En janvier dernier, La Tribune rapportait qu’Acier Orford était le troisième ferrailleur le plus actif du Québec, selon la Commission de la construction du Québec.

Acier Orford sauvé de la faillite

L’entreprise sherbrookoise Acier Orford passe aux mains du Groupe Dallaire de Québec et évite ainsi la faillite.

« L’acceptation de la proposition était, selon le syndic, la seule option qui permettait de mener à terme les contrats en cours et le maintien des 150 à 200 emplois de l’entreprise sherbrookoise », note le syndic responsable du dossier, la firme PricewaterhouseCoopers.

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Les 163 créanciers d’Acier Orford ont approuvé à 95 pour cent la vente de l’entreprise située en bordure de l’autoroute 10, qui s’était placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité le 6 août. Le prix de vente a été fixé à 200 000 $.

Les créanciers de l’entreprise, qui se spécialise dans la fabrication et l’installation d’acier d’armature et de treillis métallique, ont pris cette décision lors d’une assemblée générale, mardi, à l’Hôtel Delta de Sherbrooke.

Selon le bilan déposé par le syndic, Acier Orford avait cumulé un déficit de 33 M$, soit un passif total de 35 M$ et un actif total de 2 M$.

Au moment de la proposition, Acier Orford devait 10 M$ au Groupe Dallaire, soit près du tiers du déficit. Parmi les autres créanciers ordinaires, les plus importants sont Logistique LM, de Magog, avec une créance de 3,6 M$, et Gerdau Ameristeel, de Toronto, avec une créance de 1,5 M$.

Le syndic avait recommandé l’acceptation de la proposition aux créanciers, puisque dans ce cadre, il était estimé que les créanciers non garantis d’Acier Orford recevraient en moyenne un dividende équivalant à 68 pour cent du montant qui leur est dû. Alors que dans un contexte de faillite, ces derniers ne recevraient rien.

Progression rapide

L’entreprise manufacturière a été fondée en 1990. Elle a longtemps été dirigée par René Marquis et Manon Labonté, puis par leur fille, Catherine Marquis, qui est directrice générale d’Acier Orford depuis 2009.

La compagnie a, entre autres, fourni des matériaux lors de la construction du complexe hospitalier de Baie-Saint-Paul, de l’amphithéâtre de Québec ainsi que de la cimenterie de Port-Daniel-Gascons.

En janvier dernier, La Tribune publiait que, selon la Commission de la construction du Québec, Acier Orford était le troisième ferrailleur le plus actif du Québec. Entre 2011 et 2013, le chiffre d’affaires de l’entreprise avait triplé, avait aussi indiqué la direction. Au cours des cinq dernières années, les revenus avaient encore doublé. Alors que l’entreprise comptait 85 employés en 2012, elle en comptait jusqu’à 300 en période de pointe.

La Tribune a tenté de contacter, sans succès, les dirigeants d’Acier Orford.

La situation observée serait notamment attribuable à des contrats réalisés à perte par Acier Orford au cours des dernières années et « certaines lacunes comptables », a récemment déclaré à La Tribune le syndic.