Affaires

Des emplois ouverts à la diversité

Originaire du Maghreb, Monia Soulami ne compte plus le nombre de curriculum vitae qu’elle a dû envoyer et les appels qu’elle a dû faire pour se trouver un emploi depuis son arrivée à Sherbrooke, en décembre 2015.

Technicienne en laboratoire de formation, la jeune femme âgée de 29 ans avait bon espoir de se trouver enfin un emploi dans son champ de compétences lorsqu’elle s’est présentée au Centre Julien-Ducharme, vendredi midi, où se tient jusqu’à samedi après-midi la 3e édition de la Foire diversité emploi et entrepreneuriat, organisée par Actions interculturelles.

« Depuis que je suis arrivée au Québec, j’ai fait plusieurs boulots, mais je n’ai jamais pu me placer les pieds dans mon champ de compétences, dit-elle. J’espère qu’en venant ici je vais pouvoir trouver quelque chose qui me ressemble, ou à tout le moins qui fait appel à mes compétences », souhaitait la jeune femme au moment d’amorcer sa tournée parmi les 47 kiosques disséminés à l’intérieur de l’aréna de Fleurimont.

L’espoir de se trouver un emploi à la mesure de ses compétences se lisait aussi sur le visage de Joël Tuakiula, originaire de la République démocratique du Congo et détenteur d’un doctorat en sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. « Je suis ici parce que mon contrat de recherche postdoctoral, qui devait durer deux ans, a pris fin abruptement après seulement 10 mois », explique-t-il. Or, ce qu’on cherche ici, ce sont surtout des techniciens en laboratoire… »

Des emplois plus nombreux

Hormis quelques secteurs de pointe, Mohamed Soulami, directeur général d’Actions interculturelles, souligne que les emplois disponibles pour les immigrants sont plus nombreux que l’on croit dans la région. À preuve, la Foire offre plus de 800 emplois cette année, alors que le nombre de kiosques est passé de 31 à 47. « Et on a dû refuser des demandes de kiosques », a-t-il indiqué.

M. Soulami indique en outre qu’une forte proportion des emplois offerts dans le cadre de cette foire n’exige aucun diplôme ou ne serait-ce qu’un diplôme d’études secondaires (DES).

C’est le cas de Wiptec, spécialisée dans les solutions logistiques, qui cherche à pourvoir 42 postes à ses installations du parc industriel de Sherbrooke.  

Même constat du côté de la Société de développement économique du Granit, qui cherche à pourvoir une cinquantaine de postes répartis à Lac-Mégantic, Lac-Drolet, Milan et Lambton, dont une majorité n’exige aucun diplôme à l’entrée.

Sur place, les chercheurs d’emploi peuvent également obtenir divers services de soutien, allant de l’analyse de leur c.v. à l’évaluation de leurs compétences en lien avec les emplois offerts sur place.

La 3e édition de la Foire diversité emploi et entrepreneuriat ouvre ses portes à 10 heures ce samedi jusqu’à 15 heures, au Centre Julien-Ducharme.

Affaires

Innotex acquiert Confection Aventure de Warwick

L’entreprise Innotex, qui se spécialise dans la création et la production d’habits de protections pour les pompiers, se porte acquéreur de Confections Aventure de Warwick. Les 55 employés se joignent aux 180 d’Innotex afin de poursuivre la croissance de la compagnie à l’échelle mondiale.

« Cette acquisition nous permettra d’augmenter notre production et servira de soupape pour pallier de futurs excès de commande », explique Louis Carpentier, président d’Innotex. « Nos usines de Richmond et d’Ohatchee en Alabama roulent déjà au maximum de leur capacité. Celle de Warwick nous aidera à augmenter notre production ».

