Nathan Marcotte, Leyla Brault, Katherine Côté, Lana Ferhani, Sarah Castonguay, Rose-Marie Dubois, Stella-Rose Wellington-L-D, Mélinda Boussaid, Marie-Sophie Moore, Alexane Moore et Liam Brochu prennent en charge leur propre portion du Jardin jeunes entrepreneurs, cet été, et iront vendre les fruits de leurs efforts dans les marchés régionaux.

Apprendre à surmonter les défis grâce au jardinage

Ils ne sont pas encore sur le marché de l’emploi, mais on ne peut pas dire qu’ils chôment en cette saison de culture retardée par le piètre ciel de mai. Les 15 jardiniers du Jardin jeunes entrepreneurs de Croquarium, âgés de 11 à 14 ans, expérimentent déjà le métier de maraîcher, et les défis qui l’accompagnent.

Penchée devant ses radis, Leyla Brault tente de déterminer ce qui pourra être récolté avec succès aujourd’hui. « C’est la marmotte, elle est venue les manger », explique-t-elle. Et pourtant, partout dans sa portion du Jardin collectif des Nations, le groupe a installé des ballons de plages et des vire-vent, une technique qu’il a apprise pour éloigner ces bêtes.

Leyla n’avait que 10 ans lorsqu’elle a posé sa candidature pour participer au Jardin jeunes entrepreneurs, mais elle souhaitait tellement y participer qu’elle a insisté sur son anniversaire qui approchait pour convaincre les organisateurs d’entrer dans l’aventure.

Elle avait déjà prêté main-forte aux cultures de sa mère et expérimenté la récolte, un peu comme l’avait fait Rose-Marie Dubois.

Âgée de 14 ans, Rose-Marie avoue quand même qu’elle s’y connaissait peu en jardinage. Après avoir travaillé sa butte en début de saison, elle a semé et planté des tomates, des concombres, des fèves, des pensées, et elle en passe.

« Je suis très fière, ça va nous rendre plus autonomes et plus responsables », explique Rose-Marie.

La participation du groupe au marché de Racine le 27 juillet est toujours incertaine, à cause des deux semaines de retard des cultures, mais les jeunes devraient pouvoir vendre leur marchandise aux prochains marchés prévus. Pour une première fois, les jeunes entrepreneurs prendront également part à l’événement Bouffe ton centro, où ils tiendront un kiosque.

« On aimerait faire quelque chose qui va au-delà de la simple vente de légumes et qui représenterait la relation avec la nourriture que Croquarium souhaite inculquer », dit Nathalie Sundborg, chargée de projet pour le jardin.

Elle s’émerveille encore de l’implication de jeunes, qui récoltent dès 6 h les matins de marché et qui exploitent les nouvelles connaissances.

« Mon concombre a besoin d’être tuteuré », constate avec justesse Sarah Castonguay, 12 ans. Elle vient tous les deux jours arroser sa parcelle. « Mais quand il fait très chaud, il faut venir chaque jour », précise-t-elle.

« Toute la famille mobilisée »

C’est la 4e fois que le projet est mis en branle par Croquarium, cet organisme dont la mission est de contribuer au bien-être des jeunes par l’éducation alimentaire expérientielle. Depuis 2004, Croquarium œuvre auprès des tout-petits dans le cadre de sa vision Un jardin, un enfant.

« Le Jardin jeunes entrepreneurs s’est imposé comme étant la suite logique, partage Mélanie Mercier, responsable des communications et du développement des affaires chez Croquarium. La période entre 11 et 14 ans est d’ailleurs un moment charnière pour l’estime de soi, la définition et les apprentissages. On a beaucoup de succès et, déjà, on a des demandes pour exporter le concept. »

Elle note que cette édition prend une couleur toute particulière. « Ça devient un lieu où toute la famille est mobilisée », dit-elle. Par exemple, la très impliquée mère de Stella-Rose Wellington-L-D aidait sa fille à arroser ses légumes, mardi après-midi. Ravie de partager ses apprentissages à la maison, Stella-Rose sait déjà qu’elle sera entrepreneure plus tard. « Probablement dans le domaine des plantes ou du jardinage, j’aime vraiment ça », s’emballe-t-elle.