Michael Page, maire de North Hatley.

Zones inondables : Page espère obtenir vite des précisions

Les règles temporaires édictées par Québec en ce qui concerne la construction en zone inondable n’inquiètent pas Michael Page, maire de North Hatley. N’empêche, celui-ci espère que le gouvernement présentera rapidement son plan relativement à la construction de maisons sur des terres occasionnellement inondées.

« On peut encore construire dans les zones inondables aux 20 à 100 ans malgré les nouvelles règles. C’est une bonne nouvelle pour nous. Mais une chose que j’espère vraiment, c’est que le gouvernement respectera les délais annoncés », déclare M. Page.

L’impatience du maire s’explique fort bien puisque son village souhaite la réalisation d’un important projet immobilier en zone à risque d’inondation depuis des années. Qui plus est, North Hatley paraissait sur le point d’obtenir le feu vert pour son projet quand Québec a décrété un premier moratoire de 18 mois en 2017, ce qui a forcé les élus locaux à mettre à nouveau leurs plans de côté.

Rappelons que la municipalité était prête à l’érection de quelque 200 unités d’habitations sur des terrains situés au cœur du village en secteur inondable. Elle a notamment élaboré un plan de gestion des eaux afin que tout le secteur concerné puisse accueillir de nouvelles constructions. Mais ce plan n’a jamais été avalisé par Québec.

Normalement, le gouvernement provincial déposera son plan définitif pour les zones inondables avant la fin de l’année. L’approche de Québec orientera vraisemblablement les décisions des élus de North Hatley dans ce dossier.

« Je ne sais pas quelles sont les intentions du promoteur Richard Laliberté à l’heure actuelle. Mais, de notre côté au conseil municipal, on va reparler du dossier en août ou septembre pour voir ce qu’on fait avec le développement du centre du village », confie Michael Page.
Un faible impact

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers laisse pour sa part entendre que les règles temporaires imposées par le gouvernement de François Legault auront un impact limité dans sa région.

« Quand on regarde ça, l’impact des nouvelles règles ne sera pas si grand. Nous, à la MRC de Memphrémagog, on a déjà bien cartographié nos zones inondables, ce qui nous place dans une bonne position. Et, en plus, le moratoire s’applique pour les zones 0 - 20 ans, où ce n’était pas possible de construire même avant », note M. Demers.

Dans la foulée, le préfet de la MRC de Memphrémagog salue la flexibilité que paraît vouloir démontrer Québec. « Avec l’exemple de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et de sa digue, on voit que le gouvernement ne fait pas du mur-à-mur. Des solutions existent dans certains cas. Je crois que ça aidera tout le monde s’il en tient compte », déclare-t-il.

Par ailleurs, Jacques Demers se permet d’émettre un bref commentaire relativement à des propos tenus par Robert Benoit jeudi lors de la consultation sur les zones inondables à Sherbrooke. Ce dernier a affirmé qu’il ne fallait pas laisser les municipalités cartographier les secteurs parfois inondés parce qu’elles risqueraient d’être laxistes en réalisant leur carte.

« Je trouve ça triste quand on remet en question l’intégrité des élus. Lorsqu’on fait des cartes, on engage des firmes indépendantes. C’est important de le savoir. On peut lancer beaucoup de suppositions par rapport à notre travail, mais où on s’en va après ça? »