Dominique Anglade, ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec

Anglade ferme à nouveau la porte à IceWorks Animation

La proposition d'un groupe d'investisseurs locaux d'appuyer financièrement le projet de série d'animation de l'entreprise IceWorks Animation n'aura finalement pas eu l'effet escompté: la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec, Dominique Anglade, a confirmé que la garantie de prêt réclamée ne sera pas accordée par Québec.
Lors d'une entrevue offerte à La Tribune jeudi, Mme Anglade a rappelé que le projet de série d'animation soumis par IceWorks ne cadrait dans aucun programme d'aide provincial.
«Mais j'ai voulu qu'on regarde la possibilité de procéder par décret pour permettre malgré tout la réalisation du projet du producteur et, au terme de l'analyse, on a conclu que les facteurs de soutien nécessaires n'étaient pas là et qu'il était impossible de prévoir un impact important dans le milieu», a expliqué la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.
Dominique Anglade affirme qu'il est crucial que son ministère, lorsqu'il appuie financièrement un promoteur, s'assure que celui-ci «a de bonnes chances de réussir. Il faut que la proposition tienne la route.»
Pour démontrer que la bonne décision a été prise, Mme Anglade souligne également que la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a elle-même émis un «avis négatif» à l'endroit du projet de série d'animation, construit autour du personnage d'Amos Daragon.
Informé des propos de la ministre en lien avec la SODEC, le producteur Sylvain Viau s'est montré fort déçu et a soutenu que cet organisme n'avait pas toutes les informations nécessaires en main quand il est intervenu dans le dossier.
«Premièrement, ce n'est pas le rôle de la SODEC de dire si un projet est viable ou pas, affirme M. Viau. Mais il est vrai qu'elle a dit au Ministère que d'habitude, dans des projets semblables au mien, il y a une prévente internationale. Ce que cet organisme ne savait pas par contre, c'est que j'ai un contrat avec un distributeur pour l'étranger. Moi, j'avais tout en main pour démontrer la viabilité de ma série.»
Faire rayonner le Québec
Si la réponse finale est négative, Dominique Anglade admet tout de même qu'elle aurait aimé pouvoir autoriser la garantie de prêt de 2,7 millions $ réclamée par le promoteur. «C'est une bonne idée de faire rayonner le Québec avec un projet comme ça. Je souhaitais que ça fonctionne», déclare-t-elle.
Rappelons que les livres racontant les aventures d'Amos Daragon ont été traduits en 22 langues. Leur auteur, Bryan Perro, est notamment connu en France, au Japon ainsi qu'en Russie.
Le groupe d'investisseurs locaux qui désirait se porter au secours d'IceWorks était piloté par l'homme d'affaires Gilles Bélanger. La garantie de prêt de 500 000  $ que ce groupe était prêt à accorder aurait allégé le fardeau à porter par Québec.
« Incompréhensible », dit le PQ
Porte-parole de l'Opposition officielle en matière d'économie, le député de Sanguinet, Alain Therrien, juge «incompréhensible» la réponse donnée à l'entreprise IceWorks Animation concernant son projet de série d'animation construit autour du personnage d'Amos Daragon.
«Je suis un peu découragé pour IceWorks, déclare M. Therrien. C'est triste pour cette entreprise de voir que Québec ne peut lui accorder la garantie de prêt demandée. Il me semble que ce serait normal de lui apporter une aide considérant qu'elle pourrait faire rayonner le Québec à l'étranger en raison de la notoriété du créateur d'Amos Daragon. Je ne vois pas en quoi son montage financier est mauvais.»
Le député de Sanguinet estime la décision du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation d'autant plus triste que Québec a récemment sorti une somme de 1,3 milliard $ de ses coffres pour aider la compagnie Bombardier.
«Au même titre que les grandes entreprises, les PME qui peuvent contribuer à l'essor du Québec doivent aussi pouvoir avoir un soutien du gouvernement provincial. Ce qu'on voit, en ce moment, c'est qu'il y a beaucoup d'argent pour les grandes compagnies et très peu pour les petites», déplore Alain Therrien.
Le député péquiste suggère que le gouvernement déploie davantage d'efforts pour faire connaître ses programmes d'aide financière à l'intention des PME. «Souvent, elles ignorent que de l'aide est disponible pour elles.»
Alain Therrien participe à la tournée du groupe Priorité PME, lancée par le Parti québécois. Une fois cette tournée complétée, le PQ souhaite être en mesure de proposer toute une série d'allégements réglementaires pour favoriser le développement des entreprises. Jeudi à Magog, le député a notamment rencontré des représentants de la MRC de Memphrémagog et d'IceWorks.