Le député d’Orford, Pierre Reid, ainsi que le ministre responsable de l’Estrie, Luc Fortin, espèrent que Magog et Sherbrooke développeront une meilleure collaboration dans les dossiers de nature économique. On aperçoit les deux hommes en compagnie de l’entrepreneur Gilles Bélanger.

Appel à la concertation Sherbrooke-Magog

Sherbrooke et Magog devront mieux collaborer ensemble, dans le futur, si elles souhaitent attirer des entreprises de classe mondiale dans la région. Voilà à tout le moins le constat que fait le ministre responsable de la région de l’Estrie et député de Sherbrooke, Luc Fortin.

À l’occasion d’une conférence de presse tenue lundi en sol magogois, M. Fortin a invité les élus municipaux de Sherbrooke et Magog à faire le nécessaire pour que les organisations de développement économique que chapeautent les deux villes développent l’art de la collaboration.

« C’est l’ensemble de la région qui y gagne quand de nouveaux emplois sont créés à Magog et à Sherbrooke. On doit se mobiliser ensemble plutôt que de travailler en compétition », a déclaré le ministre responsable de l’Estrie.

Sans surprise, Luc Fortin a fait référence à Ubisoft, une multinationale française qui a sérieusement envisagé de s’installer en Estrie avant de finalement choisir le Saguenay. « C’était ressorti que Magog et Sherbrooke avaient un peu été en compétition dans ce dossier. Mais il faut mettre fin à l’esprit de clocher, une chose qui nous nuit parfois », a proposé M. Fortin.

D’après lui, la « course aux taxes municipales », qui inciterait les municipalités à travailler chacune de leur côté, est probablement en partie responsable du manque de concertation constaté.

Virage souhaité

Afin de démontrer que le milieu est prêt pour le virage qu’il suggère de prendre, M. Fortin a laissé entendre que les gens d’affaires de Magog et de Sherbrooke attendent un changement de cap de la part des élus et des organismes de développement des deux villes.

Justement composée de plusieurs gens d’affaires du milieu, Équipe économique Sherbrooke montrera l’exemple en accueillant dans ses rangs Gilles Bélanger, un entrepreneur très en vue à Magog.

Présent à la conférence de presse de lundi, M. Bélanger a plaidé que la région de l’Estrie a tout pour se démarquer. « On n’a rien à envier à d’autres territoires de l’Amérique du Nord », a-t-il affirmé.

L’homme d’affaires a lui-même été impliqué dans le dossier Ubisoft quand la multinationale française a étudié la possibilité de s’implanter en Estrie. Il assure qu’il fera tout en son pouvoir que cette entreprise choisisse la région estrienne la prochaine fois qu’elle s’installera dans une nouvelle région du Québec.

« Je vais mettre toutes mes énergies pour que le prochain centre d’Ubisoft au Québec soit dans notre région. Je crois que nos chances de l’avoir sont très bonnes. Ubisoft m’a dit qu’on est le secteur le plus stimulant », dit-il.

L’innovation

Lundi, le député d’Orford, Pierre Reid, a pour sa part souligné que l’Estrie est une terre d’innovation depuis de nombreuses années. Cela lui confèrerait une couleur particulière pouvant l’aider à attirer des entreprises en croissance œuvrant dans des secteurs d’activité fort pointus.

« En 1954, personne ne voyait une université s’implanter à Sherbrooke », a-t-il rappelé, tout en mentionnant que la communauté scientifique régionale contribue au développement local de façon non négligeable.
La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, est quant à elle d’accord que Sherbrooke et Magog gagneraient à travailler plus étroitement ensemble en matière de développement économique.

Cela dit, Mme Hamm soutient que le désir de collaborer dans des dossiers de développement n’est pas le même dans tous les organismes à vocation économique. « On veut plus de collaboration, mais on n’a jamais senti que, du côté de Sherbrooke Innopole, il y avait le même genre de volonté. On a eu plus de succès par contre avec l’Université de Sherbrooke et l’ACET, par exemple », précise-t-elle.

Luc Fortin estime que la nouvelle administration municipale à Sherbrooke sera plus ouverte que la précédente à la collaboration. Mme Hamm l’espère, mais se dit incapable de le confirmer à ce stade, puisqu’elle connaît relativement peu le maire de Sherbrooke, Steve Lussier. « On aura des discussions à ce sujet lui et moi, c’est certain », assure-t-elle.