«Ce qui nous inquiète, c’est que nous avons un plan d’affaires sur plusieurs années qui implique de la recherche et du développement. Si tout à coup le prix de l’électricité augmente, ça nous causera des problèmes», explique le directeur des relations publiques chez Bitfarms, Bahador Zabihiyan.

Bitfarms ne change pas ses plans... pour l’instant

La réflexion d’Hydro-Québec concernant l’industrie de la cryptomonnaie susciterait « de l’incertitude » chez Bitfarms, qui a annoncé en mars un investissement de 250 M$ à Sherbrooke. Son directeur des relations publiques, Bahador Zabihiyan, indique que cette incertitude ne change pas les plans à Sherbrooke pour le moment.

De surcroît, Radio-Canada dévoilait mardi les résultats d’une étude de KPMG commandée par Hydro-Québec qui conclut que « l’installation de grandes mines de cryptomonnaie au Québec créerait moins d’emplois et générerait moins d’activité économique que l’établissement de centres de données traditionnels ».

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« Nous attendons une décision du ministère de l’Énergie pour voir ce qu’ils veulent faire avec cette industrie émergente. Nous avons des plans à long terme, mais nous ne savons pas si nous pourrons poursuivre notre expansion. Ça crée de l’inquiétude », dit M. Zabihiyan.

À Sherbrooke, l’achat de deux bâtiments s’est concrétisé dans les dernières semaines pour une somme totale de 4,75 M$ payés comptant. Les activités n’ont toutefois pas commencé dans ces installations, dont les adresses sont gardées secrètes pour des raisons de sécurité. « Il n’y a pas d’impact concret pour le moment, mais pour chaque décision que nous prenons, nous réfléchissons deux ou trois fois. Donc ça ira plus lentement. Ce qui nous inquiète, c’est que nous avons un plan d’affaires sur plusieurs années qui implique de la recherche et du développement. Si tout à coup le prix de l’électricité augmente, ça nous causera des problèmes. Nous attendons une politique claire qui tiendra compte du fait que nous ne cherchons pas qu’à miner des bitcoins, mais que nous voulons innover. Si nous voulons innover, il nous faut un contexte favorable. »

Incertitude

Bahador Zabihiyan parle entre autres de projets de recherche dans le domaine de la microélectronique, un domaine très avancé, selon lui, à Bromont et à l’Université de Sherbrooke. « Nous voulons développer des applications concrètes pour la technologie des chaînes de bloc et nous voulons rendre les machines qui les produisent plus efficaces. D’ici septembre, nous voulons aussi mettre en place une équipe de chercheurs à l’École des technologies supérieures. »

M. Zabihiyan ne peut préciser l’urgence d’obtenir une décision du ministère de l’Énergie. S’il affirme que l’incertitude « commence à [leur] poser problème », il mentionne que Bitfarms ne compte pas les jours pour le moment.

Bahador Zabihiyan continuer de parler de la création de 250 emplois à Sherbrooke, dont 200 à temps plein, un chiffre qu’il estime conservateur et qui ne tient pas compte de la recherche et du développement. L’étude de KPMG stipulerait qu’un centre de minage peut créer de 0,4 à 2,3 emplois directs par mégawatt. À Sherbrooke, la puissance négociée est de 98 mégawatts. « Nous n’avons pas participé à l’étude de KPMG, qui se concentre trop sur les mineurs de bitcoins à l’étranger. Nous avons commandé notre propre étude. »

Le directeur des relations publiques de Bitfarms s’interroge par ailleurs sur les chiffres avancés par Hydro-Québec selon lesquels 200 demandes de raccordement ont été reçues pour 10 000 MW pour des entreprises de minage. « Ces chiffres devraient être remis en contexte. Il est possible qu’il y ait de la spéculation pour obtenir une quantité d’électricité qui sera revendue par la suite. Faire une demande à Hydro-Québec, ça ne coûte rien. »

Enfin, Bahador Zabihiyan indique qu’un consultant privé a été engagé pour résoudre les problèmes de son émanant des installations de Bitfarms à Farnham. Des voisins ont déposé des plaintes. Le même consultant analysera les bâtiments de Sherbrooke pour mettre en place une solution rapidement si un problème devait être détecté en amont.