pieds carrés en plus du terrain», a-t-il expliqué, jeudi, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires, à Montréal.
M. Des Groseillers souhaite remodeler l'intérieur et l'extérieur des neuf magasins Brault et Martineau, notamment pour faire passer la superficie des établissements de 70 000 à 80 000 pieds carrés. L'entreprise veut s'inspirer du style du magasin d'Ameublements Tanguay inauguré à Trois-Rivières en octobre dernier.
«Nous désirons créer une atmosphère qui fait en sorte que les gens vont continuer à les fréquenter, a-t-il dit. Les plus jeunes se déplacent de moins en moins. En plus, chez nous, on peut négocier les prix avec le vendeur. On ne peut pas faire cela sur le web.»
Le grand patron de BMTC n'a pas voulu s'avancer sur le montant total des investissements, ajoutant qu'annuellement, on pourrait rénover un maximum de deux magasins.
Il a rappelé qu'il y a quelques années déjà, l'entreprise évoquait la rénovation de certains magasins. Ainsi, à son avis, les actionnaires ne devraient pas être surpris que ces investissements puissent peser sur la performance financière de la société.
Au cours de l'exercice 2016, BMTC (TSX:GBT) a affiché un résultat net de 43,8 millions $, ou 1,17 $ par action, en hausse de 5,55 pour cent, alors que ses recettes ont été de 746,9 millions $, en progression de 4 pour cent.
Par ailleurs, M. Des Groseillers n'a pas caché qu'il s'attendait à ce que la décision de Lowe's de vendre des électroménagers dans les Rona et Réno-Dépôt ait un impact sur son entreprise.
«Vous n'avez qu'à regarder aux États-Unis, a-t-il lancé. Sears, qui était le plus grand détaillant d'électroménagers, a perdu ses volumes au profit de Lowe's et Home Depot. Est-ce que Lowe's va prendre une bouchée importante du marché québécois? Ça reste à voir. L'entreprise a bien fait aux États-Unis, il n'y a pas de raison pourquoi elle ne pourrait pas réussir au Canada.»
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Une trentaine de vendeurs des magasins de Repentigny - qui est appelé à fermer -, de Jean-Talon (Montréal) et de Laval ont manifesté devant la Tour de la Bourse, où se déroulait l'assemblée des actionnaires, pour critiquer les façons de faire de leur employeur en matière de relations de travail.
BMTC a laissé les journalistes assister à son assemblée, mais M. Des Groseillers a clairement indiqué, avant même le début du rendez-vous annuel, qu'il n'allait pas aborder le sujet.
«Je vous ai dit que je n'allais répondre à aucune question, a-t-il lancé lorsque les journalistes sont revenus à la charge. Je ne changerai pas d'idée.»
Les travailleurs voulaient dénoncer la mauvaise foi de leur employeur ainsi que ses stratégies «antisyndicales et répressives» pour les empêcher de se syndiquer.
«Les accréditations ont été obtenues il y a plus d'un an et aucun magasin n'a signé de convention collective», a déploré André Lachapelle, un vendeur du magasin de Repentigny - dont la fermeture a été annoncée le 7 février - représenté par les Travailleurs unis de l'alimentation (TUAC).
À la Bourse de Toronto, l'action de BMTC a terminé la séance à 13,20 $, en hausse de 25 cents ou 1,93 pour cent.