Les quelque 3500 membres du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie se prononceront en assemblée générale à la mi-janvier pour un mandat de grève de cinq jours, qui pourrait être exercé de différentes façons.
Les quelque 3500 membres du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie se prononceront en assemblée générale à la mi-janvier pour un mandat de grève de cinq jours, qui pourrait être exercé de différentes façons.

Votes de grève des enseignants en janvier

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
La Presse canadienne
Les quelque 3500 membres du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) se prononceront en assemblée générale à la mi-janvier pour un mandat de grève de cinq jours, qui pourrait être exercé de différentes façons. Leurs collègues du Syndicat du personnel technique et administratif (SPTA-CSQ) du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) se réuniront quant à eux le 19 janvier. Les négociations avec Québec sont dans une impasse, estiment le président du SEE, Richard Bergevin, et sa collègue Renée Bibeau.

« Ça fait un an que la négociation est commencée. On juge qu’on est dans une impasse », commente Richard Bergevin.

L’assemblée du SEE, qui fait partie de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), pourrait avoir lieu le 18 janvier, mais la date reste à confirmer.

Le résultat des votes des différentes instances syndicales doit être envoyé d’ici le 29 janvier.

« En conseil fédéral, il a été décidé de donner une chance à la négociation avant Noël. On pense qu’il y a encore un espace pour régler », note M. Bergevin, en insistant pour dire que l’objectif n’est pas de débrayer, mais d’arriver à un règlement. 

En dépit des rencontres, il estime que la partie patronale n’a pas été en mesure de « reconnaître les problèmes » et de « proposer des solutions », notamment en ce qui concerne la pénurie d’enseignants et la rémunération.

Les cinq jours proposés pourraient être appliqués de façon discontinue ou en bloc. 

Même si la tenue des votes a commencé dans la province, M. Bergevin ne veut pas présumer de l’issue du scrutin. 

« Les résultats qu’on a vus passer dans la province donnent des indicateurs que les enseignants sont très déterminés. » 

Rendre les professions plus attirantes 

Les enseignants risquent-ils de ternir leur image auprès des parents s’ils décident d’exercer un débrayage? « Il y aura toujours un dérangement associé à une négociation comme ça, où le gouvernement ne veut pas amener des solutions à la table de négociations. Et là-dessus, je serais prêt à discuter avec n’importe quel parent [pour] voir quelles sont les propositions qui amèneront une amélioration des services éducatifs, qui amélioreront la valorisation de la profession enseignante et qui auront plus de chance de maintenir les gens en fonction le plus longtemps possible. (...) Je pense que les parents ont tout intérêt à ce que nous gagnions cette négociation-là, parce que, clairement, pendant des années, avec l’austérité et toutes sortes de raisons budgétaires, les gouvernements ont diminué le financement du système de l’éducation et du système éducatif. Il est temps qu’on change la direction que l’on prend. On vit avec la pandémie des problèmes qui ressortent... Dans ce contexte-là, les parents ont tout avantage à ce que nous réussissions à obtenir du gouvernement un meilleur financement du système, à rendre la profession plus attirante... »  

Parmi leurs demandes, les enseignants souhaitent diminuer les tâches de surveillance pour augmenter le rattrapage auprès des élèves. Des baisses de ratio sont aussi dans les cartons. 

Renée Bibeau déplore que les négociations n’avancent pas du tout. Le SPTA représente environ 2200 membres, dont du personnel de service de garde, des secrétaires et des techniciens en éducation spécialisée. 

Du côté sectoriel, l’instance réclame 1 $ de l’heure de plus pour la première année, et même chose pour les deuxième et troisième. Il s’agit d’une demande propre au personnel de soutien. « C’est une des façons d’attirer les gens », fait-elle valoir. Certaines demandes visent à contrer la pénurie du personnel, dont celle d’offrir plus d’heures pour un même emploi. Selon elle, même si on parle beaucoup du personnel en service de garde, il est aussi difficile de retenir les secrétaires et les techniciens informatiques. Les membres exercent actuellement des moyens de pression, le respect du temps des pauses et des dîners. Une action de visibilité est aussi prévue le 18 décembre.

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La négociation se poursuit 

Entre-temps, la négociation se poursuit avec le gouvernement du Québec.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, estime que la négociation, amorcée il y a près d’un an, n’avance pas du tout. Sa Fédération des syndicats de l’enseignement parle d’un écart « abyssal » entre ses demandes et les offres de Québec.

Québec offre à l’ensemble des employés de l’État 1,75 % d’augmentation pour la première année de la convention collective, avec un montant forfaitaire de 1000 $, puis 1,75 % la deuxième année avec un montant forfaitaire de 600 $ et 1,5 % en 2022.

Les finances sont serrées à cause de la pandémie, qui a engendré d’importantes dépenses supplémentaires, a déjà fait valoir le Conseil du trésor.

Le gouvernement, qui au départ avait promis d’abolir les premiers échelons salariaux afin de bonifier la rémunération des enseignants en début de carrière, propose maintenant d’augmenter la rémunération à ces niveaux.

Québec offre également une prime pour les enseignants qui travaillent en milieu défavorisé et qui restent dans la même école pendant au moins trois ans.

L’échelle de salaire des enseignants comporte 17 échelons. Au premier échelon, la rémunération annuelle est de 42 431 $; au dernier échelon elle est de 82 585 $. Un enseignant se voit attribuer l’échelon qui correspond à son expérience, plus deux échelons s’il a une scolarité de 17 ans; plus quatre échelons s’il a une scolarité de 18 ans.

En plus de la rémunération, la Fédération des syndicats de l’enseignement de la CSQ a plusieurs demandes ayant trait aux conditions de travail, particulièrement la lourdeur de la tâche. Ses demandes portent plus spécifiquement sur l’équilibre dans la composition des classes, l’insuffisance des services aux élèves en difficulté et la précarité d’emploi. Avec la Presse Canadienne