Michel Gagnon, CEO, et Joël Fournier, président et chef de la technologie, chez Alliance Magnésium, ont procédé via vidéo à la première pelleté de terre menant à la constuction de l’usine d’Asbestos.
Michel Gagnon, CEO, et Joël Fournier, président et chef de la technologie, chez Alliance Magnésium, ont procédé via vidéo à la première pelleté de terre menant à la constuction de l’usine d’Asbestos.

Alliance Magnésium: coup d’envoi des travaux de l'usine de 145 M$

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Cette fois, ça y est pour de bon. Alliance Magnésium a donné le coup d’envoi des travaux de son projet de production de magnésium léger à partir de résidus miniers et de produits recyclés, à Asbestos.

Cette future usine de 145 millions $ se distinguera par sa technologie et ses procédés qui permettront de produire un magnésium plus responsable et de grande qualité, a-t-on annoncé en conférence virtuelle et en présence notamment du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, du député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, et du député de Richmond, André Bachand, ainsi que de plusieurs maires de la région.

Plusieurs représentants d’Alliance Magnésium ont participé également à l’évènement, dont Michel Gagnon, CEO, et Joël Fournier, président et chef de la technologie. Ils ont procédé à la pelletée de terre annonçant la construction de son usine de fabrication de lingots de magnésium à valeur ajoutée. 

« La réussite que l’on souligne aujourd’hui, c’est une combinaison d’éléments : des partenaires d’envergure sur les scènes nationale et internationale, dont le Gouvernement du Québec, Marubeni, Alternative Capital Group et Fondaction en font partie », lance Michel G. Gagnon.

« C’est aussi un conseil d’administration qui réunit expertise et complémentarité auquel s’ajoutent de nombreux collaborateurs et des employés dédiés. C’est grâce à cette équipe que l’on ramène au Québec, avec Alliance Magnésium, la production de ce métal à grande valeur ajoutée. »

Joël Fournier se félicite de voir « le grand intérêt mondial envers notre plan d’affaires. Deux aspects ressortent particulièrement, soit tous les aspects ESG, en passant par notre matière première, l’économie circulaire, jusqu’à l’impact mondial global grâce à Alliance Magnésium, mais aussi le procédé, qui a été éprouvé et démontré dans les dernières années à l’usine pilote. »

« Un procédé qui assure la grande qualité de notre produit final, en plus que ces lingots de magnésium soient les plus responsables au monde. La demande pour le magnésium est en forte croissance, et la demande pour du métal vert est aussi très prisée, partout dans le monde. Alliance Magnésium répond directement à ces besoins. » 

Rappelons que l’implantation de cette phase, soit l’usine de démonstration commerciale, représente des investissements de 145 millions de dollars et permettra la création de plus de 100 emplois dans la région de l’Estrie. Une deuxième phase viendra s’ajouter avec des investissements plus élevés, a déclaré M. Fournier.

Près d’une centaine de travailleurs de chantier seront actifs tout au long de la construction. C’est d’abord le centre de coulée qui sera opérationnel dès le premier trimestre 2021 pour recycler du magnésium, a précisé M. Gagnon. 

En mars dernier, La Tribune révélait que Québec y allait d’un élan de 26 millions dans l’entreprise Alliance Magnésium pour la construction de son usine de démonstration commerciale pour le magnésium. Ce montant complétait alors le financement du projet. 

En plus du gouvernement (une participation de 13,4 M$ en capital-actions et un prêt de 12,5 M$), la société japonaise Marubeni (16,7 M$), Fondaction (10 M$), Technologies du développement durable Canada (12 M$) et Transition énergétique Québec (3 M$) font également partie du montage financier. Un emprunt d’un montant de 50 M$ a finalement été conclu avec une société financière américaine.

La construction continuera pour une autre année afin de finaliser les différents secteurs de l’usine. Alliance Magnésium compte déjà sur une quinzaine d’employés. 

Cet automne, du personnel d’opération et d’entretien s’ajoutera à l’équipe en ce qui a trait aux besoins pour le secteur de la coulée. Ensuite, des postes seront affichés pour combler progressivement les besoins.

Le magnésium est un matériau très léger, essentiel à la stratégie d’électrification des transports et à la lutte aux changements climatiques, a-t-on indiqué.

Pour le ministre Pierre Fitzgibbon, c’est « en misant sur le génie et l’esprit d’innovation des Québécois que nous trouverons des solutions pour lutter contre les changements climatiques et que nous développerons une économie verte au Québec. »

« Le magnésium est en demande croissante à travers le monde, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale, car il contribue à l’allègement des véhicules. Il s’agit donc d’une ressource prisée pour sa légèreté et sur laquelle nous pourrons miser dans le cadre de notre stratégie d’électrification des transports. »

Le ministre dit avoir hâte de recevoir les résultats de l’enquête du BAPE sur la gestion de l’amiante et des résidus miniers amiantés au Québec. Rappelons que le rapport du BAPE devra être déposé au ministre de l'Environnement Benoît Charette au plus tard le 24 juillet 2020. Par la suite, celui-ci doit le rendre public dans les 15 jours suivants, soit au plus tard le 7 août 2020.

Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, a souligné via vidéo que la reprise post-COVID qui s’amorce passe par des projets comme celui d’Alliance Magnésium qui « contribue à la fois à la création d’emplois de qualité issus de l’économie du savoir, tout en réduisant notre empreinte environnementale pour atteindre les cibles ambitieuses qu’on s’est fixées. »

« Je suis fière qu’on produise dans les Cantons-de-l’Est l’un des magnésiums les plus verts au monde. » 

Pour sa part, Hugues Grimard, a mentionné que l’entreprise Alliance Magnésium « a une valeur économique et collective inestimable pour notre région, après ce que nous avons traversé ces dernières années. C’est la concrétisation de nos efforts pour bâtir un avenir grâce aux résidus du passé. »