C’est qu’avec d’importants contrats conclus avec des services incendies de Mexico, il fallait suffire à la demande. « À lui seul, le mandat pour Mexico totalise 1,5 million de dollars et nécessitera la production de 1000 habits et autant de gants et de cagoules », mentionne le président. Il précise que ces commandes s’ajoutent à celles reçues plus tôt cette année du Koweït et du Panama pour respectivement 600 et 1000 habits et totalisent 3 M$.

En plus des nouveaux contrats, un produit vedette a fait son entrée dans la gamme d’Innotex.

Introduit en avril dernier, le processus d’interfaces protectrices Innotex Gray assure la perméabilité à l’air en bloquant plus de 99,9 % des particules cancérigènes libérées lors d’incendie.

« Cette solution pratique répond à des préoccupations grandissantes concernant l’augmentation du nombre de cancers chez les pompiers. Des particules aussi petites que 0,1 à 1 micromètre peuvent être bloquées », explique le président de l’entreprise estrienne.

Tout en demeurant discret sur le montant de la transaction avec Confections Aventure, Louis Carpentier affirme que les deux entreprises québécoises étaient en affaires depuis quelque temps. « Confection Aventure était un de nos sous-traitants depuis un an. Nous partageons des valeurs similaires et les propriétaires étaient mûrs pour vendre. Tous les emplois à Warwick seront conservés dans cette municipalité ».

« Cette acquisition est une très bonne nouvelle pour Innotex, une compagnie estrienne qui continue de consolider sa production ici tout en continuant sa croissance dans une soixantaine de pays à travers le monde dont en Amérique latine et au Moyen-Orient. Nous en sommes très fiers », affirme le président d’Innotex.

Depuis deux ans, l’entreprise connaît une croissance annuelle de 25 %. « Une telle progression se traduit par des enjeux d’emploi. L’entreprise est d’ailleurs toujours en recrutement de main-d’œuvre, notamment pour des postes de couturière », précise Louis Carpentier.

Affaires

Lac-Mégantic : Le Colibri pourrait prendre son envol en 2018

En gestation depuis quatre ans, le projet franco-québécois Le Colibri est toujours bien vivant à Lac-Mégantic, même si rien n’est encore visible sur le site convoité de l’ancienne capitainerie de la marina du centre-ville où le bâtiment écoénergétique doit être érigé.

L’équipe du Colibri caresse l’ambitieux projet de devenir « le centre d’expertise de la transition énergétique en milieu rural », dans ce centre-ville en reconstruction qui joue la carte du développement durable.

« Nous avons contribué à semer la petite graine pour soutenir l’élan de la Ville de Lac-Mégantic dans la voie de la transition énergétique. Nous en sommes fiers », explique d’entrée de jeu Thierry Roche, architecte-urbaniste à Lyon et initiateur du Colibri.

Le projet est né, rappelons-le, d’un élan de solidarité de la région française d’Auvergne-Rhône-Alpes et du Pôle d’innovations constructives, qui partageait déjà avec Lac-Mégantic et l’ex-mairesse Colette Roy Laroche une relation d’affaires et d’amitié vieille de plus de dix ans.

M. Roche et toute une délégation française était de passage à Lac-Mégantic, mercredi après-midi, pour faire le point sur le projet dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier, un rassemblement annuel de chercheurs, d’entrepreneurs et d’acteurs économiques du Québec et de la région d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui s’est aussi longuement arrêté à Montréal, à Québec et à l’Université de Sherbrooke depuis lundi.

L’homme est fier de ce qu’il a vu à Lac-Mégantic et confiant qu’on arrive enfin à une mise en chantier du Colibri en 2018. En même temps, il tempère les attentes de ceux qui auraient pu remettre le projet en question depuis sa présentation officielle dans les médias en décembre 2014.

« Je suis autant dans l’attente de ce projet que les Méganticois et j’aurais aimé que ça aille plus vite, mais il faut être dans la réalité, met en perspective M. Roche. C’est important pour un bâtiment aussi emblématique de savoir pourquoi on le fait et d’être ajusté aux besoins et à ce que veut la population. Il y a des moments où il faut prendre le temps qu’il faut pour bien faire les choses. »

Du projet initialement esquissé en octobre 2013, on a raffiné la fonction et la forme. On parle aujourd’hui d’un lieu de démonstration de technologies durables et environnementales, doublé d’un restaurant, d’une terrasse et des services de capitainerie comme une billetterie et des toilettes.

