En plus des deux routes qui traversent la Réserve faunique des Laurentides, le ministère des Transports du Québec a installé des clôtures anticervidés sur cinq autres routes ou autoroutes du réseau routier québécois.

Les clôtures anticervidés sont-elles vraiment efficaces?

CHRONIQUE / En parcourant la route 175 dans la Réserve faunique des Laurentides, on se demandait si les clôtures anticervidés étaient vraiment efficaces.

Pour la petite histoire, les premières clôtures avaient été installées en 2003 dans deux segments des routes de la Réserve, soit sur cinq kilomètres le long de la route 175 et 10 km, le long de la route 169. Ces clôtures étaient aussi accompagnées de passages à faune, de barrières et de structures anti-ongulés.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) s’était donné trois ans pour en évaluer l’efficacité.

Or, il s’est avéré que ces mesures étaient efficaces. Un rapport, intitulé Évaluation de la clôture électrique comme mesure de mitigation des accidents routiers impliquant l’orignal dans la réserve faunique des Laurentides, a été publié en janvier 2006.

Les auteurs issus de l’Université du Québec à Rimouski, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune et du MTQ émettaient la conclusion suivante : «Seulement 25 % des pistes recensées du côté de la route par rapport à la clôture électrique ont été laissées par un orignal qui avait de toute évidence franchi la clôture lorsqu’elle était en fonction.

«La plupart des orignaux ont plutôt accédé au corridor clôturé en contournant la clôture électrique par une ouverture ou par son extrémité. Malgré cela, les clôtures électriques se sont avérées efficaces puisqu’elles ont empêché de 76 à 81 % des orignaux d’atteindre la chaussée. Aucun accident n’est survenu dans les secteurs clôturés durant cette étude, bien qu’ils étaient considérés à haut risque avant l’érection des clôtures.»

Faut croire que l’expérience a été concluante, car 15 ans plus tard, on retrouve ces clôtures et des passages réservés tout au long de cinq autres routes ou autoroutes. Selon les informations obtenues de la part de Mila Roy, porte-parole au MTQ, la route 138, à Petite-Rivière-Saint-François; l’autoroute Joseph-Armand-Bombardier (A-55), dans le Centre-du-Québec; l’autoroute Jean-Lesage (A-20), à Rimouski; l’autoroute 50, en Outaouais et dans les Laurentides; et l’autoroute Robert-Cliche (A-73) en Beauce profitent maintenant de telles infrastructures.

«De plus, le réseau routier du Ministère compte quelque 40 passages fauniques», ajoute-t-elle.

Évidemment, la décision d’installer ou non de telles mesures se font après analyse. «Chaque situation est un cas d’espèce et le Ministère prend en compte un ensemble de facteurs dans sa décision d’installer, ou non, ces dispositifs», explique Mme Roy. «Les espèces présentes, leur densité de population ainsi que l’environnement routier [présence d’intersections, d’échangeurs, d’accès résidentiels ou commerciaux] comptent parmi les facteurs pris en compte.»

Mais par-dessus tout, la porte-parole précise que «les risques de collisions demeurent présents malgré la mise en place de mesures pour réduire le nombre de collisions avec la grande faune». «Ainsi, la meilleure protection contre ce type d’accident demeure la vigilance des conducteurs», conclut-elle.

De mai à août

Rappelons que la période s’étendant de mai à août est la plus propice aux accidents dans la Réserve faunique des Laurentides et ailleurs. «Ces accidents peuvent survenir à toute heure de la journée, mais le risque est maximal durant la nuit, suivi par le crépuscule et l’aube», pouvait-on lire dans le rapport de janvier 2006.

Dans ce même rapport, on spécifiait que l’orignal était impliqué dans 40 à 70 accidents par année entre 1990 et 2002, ce qui représentait près de 92 % de tous les accidents recensés impliquant la grande faune qui y sont survenus. En raison de sa masse corporelle élevée et de sa grande taille, c’est l’animal qui cause le plus de dommages corporels et matériels. «Dans cette Réserve, les 310 accidents impliquant l’orignal survenus entre 2000 et 2004 ont causé plus de 6,7 millions $ en dommages», pouvait-t-on lire.

En vacances

La présente chronique fera relâche pendant les deux prochaines semaines, soit le 20 et le 27 août. Rendez-vous le mardi 4 septembre.