Quelques clarifications sur le confinement

Les modalités fines du confinement semblent avoir créé une certaine confusion parmi la population, à en juger par le grand volume de questions que nous recevons à ce sujet. Les gens dans X ou Y situation peuvent-ils sortir marcher ? Doit-on reporter ses rendez-vous médicaux ? Les grands-parents peuvent-ils garder leurs petits-enfants si personne n’a de symptômes ? Voici quelques clarifications, en vrac.

Q : «Certaines personnes soutiennent haut et fort que l’on devrait proscrire même la marche et la course dans des rues où les trottoirs seraient trop étroits pour respecter les règles de la distanciation de 2 mètres. D’autres vont jusqu’à prétendre que le virus circule dans l’air. Alors pouvons-nous sortir faire notre jogging sans risque d’être contaminés ou de contaminer les autres ?», demande David Valentine, de Montréal.

R : Oui, la marche et la course à l’extérieur sont permises pour les personnes qui ne sont pas en confinement obligatoire, me confirme-t-on à l’Institut de la santé publique du Québec (INSPQ). Il va sans dire qu’on ne peut pas le faire en grands groupes et que la règle des 2 mètres s’applique, quitte à marcher/courir une petite distance dans la rue. L’INSPQ recommande de se laver les mains en revenant.

Cependant, la marche, la course et toute sortie à l’extérieur sont strictement interdites pour les personnes qui ont des symptômes grippaux (toux, fièvre, éternuements), ceux qui ont la COVID-19 ou qui sont en attente de leur résultat de test et ceux qui reviennent de voyage. Ceux-là doivent respecter leur quarantaine de 14 jours et ne sortir «sous aucun prétexte», insiste-t-on à l’Institut.

Enfin, au sujet de la propagation du virus par la voie des air, voir cette réponse de la collègue Valérie Borde.

Q : «Faut-il remettre son examen médical annuel à cause de la pandémie ou peut-on s’y rendre comme d’habitude ?», demande Pierre Chartrand, d’Ottawa.

R : De manière générale, oui, tout rendez-vous non-urgent devrait être reporté, que ce soit chez le médecin, le dentiste, l’optométriste ou d’autres professionnels de la santé, répond l’INSPQ.

Maintenant, il y a bien sûr des consultations qui, sans être «urgentes» à proprement parler, sont difficilement reportables — par exemple les suivis de grossesse, les suivis de jeunes enfants de 0-2 ans et les problèmes de santé mentale. Les «télésoins» (par Skype ou d’autres applications du genre) et les consultations par téléphone devraient être priorisés, mais il arrive que cela ne soit pas possible, pour une raison ou pour une autre. La décision de maintenir le rendez-vous en personne doit être évaluée au cas par cas par le médecin et l’équipe soignante.

Q : «Est-ce que les grands-parents de moins de 70 ans peuvent garder un petit-enfant (moins de 2 ans) pour une ou deux nuits si personne ne revient de voyage et si ni l’enfant, ni les parents, ni les grands-parents ne présente de symptômes ? Bien évidemment, on observerait les règles de distanciation entre les adultes lors du transfert de l’enfant», demande Vincent Campbell Allaire, de Montréal.

R : Il est *recommandé* de ne pas entrer en contact rapproché — moins de 2 mètres, passer plusieurs jours ensemble — avec les gens qui ne vivent pas sous le même toit que nous, tous âges confondus, rappelle l’INSPQ. Contrairement au confinement de 14 jours pour les gens qui sont atteints de COVID-19 ou qui en sont soupçonnés (voir les catégories dans la première question), il s’agit-là d’une recommandation, pas d’une obligation légale. Mais quand même, il faut essayer de l’éviter autant que possible.

Si les grands-parents doivent vraiment garder, alors il faut idéalement qu’ils aient moins de 70 ans. Et l’on doit tenter de respecter les mesures de distanciation non seulement entre adultes lors du transfert de l’enfant, mais aussi avec le ou les enfants pendant la garde — même si, on s’entend, cela peut être très difficile. Tout le monde devrait se laver les mains régulièrement, de même que les surfaces et objets fréquemment touchés (jouets, poignées de porte, etc.).

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