Pierre Avard

Well Inc: la Ville tiendra un registre

Les citoyens s’opposant à un emprunt de 26 M$ pour le projet Well inc. pourront faire entendre leur voix lors de la séance de signature d’un registre qui se tiendra du 8 au 12 janvier à l’hôtel de ville. Un total de 8 702 signatures sont nécessaires pour provoquer la tenue d’un référendum.

Rappelons que les élus municipaux ont entériné des dépenses en immobilisations et un emprunt de 26 M$ lors d’une séance extraordinaire tenue le 21 décembre. De cette somme, 20 M$ serviraient à la reconstruction d’un stationnement municipal, 4 M$ seraient consacrés à l’aménagement d’une place publique et 1 M$ serait réservé à la traverse ferroviaire reliant les rues du Dépôt et des Grandes-Fourches. Les conseillers Pierre Avard et Pierre Tremblay avaient inscrit leur dissidence.

Le maire Steve Lussier avait quant à lui précisé qu’il ne s’agissait pas d’un engagement à réaliser le projet Well inc. et qu’il faudrait d’abord en arriver à une entente avec le consortium qui planche sur le concept du Quartier général.

Le registre sera ouvert de 9 h à 19 h au bureau de la greffière, au 191, rue du Palais. Le résultat de la procédure d’enregistrement sera annoncé le 12 janvier à 19 h au même endroit.

MM. Avard et Tremblay ont tous les deux l’intention de signer le registre.

« C’est sûr que j’y serai, mais je suis surpris de la façon que c’est arrivé. On est en congé jusqu’au 15 janvier. Le règlement d’emprunt a été adopté en décembre. Du point de vue de la transparence, que ça arrive du jour au lendemain, c’est particulier. Je m’attendais à obtenir plus d’information avant. Je suis aussi étonné qu’il y ait juste un endroit pour aller signer. Avoir un bureau par arrondissement aurait été plus démocratique. On dirait qu’il y a des gens à l’hôtel de ville qui poussent fort pour que le projet passe », commente M. Avard.

« J’avais compris que l’administration du maire serait différente. Ce que je vois, c’est une réplique de ce qui se faisait avant. »

Pierre Avard convient que les élus pourraient rejeter le concept du consortium même si le règlement d’emprunt est accepté. 

« Mais c’est un processus qui enclenche des décisions. C’est comme si on mettait un bras dans l’engrenage. »

Pierre Tremblay partage la même opinion. « Je me ferai un devoir d’être au bureau de la greffière lundi à la première heure. Le chiffre de 8702 signatures est mirobolant. Est-ce qu’autant de gens vont se déplacer alors que l’école recommence et que les vacances se poursuivent? On a l’air pressé. Est-ce qu’on veut nous cacher quelque chose? Ce sera un très beau test pour les nouveaux élus pour ne pas répéter les erreurs du passé. J’inclus le maire dans ces décisions. »

M. Tremblay rappelle que les signatures ne feraient pas avorter le projet Well inc., mais qu’elles entraîneraient un référendum. « Elles influenceront la décision des élus. »

Les ex-conseillers Hélène Dauphinais et Jean-François Rouleau ont publié une copie de l’avis public sur leur page Facebook pour inciter les citoyens à signer le registre.

À la Ville de Sherbrooke, on explique qu’en raison du caractère « urgent » du dossier, on souhaite connaître le verdict de la population avant la séance du conseil du 15 janvier. En raison du nombre important de signatures à recueillir, on souhaitait laisser toute une semaine au processus. Puisque le délai légal exige cinq jours entre la publication de l’avis légal et la première journée de signature, l’avis devait impérativement être publié le 3 janvier.

Si le processus se poursuivait, le référendum se déroulerait aux frais de la Ville. Les élus auraient toutefois le pouvoir d’abandonner l’emprunt et d’éviter le référendum.

Il n’a pas été possible de parler au maire Steve Lussier mercredi.