Le vaccin contre l’influenza est actuellement en production et sera disponible cet automne comme à l’habitude.
Le vaccin contre l’influenza est actuellement en production et sera disponible cet automne comme à l’habitude.

La COVID-19 et l’influenza: moins de virus respiratoires en vue

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
En plus d’une possible deuxième vague de COVID-19, l’automne ramènera avec lui le temps gris, la pluie, et aussi… la grippe. Bonnes nouvelles, les virus respiratoires pourraient être moins présents et le vaccin contre l’influenza donnera le soutien habituel... en autant que ceux qui en ont besoin aillent le chercher.

Pour Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ), il est clair que les gens à risque de contracter la grippe et de développer des complications devront se faire vacciner contre l’influenza. «En ce moment, c’est certain que si vous présentez des symptômes grippaux, ça inquiète un peu plus puisque ceux-ci s’apparentent aux symptômes de la COVID-19. Il sera donc conseillé pour les gens à risque, comme les personnes âgées, de se faire vacciner», explique le chercheur en entrevue, il y a quelques jours.

La campagne de vaccination de l’hiver prochain ne sera pas nécessairement plus importante que celles des autres années, selon Louis Flamand, virologue et chercheur senior de l’axe des maladies infectieuses et immunitaires du Centre de recherche du CHU de Québec. Dr Flamand pense tout de même que la vaccination pour les gens à risque de contracter l’influenza sera nécessaire. «Ce qu’on ne voudrait pas, c’est que les gens qui sont sensibles de développer des complications attrapent l’influenza et la COVID-19 en même temps. Parce que là, ça pourrait être dangereux», affirme-t-il.

Même si la majorité des laboratoires se concentrent sur les recherches concernant le coronavirus, M. De Serres précise que le vaccin contre l’influenza ne nécessite pas de recherches additionnelles. Le vaccin est donc actuellement en production et sera disponible cet automne comme à l’habitude. Parmi les personnes les plus vulnérables, on compte les bébés de moins de six mois, les personnes ayant des maladies chroniques, les femmes enceintes et les personnes âgées.


« Ce qu’on ne voudrait pas, c’est que les gens qui sont sensibles de développer des complications attrapent l’influenza et la COVID-19 en même temps. Parce que là, ça pourrait être dangereux »
Louis Flamand, virologue et chercheur des maladies infectieuses et immunitaires du Centre de recherche du CHU de Québec

Dans un sondage réalisé pour l’Agence de santé publique du Canada sur la campagne de vaccination 2018-2019 contre la grippe saisonnière, la principale raison de la non-vaccination des participants était la «perception que le vaccin n’est pas nécessaire» notamment en raison de son efficacité. «L’influenza, soit dit en passant, n’est pas un virus banal. Effectivement, parfois le vaccin fonctionne et parfois il ne fonctionne pas. La dernière campagne que j’ai vue, l’efficacité était à 0 %. Mais les scientifiques doivent produire selon des prédictions. Avec un vaccin contre la COVID-19, on n’aurait pas ce problème-là parce que, le virus, il ne mute pas», souligne M. Flamand qui considère quant à lui qu’en cas de doute, il vaut mieux se faire vacciner. Avec les autres virus respiratoires, l’influenza correspond, en général, à 5 à 10 % des admissions totales dans les centres hospitaliers.

Les mesures sanitaires, efficaces contre d’autres virus?

Gaston De Serres affirme qu’il y a une possibilité réelle que les mesures sanitaires mises en place actuellement dans la société fasse chuter les cas d’influenza et d’infections respiratoires, en plus de ceux liés à la COVID-19. En effet, le tout dernier rapport hebdomadaire du programme provincial de surveillance des virus respiratoires, publié le 28 mars dernier par le Laboratoire de santé publique du Québec, indiquait que «l’indice d’activité grippale était alors faible, avec une tendance à la baisse».

Pour le médecin-épidémiologiste, il est beaucoup trop tôt pour confirmer ou infirmer cette tendance, mais il reste tout de même optimiste : «Les virus respiratoires se transmettent généralement comme la COVID-19. Il y a donc une possibilité réelle que les mesures sanitaires soient efficaces contre l’influenza également. On ne peut pas actuellement attribuer la baisse d’activité grippale aux mesures de confinement. Mais l’hiver prochain, on sera en mesure de mieux évaluer ce phénomène selon les mesures qui seront en place à ce moment-là», précise M. De Serres.

En plus des mesures sanitaires qui pourraient être efficaces contre l’influenza, M. De Serres ajoute que les recherches sur le vaccin contre le coronavirus pourraient avoir un impact positif sur le développement de vaccins contre la grippe. «Ce n’est pas là-dessus qu’on planche, mais comme les recherches sur le vaccin contre la COVID-19 utilisent de nouvelles méthodes, de nouvelles approches, ça pourrait très bien nous aider pour le vaccin contre l’influenza. On pourrait peut-être obtenir de meilleurs résultats ou une meilleure efficacité du vaccin», suggère-t-il.