Mohamed Soulami assure qu’il y aura plusieurs emplois bien rémunérés offerts lors de la 4e édition de la Foire Diversité Emploi qui se tiendra au Centre de foires les 2 et 3 novembre prochains.

Avec 5500 postes offerts, la Foire Diversité emploi déménage

SHERBROOKE — La 4e édition de la Foire Diversité Emploi sera la plus grande à ce jour. Avec 65 kiosques et plus de 5500 emplois offerts, le centre Julien-Ducharme, où se sont déroulées les trois premières éditions, ne convenait tout simplement plus. C’est donc au Centre de foires qu’aura lieu l’événement les vendredi et samedi 2 et 3 novembre prochains.

« La première année, on a eu 30 exposants, la deuxième 35, l’année dernière on était à 48 et il n’y avait plus de place au centre Julien-Ducharme, relève Mohamed Soulami, directeur général chez Actions interculturelles. Cette année, c’est 65 kiosques et environ 80 exposants. L’année dernière, il y avait 800 emplois à combler, cette année c’est 5500 postes vacants en Estrie. Il y a un besoin criant et il fallait déménager pour offrir plus d’espaces aux exposants. »

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Si le taux de chômage global se situe à 3,9 en Estrie, il est environ du double pour les personnes immigrantes, selon Mohamed Soulami. Chez les immigrants qui sont au Québec depuis moins de 5 ans, ce taux tourne autour de 14-15 % au niveau provincial selon lui.

Plusieurs ateliers seront d’ailleurs offerts aux employeurs pour les sensibiliser à la main-d’œuvre immigrante.

« Il y a beaucoup plus d’employeurs qui s’ouvrent à la diversité, mais on ne peut pas dire que tous le font, ce n’est pas encore réglé. Il y a encore du travail à faire, » estime M. Soulami.


« Avec la diversité des employeurs, il va y avoir une diversité des niveaux de salaire. »
Mohamed Soulami

Question salaire, Mohamed Soulami assure qu’il y aura plusieurs emplois bien rémunérés offerts lors de la foire.

« Avec la diversité des employeurs, il va y avoir une diversité des niveaux de salaire. Il y a des employeurs qui cherchent des personnes non qualifiées et bien sûr dans ces cas-là les salaires sont proches du salaire minimum ou un peu supérieurs. Par contre, on a d’autres employeurs qui donnent des salaires intéressants. Obligatoirement les salaires vont monter avec les besoins. Ça met une pression sur les employeurs pour qu’il y ait des augmentations. On a placé des gens dans des emplois à 13 $ de l’heure jusqu’à un en particulier à 38 $ de l’heure. Ça varie, mais les employeurs ont tout intérêt à offrir de bonnes conditions. »

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, les Forces armées canadiennes, l’Université de Sherbrooke, Cabico, Canards du lac Brome, FilSpec et Global Excel ne sont que quelques exemples d’entreprises qui seront présentes à la foire.

La formule de l’activité de lancement a été renouvelée. Le Cocktail de la Diversité, qui marquera l’ouverture de la Foire Diversité Emploi, aura lieu le 30 octobre de 17 h à 19 h au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. La Fédération des chambres de commerce du Québec et Delfino Campanile de PROMIS, un organisme qui vient en aide aux immigrants et aux réfugiés, présenteront des projets pour contrer la pénurie de main-d’œuvre par l’accueil et l’intégration de travailleurs immigrants. 

Un service de navette sera offert gratuitement aux chercheurs d’emploi pour se rendre au Centre de foires.

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De Sherbrooke à Coaticook en autobus

L’entreprise Cabico de Coaticook sera présente à la Foire Diversité Emploi. L’entreprise qui produit des armoires sur mesure a d’ailleurs trouvé un moyen novateur pour recruter de la main-d’œuvre. Elle offre un système de navette de Sherbrooke vers Coaticook chaque jour.

« On se rendait compte que plusieurs personnes pouvaient être intéressé par nos emplois, mais qu’elles n’avaient pas de permis de conduire ou de voiture, explique Annick Boulanger, vice-présidente talent et culture chez Cabico. Souvent ce n’est pas une priorité pour eux, il y a d’autres priorités financières que ça. On s’est dit qu’on allait leur donner cette pause financière et qu’on allait aller les chercher. »

L’entreprise fait donc appel à une compagnie de transport pour voyager ses employés. L’autobus fait des arrêts à cinq endroits stratégiques de la ville et les amène à Coaticook pour le quart de soir qui commence à 15 h 15. L’autobus ramène également les employés aux mêmes arrêts après le quart à 1 h 45. Entre 20 et 30 employés utilisent le service chaque soir.

« On a choisi ces cinq points en fonction des adresses de nos employés, souligne Mme Boulanger. Les gens l’apprécient beaucoup. Ça leur coûte un petit prix pour prendre l’autobus, mais c’est plus symbolique qu’autre chose. On fonctionne avec une carte à poinçon et les gens payent à l’usage, certains vont faire du covoiturage ou revenir avec quelqu’un d’autre s’ils décident de faire des heures supplémentaires. »

Malgré les coûts additionnels engendrés par ce système de navette, Annick Boulanger estime que c’est de l’argent bien investi.

« Si on ne faisait pas ça, on aurait moins de capacité de production. Oui ça nous coûte un certain montant pour mettre sur pied l’autobus, mais ça vaut la peine sinon ce sont des clients que nous ne sommes pas capables de servir. »

Il y a très peu de main-d’œuvre disponible à Coaticook, selon Mme Boulanger.

« Il y a des gens qui viennent nous voir de temps en temps, mais c’est au compte-gouttes. Ce n’est pas suffisant. On a parfois 20 ou même 30 postes ouverts en même temps. Nos ventes vont bien et c’est le fun, mais maintenant il faut fournir les produits. » Simon Roberge