Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault investissent 3,5 M$ dans le Siboire de la rue du Dépôt pour acheter la vieille gare, agrandir leur commerce et développer de nouveaux produits.

Agrandissement du Siboire Dépôt

EXCLUSIF / Le Siboire de la rue du Dépôt prend de l’expansion. Ses propriétaires y investissent 3,5 M$ pour l’acquisition de l’ancienne gare, l’ouverture d’un dépanneur à bières et le réaménagement de la microbrasserie. De nouvelles bières seront aussi offertes aux amoureux du houblon.

Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault, jusque-là locataires au centre-ville, sont devenus propriétaires du bâtiment abritant leur commerce au cours des derniers jours. « Cette acquisition génère plusieurs projets », indique M. Gaudreault.

Les locaux laissés vacants par le déménagement du terminus de Limocar vers l’intersection de la rue King Ouest accueilleront huit fermenteurs – le Siboire en compte actuellement cinq – et un dépanneur qui vendra la bière de la microbrasserie en canettes et des produits plus nichés en bouteilles.

« Il y a un an, nous trouvions que nous étions dus pour des rénovations. Nous voulons remettre l’intérieur au goût du jour, avec le même ADN que les succursales de Jacques-Cartier et du Plateau à Montréal. Il n’était plus logique de ne pas être propriétaire, et en même temps, Limocar est parti. C’est ici que le Siboire a commencé et c’est un bâtiment d’envergure qui a une symbolique importante pour les Sherbrookois », explique Pierre-Olivier Boily.

La microbrasserie a célébré son dixième anniversaire et ses propriétaires veulent s’adapter au marché qui s’est transformé.

« Après dix ans, nous avons pris un temps d’arrêt pour nous demander ce que nous voulions pour les dix prochaines années. Il y a dix ans, nous souhaitions éduquer la population sur la bière. Entre-temps, le Québec est passé d’une quarantaine de microbrasseries à environ 200. On se faisait souvent demander quand les clients pourraient trouver nos produits en épicerie. Nous sommes donc allés au Vermont il y a trois semaines pour nous inspirer et confirmer ce que nous pensions », raconte Jonathan Gaudreault.

Canettes sur place

Plutôt que d’offrir ses produits en épicerie, le Siboire proposera d’acheter sa bière de petit format directement sur la rue du Dépôt. « C’est un phénomène aux États-Unis. Les gens vont sur place acheter la bière de microbrasserie. On s’est dit qu’à Sherbrooke, on pourrait mettre la bière en canettes et offrir une expérience comme celle vécue par ceux qui se rendent chez le boulanger ou chez le boucher. Notre force, c’est le sentiment d’appartenance des Sherbrookois. On trouverait ça plate d’envoyer notre bière en épicerie et de ne plus voir les consommateurs. Le but, c’est de ressortir et d’avoir vécu une aventure. »

Dans le même sens, des visites de groupe pourraient être organisées pour comprendre comment la bière est brassée. Le projet pourrait donc développer une facette touristique.

Les canettes seraient aussi en vente au Siboire Jacques-Cartier et pour les clients de Montréal dans un commerce adjacent à la microbrasserie.

Physiquement, la terrasse extérieure sera aussi exploitée davantage, possiblement avec l’ambiance d’un beer garden. Les toilettes seront déplacées, l’espace pub agrandi par le déplacement des fermenteurs et une portion gazonnée pourrait être aménagée près du dépanneur. L’enveloppe de l’édifice ne serait pas modifiée.

Nouvelles bières, nouvelle succursale?

L’ajout de fermenteurs permettra par ailleurs de brasser un plus grand nombre de bières différentes. Le menu de produits locaux sera repensé avec quelques bières régulières et plusieurs options temporaires. La Calvaire, par exemple, ne serait plus brassée. « Nous ne voulons pas nous endormir et arrêter d’innover. »

Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault se concentreront sur le Siboire Dépôt pour les deux ou trois prochaines années. La capacité accrue de production leur permet toutefois de rêver à une succursale à Québec à moyen terme. Ou peut-être à une deuxième à Montréal. « Probablement que notre projet sera pensé pour permettre une quatrième succursale. Considérant que nous sommes déjà à Montréal, il serait peut-être avantageux d’y ajouter une deuxième microbrasserie », dit M. Boily.

L’arrivée d’un projet comme le Quartier Well Sud pourrait tomber à point pour couronner ces travaux de modernisation. « Il serait malhonnête de dire que le projet de la rue Wellington Sud a influencé notre décision, mais il est motivant de voir la volonté de la Ville et nous lui faisons confiance pour revitaliser le secteur. »

Les travaux d’agrandissement du Siboire pourraient commencer au printemps et seraient réalisés en phases, si bien que le commerce n’aurait pas à fermer ses portes. Le Siboire nouveau serait inauguré à l’automne 2019.

L’entreprise compte actuellement 160 employés.