Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare

Bombardier n'aura pas à s'expliquer en comité parlementaire

Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare, et le ministre de l'Innovation, Navdeep Bains, n'auront pas à s'expliquer en comité parlementaire.
Les libéraux, majoritaires au comité des finances, ont défait jeudi la motion du député conservateur Gérard Deltell. Le seul député néo-démocrate à y siéger l'a appuyée.
Conservateurs et néo-démocrates voulaient obtenir des explications de la part du président-directeur général de Bombardier sur la hausse de la rémunération des dirigeants de l'entreprise.
« On pense que c'est une excellente idée que ces gens-là puissent s'expliquer directement devant les parlementaires, parce qu'il est question de centaines de millions de dollars de l'argent des contribuables. Tout le monde va gagner dans l'exercice de mettre ça clair sur la table «, avait affirmé Gérard Deltell plus tôt dans la journée.
Cette hausse de rémunération a soulevé l'indignation de la population et de la classe politique la semaine dernière. Face à cette grogne, Bombardier avait décidé de la reporter en partie.
La motion de Gérard Deltell déposée au comité des finances jeudi après-midi a été défaite par les six députés libéraux qui en sont membres.
Gérard Deltell demandait également que le ministre Bains témoigne devant le comité parlementaire afin d'obtenir des informations sur ses négociations avec Bombardier.
Lors de la réunion du comité, les députés libéraux ont défendu cet investissement du gouvernement fédéral.
« Comme plusieurs personnes, j'étais déçu, frustré et même fâché, a affirmé le député libéral Greg Fergus. Leur conseil d'administration (de Bombardier) a pris une décision très regrettable. »
Mais il a ajouté que de recevoir Alain Bellemare et Navdeep Bains comme témoins n'était pas la meilleure façon d'utiliser le temps du comité.
Demander des comptes
Le député conservateur Ron Liepert a rétorqué que c'était le seul moyen que les parlementaires avaient pour demander des comptes à la multinationale.
« Les Albertains sont fâchés contre le gouvernement d'avoir laissé une telle chose se produire. (...) Je suis vraiment déçu et je comprends pourquoi les Albertains sont en furie contre Bombardier et contre ce gouvernement », s'est-il exclamé.
Le porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Alexandre Boulerice, estime qu'un mystère demeure sur l'entente que le gouvernement fédéral a conclue avec le constructeur.
« On n'a jamais su c'était quoi le plan des libéraux, a-t-il dit. Est-ce qu'ils ont obtenu des contreparties? Est-ce qu'ils ont obtenu des garanties? Est-ce qu'un contrat est créé quelque part? Est-ce qu'il y a une entente signée ou c'est juste des ententes verbales? »
Le ministre des Transports, Marc Garneau, croit qu'il n'est pas nécessaire pour Bombardier de témoigner en comité parlementaire. Il affirme que l'entreprise a écouté la population en étalant la hausse de la rémunération de ses dirigeants sur une plus longue période.
Le gouvernement a défendu son prêt à la multinationale toute la semaine en réitérant qu'il permettrait de créer 1300 emplois de qualité et d'en maintenir 4000 autres.