Il s’adressera aux Méganticois pour participer à des activités communautaires et des conférences, aux touristes comme point de départ pour comprendre la ville et la consommation écoresponsable et aux professionnels de l’énergie et des municipalités pour partager des expertises.

On a amoindri le volet centre d’interprétation de l’histoire récente de la ville pour plutôt se projeter vers le futur. « On ne souhaite pas être le reflet d’une tragédie mais plutôt incarner une identité nouvelle, celle de Lac-Mégantic qui s’ouvre vers le monde et vers l’avenir », explique M. Roche.

On vise toujours un bâtiment net zéro, c’est-à-dire qu’il produit autant d’énergie qu’il en consomme, mais on convient qu’avec le climat québécois, le défi est ambitieux.

Quatre ans plus tard, le plan d’affaires et l’étude de faisabilité technique sont complétés et l’équipe doit maintenant attacher le financement du projet dont le budget a été revu à la baisse à environ 3 millions $, précise Jean-Marc Gagnon, président de l’OBNL Le Colibri.

« On a de bons échos à nos demandes mais on doit maintenant obtenir des engagements officiels », précise-t-il, en visant des partenaires privés, des fournisseurs d’équipements et de matériaux, des fondations privées et des fonds provinciaux et fédéraux.

Si tout va comme prévu, la mise en chantier du Colibri pourrait se faire après le dégel en 2018.

Sherbrooke offre une aide de 350 000 $ à Kruger

La Ville de Sherbrooke accorde une aide financière équivalant à 350 000 $ à Kruger. Il s’agit d’une aide de la même valeur que les droits de mutation (souvent appelés taxe bienvenue) que devra payer l’entreprise à la suite du changement de vocation de son usine de Brompton.

Au conseil municipal le mois dernier, les élus ont entériné cette mesure exceptionnelle demandée par l’entreprise, qui maintiendra ses 248 emplois en se concentrant sur la production de produits de papier spécialisé. Un investissement de 55 M$ est prévu dans les équipements.

Ce sont les nouvelles activités, à Sherbrooke et à Trois-Rivières, qui entraînent la création d’une nouvelle entité légale regroupant les actifs des deux usines. Le mouvement dans la structure organisationnelle entraîne l’imposition de droits de mutation de l’ordre de 325 000 à 360 000 $.

Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C. a donc transmis à la Ville une demande d’aide financière du même ordre que les droits de mutation en faisant valoir qu’ils pourraient avoir un impact négatif sur la faisabilité du projet. Un pouvoir spécial prévu à la Loi sur les compétences municipales permet à la Ville d’accorder une aide à une entreprise du secteur privé sans excéder 250 000 $ par année.

Selon le sommaire décisionnel de la Ville, Sherbrooke n’a jamais utilisé ce pouvoir puisqu’elle subventionne déjà les entreprises de son territoire à travers divers programmes, dont le programme de crédit de taxes. Celui-ci ne peut toutefois être envisagé avec Kruger et les besoins de l’entreprise ne cadrent avec aucun autre programme. La Ville versera donc 250 000 $ en 2017 et 100 000 $ en 2018.

Affaires

Airbus aux commandes du CSeries

Deux ans après des discussions qui ont avorté, le géant européen Airbus s’installe dans le siège du pilote du CSeries de Bombardier (TSX : BBD.B) en devenant l’actionnaire majoritaire de ce programme.

Les deux avionneurs ont annoncé une entente de principe, lundi soir, quelques jours après que les États-Unis eurent imposé des tarifs punitifs préliminaires d’environ 300 % sur les avions CSeries à la suite d’une plainte de Boeing — le rival d’Airbus.

