En point de presse mardi, le maire Steve Lussier s’est engagé à déposer tous les documents publics concernant Well inc. sur le site de la Ville de Sherbrooke le 16 janvier, après la tenue du registre.

Well inc. : Lussier n’acceptera rien d’autre que la rentabilité

« On va agir en bon père de famille et nous assurer que nous aurons un dossier rentable. » C’est en substance le message qu’a livré le maire Steve Lussier mardi, six jours après que les premières interrogations furent soulevées concernant la signature d’un registre lié au projet Well inc. En point de presse mardi, M. Lussier a affirmé ne pas posséder plus d’information que celle transmise à tous les élus concernant Well inc.

Rappelons que les citoyens peuvent signer un registre, à l’hôtel de ville de Sherbrooke, jusqu’à vendredi pour s’opposer au règlement d’emprunt de 26 M$ qui permettrait la reconstruction du stationnement du Dépôt, l’aménagement d’une place publique sur la rue Wellington Sud et la construction d’un lien routier entre la rue du Dépôt et la rue des Grandes-Fourches. Un consortium privé investirait aussi environ 45 M$ pour bâtir deux tours sur la rue Wellington Sud.

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« Si l’emprunt de 26 M$ est adopté, ça ne veut pas dire qu’il sera dépensé. On va faire voter le conseil et on prendra les bonnes décisions. Je suis là pour assurer une rentabilité », a répondu Steve Lussier.

Le maire s’est engagé à déposer tous les documents publics concernant Well inc. sur le site de la Ville de Sherbrooke le 16 janvier, après la tenue du registre. Les élus, eux, commenceront l’analyse finale du projet le 30 janvier pour rendre une décision finale avant la fin de l’entente d’exclusivité avec le consortium le 15 février. Si nécessaire, une séance extraordinaire du conseil municipal pourrait être convoquée. « S’il y a des délais, ça ne viendra pas du consortium », dit Nicole Bergeron, présidente du comité exécutif. « Si on étirait, ce serait compliqué pour atteindre les échéanciers, notamment pour SherWeb. »

Le consortium pourrait-il utiliser cet argument comme outil de pression? « Le maire ne fonctionne pas à la pression », dit Steve Lussier.

« S’il n’y avait que le volet politique, je dirais qu’on va en appel d’offres, mais le volet homme d’affaires vient me chercher aussi. Il faut laisser la chance au coureur. Ce n’est pas Steve Lussier seulement qui prendra la décision, mais l’ensemble du conseil », ajoute-t-il.

Steve Lussier

De 220 à 900 cases de stationnement

M. Lussier rappelle qu’il faudra reconstruire le stationnement du Dépôt, quelle que soit la décision du conseil. Mais pourquoi parle-t-on d’un stationnement de 700 à 900 places alors que l’actuelle structure en compte 220? « Nous aurions besoin de 820 places, selon les dires, mais nous n’avons pas tous les documents », répond le maire.

C’est le directeur général, Yves Vermette, qui a volé au secours du maire, talonné de questions. « En rebâtissant le stationnement, la Ville aurait fait passer sa capacité à 300 cases. Dans le projet du consortium, SherWeb compte construire des bureaux pour 300 employés. On ajoute 60 logements et les 160 employés du Quartier général (le guichet unique des organismes de développement économique). Ces gens seront là de jour, mais le soir, les places seront disponibles pour ceux qui veulent consommer au centre-ville. Il reste à voir si l’espace permet de construire ces cases. »

Deux sorties

Deux sorties sont prévues rue du Dépôt et une sur la rue Wellington Sud. Une étude de circulation serait en cours. Il s’agirait d’un stationnement municipal géré par la Ville. M. Vermette dit qu’il ne disposait pas de ces informations avant les Fêtes.
La présidente du comité exécutif indique que cette information prouve que le consortium est encore à la planche à dessin. « Un projet de 50 M$, c’est assez complexe. Il n’y a aucun manque de transparence. Seulement, parfois, les informations, nous ne les avons pas parce que nous sommes en train de faire les calculs. »

Steve Lussier a par ailleurs annoncé qu’il nommera lundi les 10 membres du comité de revitalisation du centre-ville, comité composé des membres du comité exécutif, d’élus et de citoyens.

Membre du comité exécutif, Danielle Berthold affirme qu’elle n’en savait pas plus que les autres même si elle était membre du Renouveau sherbrookois. « Tout le monde est à la même place. J’ai été très surprise des choses que j’ai apprises dans les dernières semaines. Il n’y a pas de cachettes. »

Les conseillers Pierre Avard et Pierre Tremblay ont reproché au processus de signature du registre de commencer alors que les vacances n’étaient pas terminées. Pourquoi la maire a-t-il mis six jours avant de réagir aux propos de ses collègues? « J’étais parti en vacances pour deux semaines à l’extérieur. Je suis revenu hier (lundi). »

Enfin, Steve Lussier ne voit aucune objection à ce qu’Évelyne Beaudin tienne sa propre séance d’information et de consultation sur le projet Well inc. le 18 janvier.