Le premier ministre du Québec, François Legault, a discuté avec le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, pendant près d’une heure, mercredi soir, à l’hôtel de ville.

Aéroport de Sherbrooke: Bonnardel négociera avec Air Canada

L’aéroport de Sherbrooke et la desserte commerciale qui pourrait s’y installer ont monopolisé une partie des discussions du maire de Sherbrooke Steve Lussier, mercredi, alors qu’il rencontrait tour à tour le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le premier ministre du Québec, François Legault. M. Legault espère contribuer à ce qu’Air Canada offre des vols à partir de Sherbrooke dans un avenir rapproché.

« C’est important. C’est la seule ville de plus de 200 000 habitants au Canada qui n’a pas de desserte aérienne. Comme j’avais pris l’engagement pendant la campagne électorale, François Bonnardel sera ici la semaine prochaine. Je lui ai demandé d’aller négocier avec Air Canada la desserte d’un certain nombre d’aéroports, les tarifs qui sont chargés dans certains aéroports et la fréquence des vols.

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« Dans le cas de Sherbrooke, il n’y a aucune fréquence, mais il serait normal qu’Air Canada desserve Sherbrooke-Montréal avec un appareil de peut-être 30-40 places. Il est temps que ça se fasse et on va s’assurer que ça arrive », insiste François Legault.

Steve Lussier espère que le dossier débloquera rapidement. « J’y crois à l’aéroport, mais il y a toujours une capacité de payer des citoyens. J’ai demandé à M. Trudeau une desserte officielle payée par le gouvernement et non par la Ville. M. Legault va nous donner un bon coup de main pour avoir une compagnie sur notre territoire, enfin. On avance dans le dossier. On investit des grosses sommes dans l’aéroport, alors on veut que ça se fasse le plus rapidement possible. »

Faudrait-il une compagnie aérienne québécoise pour assurer les trajets dans la province? « Il n’y a pas vraiment de place pour deux compagnies qui desservent toutes les régions du Québec. La densité n’est pas suffisante. Je crois qu’il y a de la place pour une entreprise, mais quand on est dans une situation de monopole, ça vient avec certaines obligations. Il faudra s’assurer qu’Air Canada respecte un certain nombre de consignes », affirme M. Legault.

Parmi les autres sujets abordés à l’hôtel de ville, notons celui de Coventry et des risques de contamination du lac Memphrémagog. « C’est un enjeu pour notre eau. M. Trudeau me disait que lui aussi avait mandaté quelqu’un dans son gouvernement à l’environnement pour regarder le dossier », dit Steve Lussier.

François Legault, lui, rapporte avoir rencontré le gouverneur du Vermont en plus d’assurer que le député Gilles Bélanger suit le dossier de près. « Ça fait partie des priorités du nouveau ministre de l’Environnement Benoit Charette. »

La main-d’œuvre était aussi à l’ordre du jour. « Nous avons parlé de nouvelles façons de faire, de budgets supplémentaires », dit Steve Lussier.

Enfin, François Legault a discuté de ses « zones d’innovation ». « Je veux qu’il y ait une zone d’innovation à l’Université de Sherbrooke, qu’on soit capables d’avoir des terrains de disponibles grâce à des partenariats entre l’Université et des entreprises et qu’on ait l’appui d’Investissement Québec pour développer des emplois bien payés. »

10 M$ pour décontaminer les sols

Le premier ministre François Legault a confirmé mercredi qu’il respecterait son engagement d’offrir 10 M$ à la Ville de Sherbrooke pour la décontamination de terrains. Il s’agissait d’un des sujets à l’ordre du jour de sa rencontre avec le maire Steve Lussier.

« Effectivement, nous respecterons notre promesse. Ce sera géré de façon conjointe par la Ville de Sherbrooke et Investissement Québec. M. le Maire me disait que dans le Quartier Well Sud, c’est pas mal là que ce sera investi », a indiqué M. Legault.

En campagne électorale, le chef de la CAQ estimait que ce genre d’investissement permettrait d’attirer des entreprises qui offriraient des emplois bien payés. Il citait un article de La Tribune mentionnant qu’au moins 125 terrains ont été ou sont contaminés à Sherbrooke. 

Le maire Steve Lussier considère qu’il s’agit d’une grosse nouvelle pour Sherbrooke. « C’est un enjeu majeur. Je suis très fier d’avoir entendu M. Legault vous l’affirmer. Il y aura peut-être même des ajustements à la somme de 10 M$ au besoin. On va travailler pour connaître le coût réel et on lui reviendra. »

La décontamination dans le secteur du nouveau pont des Grandes-Fourches constituera une priorité.