Les dépenses entourant le projet du consortium de Well inc., prises isolément, représenteraient une hausse de taxes de 0,88 % pour les Sherbrookois.

Well inc. : 0,88 % de plus sur les taxes

Les dépenses entourant le projet du consortium de Well inc., prises isolément, représenteraient une hausse de taxes de 0,88 % pour les Sherbrookois. Pour une maison unifamiliale moyenne de 229 000 $, il s’agirait donc d’une augmentation de 19,43 $ pour la première année.

Cette donnée fait partie des chiffres qui ont été rendus publics mardi matin sur le site internet de la Ville. On y présente effectivement le cadre financier de Well inc., une deuxième version du projet de construction du consortium privé et une fiche sur les programmes incitatifs.

Rappelons que le projet du consortium consiste en une reconstruction du stationnement à étages de la rue du Dépôt, l’aménagement d’une place publique et la construction de deux tours sur la rue Wellington Sud. Le nouveau projet publié par la Ville compte maintenant 715 cases de stationnement et une place publique de 42 000 pieds carrés.

À titre comparatif, le compte de taxes augmenterait de 9,47 $ si les élus optaient pour le statu quo, soit une reconstruction du stationnement à étages de la rue du Dépôt pour environ 300 cases. Le projet du consortium représente donc une différence de 0,45 %, ou 10 $, la première année.

Il ne faut toutefois pas en déduire que les taxes augmenteraient nécessairement, prévient le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette. « Ça ne veut pas dire que c’est ce que le conseil décidera au moment d’établir le budget. Nous espérons que les revenus seront plus grands que la progression des dépenses. »

« Projet à long terme »

L’ensemble du projet de revitalisation du secteur Wellington Sud, lui, qui fait l’objet d’un plan directeur de 12 M$, représenterait une hausse de taxes de 1,21 %, soit 26,89 $ la première année. « Comme tous les plans directeurs, il s’agit d’un projet à long terme. Chaque année, le conseil décide les actions qui seront mises de l’avant selon les budgets disponibles. Nous ne sommes jamais allés jusqu’à la hauteur des prévisions. Il y a toujours eu des compromis et nous pensons que c’est encore ce qui se produira », résume Yves Vermette.

Selon les projections de la Ville, les impacts sur la taxe foncière iraient en diminuant avec les années.

Dans les données financières présentées mardi, on estime à 1,7 M$ le coût de la démolition du stationnement à étages et à un peu plus de 3 M$ l’aménagement d’une place publique. Dans tous les cas, il faudra investir 4 M$ pour la réfection des infrastructures souterraines de la rue Wellington Sud, des infrastructures presque centenaires qu’on n’a pourtant pas refaites au moment de recouvrir la rue de pavé il y a une vingtaine d’années.

Sur une période de 50 ans, le statu quo entraînerait un déficit de 26 M$ alors que le projet du consortium, pris seul, permettrait de dégager des profits de 8 M$, principalement en revenus de taxes foncières. On prévoit toutefois dans les revenus une augmentation des constats d’infraction pour le stationnement, un montant obtenu en appliquant une règle de trois en fonction du nombre de cases.

Le directeur du Service des finances, François Poulette, explique que les projections sont effectuées en fonction d’un taux d’intérêt annuel de 4 % et d’un remboursement des emprunts sur 40 ans. Les revenus et les dépenses sont indexés de 2 % par année et on tient compte des congés de taxes qui pourraient être accordés pour dix ans sur les constructions neuves. « Au début, les revenus ne seront pas au rendez-vous. C’est normal, c’est un investissement. »

« Le projet est maintenant plus clair. Il ne reste qu’à analyser l’ensemble du dossier. Il est clair que de reconstruire le stationnement tel quel serait une dépense sans retombées financières », a commenté le maire Steve Lussier.

Yves Vermette abonde dans le même sens. « Il faudrait qu’on se pose la question sur les coûts de ne rien faire, tant du point de vue social que du point de vue financier. »

Parmi les autres informations dévoilées dans les derniers jours, notons que le plus gros bâtiment du consortium, que plusieurs trouvaient trop gros à 12 étages, en compte maintenant 10. Le QG, qui regroupera les organismes de développement économique, en comptera cinq. L’escalier construit il y a une douzaine d’années, entre les rues Wellington Sud et du Dépôt devrait pour sa part être démoli.

Rappelons que le consortium doit présenter son projet en atelier de travail du conseil municipal le lundi 12 février pour une décision le 19 février. Des consultations publiques sur le plan directeur d’aménagement de la rue Wellington Sud sont prévues autour du 20 mars dans chacun des arrondissements.

Tous les documents concernant Well inc. peuvent être consultés au sherbrooke.ca/wellinc

En résumé

Investissement du consortium : 50 M$
Investissement de la Ville : 30 M$ (en incluant les infrastructures souterraines)
Nombre de places de stationnement : 715
Coût maximal de la revitalisation du secteur Wellington Sud : 12 M$
Valeur des congés de taxes : 9 M$

En plus de dévoiler le cadre financier de Well inc., le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette, a apporté des précisions sur le projet envisagé sur le site de l’Hôtel Wellington.

Pourquoi pas un appel d’offres ?

C’est notamment la présence d’un locataire important comme SherWeb dans les bâtiments du projet Well inc. qui justifierait un choix de ne pas aller en appel d’offres pour trouver un projet porteur pour la rue Wellington Sud. C’est l’explication du directeur général de la Ville de Sherbrooke Yves Vermette.

« Ça fait 30 ans et personne n’est venu au centre-ville pour investir et donner une impulsion. Nous avions parlé beaucoup avec d’autres promoteurs qui sont très connus en ville et jamais ils n’ont voulu investir sur la rue Wellington. Là, nous avons un groupe de promoteurs qui sont arrivés avec une offre à la Ville. Ils nous ont fait une proposition qui selon nous est une opportunité incroyable. À 50 M$, c’est presque doubler la valeur du parc immobilier du secteur. »

« Vous avez également dans ce contexte-là que le promoteur arrive avec un locataire important. C’est ça la différence. Vous avez un partenaire qui s’appelle SherWeb qui est prêt à occuper une partie des locaux. C’est une entreprise forte, qui a le vent dans les voiles dans sa progression. En allant en appel d’offres, nous n’aurions pas ces conditions-là. En appel d’offres, les promoteurs doivent se trouver quelqu’un qui serait prêt à devenir locataire.

« Pourquoi nous allons si vite, c’est que SherWeb repousse ses besoins, mais doit pouvoir entrer dans ses locaux en mars 2020. Ce n’est pas qu’un locataire. Il investit un tiers des sommes nécessaires. C’est un chantier majeur qui prendra 24 mois à réaliser. Est-ce qu’on prend le risque d’aller en appel d’offres et de perdre ce client majeur et de perdre des partenaires qui sont prêts à venir dans la tour QG? C’est la question à laquelle les élus devront répondre. Nous comme fonctionnaires, nous avons fait l’analyse de tous les côtés. Nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous pensons qu’il serait difficile d’avoir un alignement de joueurs prêts à investir le même montant et d’une façon aussi rapide. »

SherWeb a décliné les demandes d’entrevue de La Tribune pour obtenir des précisions sur l’échéancier de mars 2020.