Le secteur de la restauration a maintenant sa signature régionale : Restaurants complices. Plusieurs acteurs se sont réunis lundi pour célébrer le lancement, soit Étienne Frémond, conseiller en développement bioalimentaire au Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie, le chef de la Maison Boire Vincent Bureau, Évelyne Massé, propriétaire d’Artisan 360, et Annie Langevin, directrice des communications et du marketing chez Tourisme Cantons-de-l’Est.

« Restaurants complices » des producteurs locaux

« Restaurants complices » : voilà la nouvelle appellation régionale de Créateurs de saveurs des Cantons-de-l’Est. Ce nouveau projet met à l’honneur le travail des restaurateurs qui s’engagent à mettre à l’honneur les produits locaux dans leurs menus. Pour être certifiés « restaurants complices », les restaurateurs doivent répondre à trois critères : utiliser les produits d’au moins dix entreprises certifiées Créateurs de saveurs; proposer une bière ou un vin de la région (si les restaurants possèdent un permis d’alcool) et identifier les produits Créateurs de saveurs dans leur menu.

Jusqu’à présent, 20 restaurateurs sont certifiés, ce qui représente un bon début aux yeux de l’organisme qui chapeaute la certification, le Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie (CIBLE). L’organisme compte plus de 160 producteurs et transformateurs parmi ses membres et a pour mission de les aider dans la commercialisation de leurs produits.

« Il y aura d’autres restaurateurs qui vont s’ajouter, c’est certain. Restaurants complices a été monté pour que tous les restaurants puissent s’y inscrire, des plus hauts de gamme aux plus cafés de quartier », souligne Ghislain Lefebvre, directeur général du CIBLE.

« Notre belle région, qui a beaucoup à offrir en termes de produits agroalimentaires, doit aussi utiliser la vitrine des restaurateurs pour mettre de l’avant ses très beaux produits », ajoute-t-il.

« Il n’y a pas de meilleurs ambassadeurs que les restaurateurs pour représenter nos produits régionaux. Les chefs rivalisent sans cesse de créativité pour nous surprendre avec de nouvelles saveurs ou réinventer des recettes traditionnelles. Ils contribuent grandement au dynamisme de notre région », soutient Annie Langevin, directrice des communications et du marketing chez Tourisme Cantons-de-l’Est.

Mettre en valeur des produits d’ici, voilà une mission que l’on s’est donnée à la Maison Boire de Granby dont le menu est composé presque exclusivement de produits créés dans une zone de 70 km.

« Chaque fois qu’on revisite notre menu, on regarde les produits locaux disponibles et on se demande ce qu’on peut mettre en valeur, ce qu’il y a de nouveau à faire découvrir aux gens. C’est une passion », soutient le chef Brian Proulx.

Les défis pour les restaurateurs sont quand même grands, notamment pour l’approvisionnement et la distribution. Les petits producteurs n’ont pas toujours la capacité de livrer leurs produits à la fréquence nécessaire aux restaurateurs.

« Le projet Restaurants complices va faciliter les liens entre les producteurs et les restaurateurs; les mettre en lien pour que les gens se parlent. Parce que c’est possible; il faut juste trouver comment faire. Il y a un enjeu de distribution, c’est un des enjeux qu’il faut réussir à surmonter, mais c’est possible », soutient Vincent Bureau, également chef à la Maison Boire.

Au Québec, la disponibilité des produits varie en fonction des saisons. L’hiver, il y a peu de serres qui offrent des produits d’horticulture. Tout est plus simple l’été. « Mais il y a des produits où c’est plus facile, qu’importe la saison, comme les fromages, les crèmes glacées, les vins et les bières », ajoute Ghislain Lefebvre.