Même s’il a réussi à équilibrer son budget de 65 millions $ pour le dernier exercice financier, le Cégep de Sherbrooke est à bout de souffle.

«À bout de souffle», le Cégep réclame de l’aide de Québec

Même s’il a réussi à équilibrer son budget de 65 millions $ pour le dernier exercice financier, le Cégep de Sherbrooke est à bout de souffle. Les compressions gouvernementales des dernières années et le mode de financement des cégeps ont fait mal à l’établissement sherbrookois, qui réclame une aide d’urgence de 800 000 $ du gouvernement du Québec afin d’éviter de couper dans les services aux étudiants.

Le Cégep est aux prises avec une dette de 400 000 $ découlant des compressions gouvernementales. Cette dette risque d’avoir un impact sur les services aux étudiants.

Avant d’en arriver à cette ultime solution, la directrice générale Marie-France Bélanger et le président du conseil d’administration Réal Desautels ont lancé un cri d’alarme au gouvernement du Québec afin que celui-ci lui consente une aide ponctuelle de 800 000 $ d’ici à ce que la révision du mode de financement soit terminée.

« On n’en peut plus, c’est assez ! a déclaré Mme Bélanger au sujet de la situation financière de l’établissement. Ça fait deux ans qu’on réclame de l’aide de toutes les manières, qu’on cogne à toutes les portes. On a beau avoir écrit, proposé, documenté, frappé à toutes les portes, on n’en peut plus. On est à bout de souffle ! Il nous faut de l’aide de manière urgente. Le gouvernement a des marges de manœuvre et il doit s’en servir pour nous permettre de passer à travers cette situation », a-t-elle soutenu en entrevue avec La Tribune.

La directrice générale rappelle que le Cégep de Sherbrooke a fait plus que sa part dans le cadre des mesures d’austérité imposées par le gouvernement depuis les trois dernières années. Elle souligne entre autres un taux d’encadrement (25 cadres pour 810 employés) plus bas que la moyenne du réseau des cégeps ainsi que le coût des services administratifs « significativement en dessous de la moyenne ».

Le Cégep de Sherbrooke a dû sabrer 4 M$ au cours des dernières années.

De son côté, M. Desautels dit avoir fait de nombreuses démarches auprès des élus afin d’obtenir une aide ponctuelle, mais sans succès :

« On a rencontré tous les députés de l’Estrie. On leur a donné des leviers pour nous aider. J’ai même rencontré Mme David (NDLR Hélène, ministre responsable de l’Enseignement supérieur) à deux reprises. Chaque fois on entend le même discours : on comprend, on nous dit que c’est difficile, qu’on va nous revenir avec des solutions, mais on n’a pas de solutions. C’est très inquiétant. Jusqu’à maintenant, on a réussi à préserver les services aux étudiants, mais allons-nous pouvoir continuer ? On est très inquiets. »

Le personnel de l’établissement est à bout de souffle, ajoute-t-il. « Malgré toutes les coupes qu’on a dû absorber, la reddition de comptes, elle, se poursuit, dit-il. On a de plus en plus de rapports à produire, de plus en plus de suivi à faire au Ministère, auprès de la Vérificatrice générale, et tout ça avec de moins en moins de ressources. »

Mme Bélanger explique que le recensement effectué au milieu des années 2000 afin de déterminer le taux de financement du Cégep a créé un déséquilibre par rapport à la situation réelle de l’établissement.

« Le fait qu’aucun des gouvernements qui se sont succédé n’a réussi à faire bouger l’année de référence a eu des impacts sur nous et sur nos étudiants et pour la région de l’Estrie. Et ça, ce n’est pas acceptable. Que les entreprises, les employeurs, les organismes et a priori nos étudiants subissent les contrecoups de cette iniquité, ce n’est pas acceptable. C’est la raison pour laquelle on veut un rattrapage », réclame Mme Bélanger.

Le président du conseil d’administration du Cégep de Sherbrooke, Réal Desautels, et la directrice générale Marie-France Bélanger réclament une aide d’urgence de 800 000 $ du gouvernement du Québec.