«Nous avions essayé il y a deux ans mais les conditions n’étaient pas favorables», a expliqué le chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, en conférence de presse. «Depuis, l’appareil a été certifié et est entré en service. Nous avons pu attirer Airbus.»

Ce partenariat permettra de sécuriser l’accès au marché américain, a-t-il ajouté, rejetant toutes les suggestions voulant que ce soit la démarche de Boeing qui ait motivé les discussions, qui ont débuté en août.

Si le siège social de la société en commandite CSeries demeurera au Québec et que l’assemblage final continuera à se faire à Mirabel, une deuxième ligne d’assemblage pour cet avion de 100 à 150 places sera implantée en Alabama.

De cette façon, les appareils assemblés au sud de la frontière seront exemptés des mesures punitives préliminaires décrétées récemment par Washington.

«La plainte de Boeing fermait l’accès au marché américain et fragilisait le programme, a dit la ministre de l’Économie, Dominique Anglade. Cela créait de l’incertitude chez certains clients.»

Pour M. Bellemare, l’arrivée d’Airbus permettra de donner un élan aux ventes des avions CSeries — qui se font attendre — en plus de réduire les coûts de production, ce qui devrait permettre de doubler la valeur du programme, à au moins 4 milliards $US (4,94 milliards $).

Depuis l’Europe, le chef de la direction de l’entreprise européenne, Tom Enders, a estimé que le partenariat était «gagnant» pour tous.

«Cela permettra d’accélérer ce succès commercial qui permettra à ce programme de se positionner et réaliser son plein potentiel», a-t-il expliqué, au cours d’une conférence téléphonique.

Interrogé sur les motivations d’Airbus, M. Enders a rappelé que l’avionneur européen n’avait pas vendu de A319 — un appareil de la taille du CSeries — depuis plusieurs années.

Une fois que la transaction aura été conclue, le Québec deviendra le plus grand pôle de développement d’Airbus à l’extérieur de l’Europe.

Boeing (NYSE : BA) n’a pas tardé à réagir, affirmant qu’il s’agissait d’une transaction entre deux joueurs largement subventionnés qui soulève plusieurs questions.

«Nous continuons de croire que tout le monde devrait jouer selon les règles en place en matière de commerce», a fait savoir la multinationale, par voie de communiqué.

Actionnaire majoritaire

En vertu du partenariat, Airbus détiendra 50,1 % de la société en commandite CSeries. La part de Bombardier passera à 31 %. Celle du gouvernement québécois — qui a injecté 1 milliard $US pour obtenir 49,5 % en 2015 — passera à seulement 19 %.

Malgré tout, Mme Anglade a martelé que la valeur de l’investissement de l’État québécois demeurait le même.

«C’est une plus petite portion d’une plus grande tarte, a ajouté M. Bellemare. La valeur de l’entité vient de grandir grâce à Airbus et le risque diminue de façon significative.»

Airbus s’est par ailleurs engagée à prolonger de cinq ans, soit jusqu’en 2041, «l’entente de continuité» permettant de maintenir les 2000 emplois liés à la fabrication des CSeries aux installations de Mirabel, dans les Laurentides.

Le géant européen pourrait finir par se retrouver seul aux commandes de CSeries, puisqu’il a l’option de racheter la participation de Bombardier dans sept ans et demi et celle du gouvernement québécois en 2023.

Peu importe ce qu’il adviendra des modifications à la structure de l’actionnariat, Québec devra donner son aval à tout changement apporté à l’entente de continuité, a assuré Mme Anglade.

D’après Chris Murray, d’Altacorp Capital, les grands perdants de ce partenariat sont Boeing et Embraer. «Cette annonce fait en sorte que le programme CSeries est beaucoup plus fort et plus concurrentiel que ce qui serait offert par Boeing», a-t-il expliqué, au cours d’un entretien téléphonique.

