Les clients de Turo peuvent réserver en ligne ou à partir d’une application mobile des voitures offertes par des particuliers.

Turo veut «réinventer l’autopartage»

CHRONIQUE / Dans la foulée des plates-formes découlant de «l’économie du partage», l’automobile n’est pas en reste. Lancée depuis plus de huit ans aux États-Unis et deux ans au Canada, Turo propose une expérience différente et aussi une façon de partager les coûts d’acquisition d’une voiture.

Et cette expérience profite tant aux locataires d’automobiles qu’à ceux qui louent leurs véhicules, si l’on en croit Cédric Mathieu, directeur de Turo pour le Canada.

«Nous offrons une expérience différente à celle de la location d’autos traditionnelle qui n’a pas changé depuis 30 ans et aussi une expérience d’autopartage un peu particulière», de dire M. Mathieu. «En fait, on réinvente l’autopartage.»

La plate-forme de Turo (www.turo.com) est très similaire à celle de AirBnB, selon les explications du directeur. Les clients peuvent réserver en ligne ou à partir d’une application mobile des voitures offertes par des particuliers. Turo peut servir autant pour clientèle qui voyage que pour une autre clientèle qui magasine un véhicule.

Et Turo est très différent des services d’autopartage connus comme Car2Go ou Communauto. «Ces deux services louent des voitures pour des déplacements essentiellement urbains, donc courts. Leurs tarifs ne sont pas idéaux pour les trajets interurbains.»

«Souvent, Turo est la meilleure façon de pouvoir essayer un véhicule. Une cliente a fait l’achat d’une Tesla Model S après son expérience avec Turo. Car elle n’était pas entièrement satisfaite du court essai qu’elle avait fait au bureau de vente de Tesla», explique M. Mathieu.

Il faut rappeler que dans la plupart des cas, une automobile demeure immobile 95 % du temps, selon les explications de M. Mathieu. «Ce sont des actifs sous-utilisés. Les “hôtes” [le terme utilisé par Turo pour désigner les locateurs] peuvent réduire leurs frais d’utilisation. Selon le calculateur de coûts de CAA-Québec, une compacte peut coûter de 650 à 750 $ par mois à son propriétaire.»

Selon M. Mathieu, un hôte peut faire jusqu’à 600 $ par mois en louant son véhicule aux membres de Turo. «Même si les tarifs moyens sont 30 % moins chers que ceux de l’industrie de la location automobile.»

Les prix de location chez Turo varient entre 20 $ et 300 $ par jour, selon le modèle. Turo retient 25 % de ce montant avant de payer l’hôte.

Question d’assurances

«Ouais, mais qu’arrive-t-il si le client a un accident?» diront la plupart des gens. «Turo a négocié avec Intact Assurance et belairdirect. Les clients de Turo sont protégés à raison de 2 millions $ pour la responsabilité civile et pour les dommages et la franchise. Cette couverture dure pendant la durée de la location», assure M. Mathieu. «La police d’assurance de l’hôte ne sera pas touchée», ajoute-t-il.

Selon le directeur canadien, Turo connaît une croissance plus rapide ici qu’aux États-Unis. «Après deux ans, nous proposons plus de 500 modèles au Canada, alors qu’il y en a plus de 900 mondialement. Turo Canada offre plus de 10 000 voitures à 320 000 utilisateurs inscrits sur la plate-forme», affirme M. Mathieu.

Un succès qui ne se dément pas dans les grands centres. Une recherche rapide a permis de constater que Turo offre présentement plus de 200 véhicules à louer à Toronto et à Montréal. À l’autre bout du pays, à Vancouver, le compteur s’arrête à 111 véhicules.

Dans les villes du réseau de Groupe Capitales Médias, on comptait 17 voitures dimanche à Québec, 18 à Ottawa (incluant Gatineau), 6 à Sherbrooke et Granby, et 3 à Trois-Rivières et 1 à Saguenay.