Conférencier du midi, mardi, au Sommet économique Québec-New Hampshire, l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest se dit persuadé que les deux pays ont encore plus besoin un de l’autre.

« Pour que nos voisins deviennent nos partenaires d'affaires »

« La géographie a fait de nous des voisins. L’Histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires et la nécessité a fait de nous des alliés », avait dit John F. Kennedy en parlant de la frontière canado-américaine lors de sa deuxième visite au Canada en 1961. L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, qui était conférencier du midi, mardi, au Sommet économique Québec-New Hampshire, est persuadé que les deux pays ont, aujourd’hui, encore plus besoin un de l’autre, vantant dans son discours les impacts positifs des accords de libre-échange.

« Je souhaite mettre en valeur, auprès de nos voisins du New Hampshire, que le Canada devient une plaque tournante pour le commerce international parce que nous avons accès au marché européen avec l’Accord économique et commercial global et parce que nous avons accès au marché de l’Asie pacifique avec la signature de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste. Le Canada, plus que jamais, est un territoire à partir duquel on peur aller sur d’autres marchés. Pour nos voisins américains, c’est une occasion d’investir ici pour qu’ensuite, on aille ensemble sur les autres marchés », a souligné Jean Charest, rappelant du même souffle que le Canada est signataire de 15 ententes de libre-échange couvrant un total de 52 pays. 

L’événement, organisé par la Chambre de commerce et industrie de Sherbrooke et Sherbrooke Innopole en collaboration avec le New Hampshire Canadian Trade Council, se tenait à l’hôtel Delta et réunissait plus de 120 participants dont le secrétaire d’État du New Hampshire Bill Gardner, le sénateur Lou D’Allesandro, la sénatrice Donna Soucy, l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick David Alward et la déléguée du Québec à Boston Marie-Claude Francoeur. Dans le stationnement, on pouvait voir des plaques d’immatriculation de plusieurs États et provinces.  

Selon les données de l’Office of the United States Trade Representative datant de 2017, le Canada est le plus important partenaire du New Hampshire. L’État américain enregistre alors des exportations au Canada de 577 M$, ce qui représente 11 pour cent de ses exportations totales. Du côté du Québec, la province exporte au New Hampshire pour un total de 690 M$ pour la même année.

« Ces données démontrent, par ailleurs, que le New Hampshire pourrait et devrait augmenter ses exportations au Québec pour équilibrer nos échanges », note le président de la Chambre de commerce de Sherbrooke, Réjean Caouette.

Passé commun

Benoit Lamontage, qui travaille au gouvernement du New Hampshire en développement économique, était présent, espérant une collaboration croissante entre les entreprises du Québec et du New Hampshire, deux territoires qui ont un passé commun.

« Les entreprises du Québec connaissent très bien le Vermont, le Maine et New York, mais peut-être moins le New Hampshire et on est ici pour que ça change. Beaucoup de Québécois ont déménagé, dans les années 1930 à 1960, au New Hampshire pour se trouver un emploi et ces derniers peuvent nous aider à créer des liens », souligne celui qui est originaire de Granby.

Dans son discours, M. Charest a aussi parlé, en anglais pour la compréhension des invités américains, de la nouvelle classe moyenne mondiale (principalement asiatique) qui est, selon McKinsey & Company, la plus importante opportunité de croissance dans l’histoire du capitalisme.

« Si les États-Unis étaient capables de s’entendre avec le Canada et l’Europe, les relations avec la Chine pourraient être plus balancées », a-t-il souligné, ajoutant sur une note optimiste que le monde ne s’est jamais aussi bien porté.

« Les données démontrent que depuis 1820, la pauvreté dans le monde est en déclin important. Depuis 1990, plus d’un million d’enfants ont été sauvés grâce à la vaccination. Aussi, 350 000 nouvelles personnes ont accès à l’électricité chaque jour et 300 000 nouvelles personnes ont accès à de l’eau potable. Ça ne signifie pas qu’il ne reste rien à faire pour améliorer le monde. Ça signifie que nous progressons et que nous avons raison de continuer à agir pour que le monde s’améliore », conclut l’ancien premier ministre du Québec. 

Plusieurs conférences et panels de discussions ont eu lieu au cours de la journée.