Vu d’un bon œil à Ottawa

À Ottawa, le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, à qui incombera d’évaluer la transaction, a d’ores et déjà signalé qu’il voyait celle-ci d’un bon œil. Le projet de partenariat permettra à l’avion CSeries d’avoir du succès à long terme en élargissant son accès au marché, a-t-il plaidé.

Lorsqu’on lui a demandé quelles conséquences une telle alliance pourrait avoir sur les relations commerciales déjà tendues avec les États-Unis, le ministre a soutenu qu’il fallait «regarder les occasions sur le marché mondial» et pas seulement dans «un pays en particulier».

Même si la pilule pourrait être difficile à avaler pour certains travailleurs de Bombardier, l’Association internationale des machinistes a exprimé un sentiment d’optimisme à l’égard du partenariat.

«Ça me réconforte [...] d’entendre les engagements des gens d’Airbus qui disent vouloir continuer à fabriquer cet avion ici», a expliqué leur coordonnateur québécois, David Chartrand.

Le syndicat Unifor s’est montré plus inquiet, soulignant, par voie de communiqué, qu’une importante partie de l’industrie aéronautique québécoise passait sous contrôle étranger.

Actualités

Taxis Sherbrooke largue ses répartiteurs

Le centre de répartition des appels de Taxis Sherbrooke a fermé ses portes dimanche soir. La dizaine de répartiteurs n’a eu aucun préavis : aussitôt ils ont été avisés, aussitôt les appels ont été dirigés vers une centrale d’appels d’Ottawa.

« Les employés ont été avisés par téléphone dimanche après-midi de venir chercher leurs effets personnels parce qu’ils n’avaient plus de job. En 33 ans de travail dans le monde syndical, je n’ai jamais rien vu d’aussi cavalier que ça », se désole le conseiller syndical Denis Vigneault de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Réunis en assemblée syndicale spéciale lundi soir, les répartiteurs espèrent une rencontre avec leur employeur, qui devrait se tenir jeudi, pour mieux comprendre les raisons qui ont poussé l’entreprise à faire ce choix de les congédier.

Bernard Cournoyer, coordonnateur à la CSD, était outré devant pareille situation lundi. En plus de 20 ans de travail dans l’univers syndical, lui non plus n’avait jamais vu un employeur agir de la sorte.

« Il n’y a pas de mot dans le dictionnaire pour décrire ce qui se passe. Je n’ai jamais vu un employeur traiter ses employés comme ça! Jamais! Il les traite comme des déchets, comme des moins que rien. Si j’étais chauffeur de taxi ce matin, j’aurais honte, et si je prenais le taxi, je ne donnerais pas de pourboire aux chauffeurs propriétaires! », s’est exclamé le représentant syndical.

Les répartiteurs licenciés se sont réunis devant les locaux de Taxis Sherbrooke, lundi midi, pour aller récupérer leurs effets personnels. Après s’être d’abord fait refuser l’accès aux locaux, ils ont finalement pu rentrer un à un pour aller chercher leurs affaires. Un des cadres de l’entreprise a ensuite accepté de discuter avec chacun d’entre eux lors de ce passage dans les locaux, mais il a refusé de s’adresser aux médias ou à l’ensemble du groupe.

Pourquoi l’employeur a-t-il annoncé la fermeture de son centre d’appels de façon si soudaine? « On m’a dit que c’était pour que les employés ne quittent pas avant la fermeture du centre d’appels », a expliqué une des employées qui avait réussi à rencontrer un cadre en allant chercher ses affaires.

La rumeur courait depuis mercredi dernier que la centrale de répartition pourrait être transférée en sous-traitance.

Rappelons que l’entreprise Taxis de Sherbrooke appartient à 84 actionnaires, qui sont tous détenteurs d’un permis de propriétaire de taxi. Une forte majorité des actionnaires, réunis en assemblée mercredi soir dernier, avaient voté en faveur du déménagement de leur centrale d’appel vers l’Ontario.

