La porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté Virginie Larivière s’est arrêtée à Sherbrooke jeudi afin de donner une formation aux membres d’organismes communautaires.

66 mois d’attente pour toucher un peu plus d’argent

Selon la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière, le plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 contient plusieurs problèmes et non-sens. Entre autres, les personnes inaptes au travail doivent bénéficier de l’aide sociale durant 66 mois avant de pouvoir avoir de l’argent supplémentaire sur leur chèque.

C’est pourquoi Mme Larivière est passée par Sherbrooke afin de donner une formation aux membres d’organismes communautaires.

« D’emblée, les personnes assistées sociales devraient avoir droit à la couverture des besoins de base, affirme Mme Larivière. Le gouvernement nous dit qu’ils vont donner les besoins de base aux personnes qui ont des contraintes sévères à l’emploi qui sont à la solidarité sociale depuis 66 mois. »

« On salue l’avancée, mais on questionne le délai de carence qui est exigé, poursuit-elle. Le plan de lutte comprend 43 mesures. Beaucoup de choses ne sont pas dites. En matière de pauvreté, le diable est dans les détails. Il y a beaucoup de petits caractères dans le bas des pages. Aujourd’hui, on s’informe et l’on met la loupe sur les petits caractères », assure Mme Larivière.

Dans les organismes

La directrice de l’organisme Promotion Handicap, Line Lecours, se pose des questions quant à ce plan. « La nouvelle loi est censée sortir les gens de la pauvreté. Il y a beaucoup de choses qui restent inconnues. On trouve que ce n’est pas un vrai plan de lutte à la pauvreté. Je suis venue chercher des outils supplémentaires pour m’équiper. On demande au gouvernement d’apporter des modifications », a-t-elle commenté avant la tenue de la formation.

Si un citoyen subit un accident, il devra bénéficier de l’assistance sociale durant cinq ans et demi avant de pouvoir avoir de l’argent supplémentaire sur son chèque. « Si tu as un accident demain matin et que tu n’es pas sur la CNESST ou sur la SAAQ, tu ne seras pas reconnu comme une personne handicapée même si tu n’as plus accès à tes membres, dénonce Mme Lecours. Tu devras attendre 66 mois pour être reconnu. C’est quelque chose qui ne se tient pas. »

« Le handicap va rester le même, continue-t-elle. Souvent, une personne à mobilité réduite va avoir des besoins spécifiques qui doivent parfois être payés de leur poche. »

La directrice de Promotion Handicap ne pense pas que le plan du gouvernement vise la bonne cible. « On a l’impression que ce plan vise à pénaliser les gens sur l’aide sociale afin qu’ils retournent à l’emploi. C’est plus une politique de retour à l’emploi que de sortir de la pauvreté », exprime-t-elle.

Par contre, avoir un plan est un pas dans la bonne direction. « C’est le fun d’avoir un plan, mais je crois qu’on devrait s’arrêter sur la cause qui mène à la pauvreté. J’ai toujours dit qu’on peut patcher avec des plasters. C’est facile, mais la plaie ne guérit pas », résume-t-elle.

Rappelons que le gouvernement du Québec avait annoncé en décembre dernier un investissement de 3 milliards de dollars pour s’attaquer à la pauvreté.