Les raisons seraient d’ordre économique parce que le nombre de véhicules taxi à Sherbrooke serait trop peu élevé pour maintenir en place une équipe de répartiteurs en tout temps. Les chauffeurs de taxi interrogés par La Tribune ont toutefois refusé d’émettre des commentaires, tout comme la direction de Taxis de Sherbrooke.

AFFAIRES

Dixville innove avec un dépanneur intelligent

La municipalité de Dixville a présenté son concept de dépanneur intelligent aux citoyens du village, dimanche midi. Il s’agit d’une coopérative innovatrice qui permet aux gens d’aller chercher ce dont ils ont besoin dans un local où il n’y a pas d’employé.

Les membres de la coopérative doivent payer 100 $ pour avoir accès au dépanneur. En payant ce montant, ils sont membres à vie et peuvent accéder à la coopérative 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Les membres se font ensuite remettre une petite clé électronique qui sert à déverrouiller les portes du commerce lorsqu’ils ont des courses à faire. Dans la clé, les informations bancaires du consommateur seront identifiées.

Après leurs emplettes, les consommateurs déposent leur clé électronique sur un petit plateau et poinçonnent leurs achats sur un écran tactile. Le montant est alors directement prélevé de la carte de crédit du client. Une facture est envoyée par messagerie électronique au détenteur du compte.

Présentement, 180 articles sont disponibles sur les tablettes du dépanneur. Des boissons alcoolisées et des produits du tabac pourraient être ajoutés dans les prochaines semaines. Dimanche, la coopérative comptait déjà 130 membres.

Ginette Tremblay habite Dixville depuis 56 ans. Celle-ci a vu passer plusieurs commerces qui ont fermé leurs portes. La dame est très contente de retrouver un dépanneur au sein de sa municipalité. « J’ai vu passer plusieurs commerces en 56 ans. Ça met de la vie dans le village. De plus, les employés du moulin à scie peuvent venir manger ici. On va s’habituer à la nouvelle technologie », indique Mme Tremblay, ravie.

Un concept innovateur

Ce dépanneur intelligent constitue une première au Québec. Le président de Solutions Wiz Buisness, Éric Lefebvre, est fier du résultat du projet. Il aimerait que ce concept s’étende dans la province.

« On partait de zéro, affirme M. Lefebvre. On est soulagés et satisfaits. On espère que le concept fasse ses petits. Beaucoup de villages au Québec sont dans la même situation que Dixville, c’est-à-dire d’être capable d’avoir un commerce, malgré la difficulté à payer des employés. C’est là que la technologie vient à l’aide. »

De son côté, le maire sortant de Dixville, Martin Saindon, qui passera le flambeau à sa successeure dès lundi, voit le dépanneur comme un beau legs. « C’est le fun de quitter avec un projet concret. Je pense que la population de la municipalité est ouverte et innovante. C’est comme si c’était dans la génétique de Dixville! » se réjouit-il.

Le président du conseil d’administration de la coopérative, Serge Desjarlais, est également fier de pouvoir offrir ce service aux citoyens. Des modifications pourraient être apportées à moyen terme, afin de satisfaire les clients. « C’est une technologie du futur. Il n’y aura pas de personnel ni de papier. Dans les prochaines semaines, des villageois seront des testeurs et nous feront part des irritants », explique-t-il.

Outre le dépanneur, la coopérative abrite également un restaurant d’une trentaine de places ainsi qu’un gîte. Les non-membres, eux, pourront acheter les produits du dépanneur dans les heures d’ouverture du restaurant.

Actualités

Pénurie de bouchers en Estrie

Comme partout ailleurs au Québec, l’Estrie est aux prises avec une pénurie de bouchers. Et ce, au moment où la demande pour les produits de boucherie et de charcuterie n’a jamais été aussi florissante. Une situation qui inquiète non seulement les propriétaires de boucherie, mais aussi les écoles de formation, qui peinent à recruter un nombre suffisant d’élèves pouvant répondre aux nombreuses offres d’emplois.

«Partout au Québec, il y a un retour des boucheries, constate Patrick Cloutier, copropriétaire des boucheries du Terroir, qui possède un établissement au Marché de la gare et un autre à Chambly.  Il y a de plus en plus de boucheries un peu partout, les gens aiment de plus en plus acheter des viandes de qualité, bien apprêtées, mais la main-d’œuvre n’est pas au rendez-vous. C’est un gros problème. Pas seulement ici, à la grandeur du Québec», constate M. Cloutier.

Déjà propriétaire de deux établissements, M. Cloutier et son associé s’apprêtent malgré tout à ouvrir une troisième boucherie sur le boulevard Industriel, dans le secteur St-Élie.  Or, à quelques semaines de l’ouverture, les deux associés sont toujours en mode recherche. «On met des annonces partout, mais on n’a pas encore trouvé», avoue M. Cloutier.

Peu d’inscriptions

Au Pavillon du Vieux-Sherbrooke, situé sur la rue Wellington Nord, devant l’hôtel de ville, le cours de boucherie compte présentement 13 élèves. Un nombre deux fois moins élevé que la moyenne des 10 dernières années, explique le directeur adjoint de l’établissement, Jean Turgeon.

«Et je peux vous dire qu’on a travaillé extrêmement fort pour réussir à faire un groupe de 13. Habituellement, le cours se donne avec 22 ou 23 élèves. Mais comme on ne voulait pas perdre le cours, faute d’inscriptions, on a redoublé d’efforts pour aller en chercher le maximum», explique M. Turgeon.

Le Centre 24-Juin décerne un diplôme de boucher au terme d’une formation de 900 heures, répartie sur 37 semaines. Le cours se termine par un stage en entreprise d’une durée de trois semaines. «Plus souvent qu’autrement, nos élèves sont embauchés avant même de commencer leur stage, sinon à la fin. Le taux de placement est de 100 pourcent.»

La pénurie est telle, non seulement en Estrie, mais aussi à l’échelle du Québec, que le ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation (MAPAQ) a mis en place un kiosque consacré uniquement  à la formation du secteur bioalimentaire lors du dernier Salon national de l’alimentation qui s’est tenu à Montréal. Selon le MAPAQ, un emploi sur huit au Québec se trouve dans le secteur bioalimentaire.

Métier valorisant

Selon Patrick Cloutier, de la Boucherie du Terroir, la pénurie de main-d’œuvre n’est pas unique au secteur de la boucherie. Selon lui, il s’agit d’un phénomène qui touche l’ensemble des métiers manuels.

«Aujourd’hui, les parents veulent que leurs enfants aillent à l’université.  Devenir boucher,  ce n’est pas très valorisé. Pourtant, c’est tellement un beau métier.  C’est vrai que c’est un métier dur et exigeant physiquement. Mais c’est aussi un métier tellement valorisant. Quand vous préparez une pièce de viande pour un client et que ce client-là revient vous dire à quel point il a aimé ça, c’est très valorisant. Tu te couches le soir et t’es content de ta journée de travail…»

Affaires

La Chambre de commerce de Sherbrooke en mission économique au New Hampshire

La Chambre de commerce de Sherbrooke organise une délégation d’une journée pour participer à un Forum économique sur les opportunités d’affaires au New Hampshire, à la fin d’octobre.

À la suite de deux rencontres de travail fort conviviales avec des délégués économiques de cet état voisin de la région, explique le président de la Chambre, Claude Denis, il a été convenu d’organiser un transport commun pour les entrepreneurs de Sherbrooke  désireux d’en apprendre davantage sur les secteurs d’activités qui présentent des opportunités d’affaires là-bas.

Cette démarche s’inscrit également dans la foulée du programme COREX, une initiative de la Fédération des Chambres de commerce du Québec visant à soutenir les entrepreneurs québécois dans leur développement de marché dans le nord-est américain, précise-t-on dans un communiqué.

L’État du New Hampshire, classé parmi les états les moins populeux des États-Unis, vise à devenir l’un des principaux partenaires commerciaux du Québec aux États-Unis, fait valoir la CdeC. La valeur du commerce des biens entre le Québec et le New Hampshire s’élevait à plus de 680 millions l’an passé, selon Québec International, cite-t-elle.

L’absence de taxe de vente, d’impôt sur le revenu et d’impôt sur les gains en capital contribuent à cet environnement fiscal attrayant pour les entreprises d’ici, ajoute M. Denis, en précisant que les deux régions partagent des secteurs industriels semblables, notamment dans les cinq filières-clés ciblées par Sherbrooke Innopole.

« Il va s’en dire qu’à l’ordre du jour, on va discuter de l’ALÉNA, cet accord qui a joué un rôle déterminant dans la définition politique commerciale entre nos deux nations et dans l’impact du développement économique pour le New Hampshire », termine Claude Denis.

Le départ est prévu à 7 h le 27 octobre au Carrefour de l’Estrie, pour un retour vers 17 h. Inscription : 819-822-6151 ou info@ccsherbrooke.ca

Affaires

Un nouvel honneur pour Jocelyna Dubuc

Un nouvel honneur sera accordé à Jocelyna Dubuc, présidente-directrice générale du Spa Eastman. Lors du gala Prix femmes d’affaires du Québec en novembre prochain, cette pionnière de l’industrie des spa au Québec se verra en effet remettre le prestigieux prix Réalisations Les Affaires.

Le prix Réalisations a été créé il y a 17 ans. Il existe pour récompenser les « femmes qui se démarquent par leur carrière exceptionnelle, leur influence ici et à l’international, leurs réalisations remarquables et leur engagement solidaire. »

Par voie de communiqué, le Réseau des femmes d’affaires du Québec a rappelé le parcours hors de l’ordinaire de Jocelyna Dubuc, qui à l’origine travaillait en tant qu’enseignante. L’organisme reconnaît plusieurs forces à la femme d’affaires : capacité d’anticipation, générosité et audace.

« Quel beau cadeau de la vie! Ce que je sens avec cette nouvelle récompense, c’est que mes valeurs rentrent tranquillement dans les couches de la société. Les gens découvrent l’art de vivre, et j’inclus les gens d’affaires là-dedans. C’est aussi une reconnaissance de ce qu’apporte le Spa Eastman », affirme Mme Dubuc.

La fondatrice du Spa Eastman a déjà vu son implication dans l’industrie touristique être saluée, mais elle croit que le prix Réalisation embrasse plus large encore. « C’est tout ce qu’on est comme entreprise qui est reconnu », juge-t-elle.

Jocelyna Dubuc confie vouloir « donner aux humains et rendre leur vie plus agréable ». Elle insiste sur l’importance de bien s’alimenter et de faire des choix de vie éclairés pour améliorer sa santé et son bien-être. « Des petits gestes au quotidien peuvent changer bien des choses. »

Rappelons que Mme Dubuc a notamment été intronisée au Temple de la renommée du tourisme du Canada en 2006. Son entreprise a par surcroît récolté de multiples honneurs sur la scène internationale ces dernières années.

Un petit bistro

Plus tard cette année, un petit bistro sera aménagé au Spa Eastman, ceci pour permettre à la clientèle d’avoir accès à des repas moins copieux et plus abordables, comparativement à ceux servis à la salle à manger de l’établissement.

« Par la même occasion, on va commencer à vendre des plats de notre cuisine tonique, révèle Jocelyna Dubuc. Il n’est pas question d’une commercialisation à grande échelle pour le moment, mais on pense que ça plaira à beaucoup de monde. »

En terminant, il est possible de mentionner que le Spa Eastman rend désormais disponibles des cartes de membre permettant de profiter de ses installations.