Les virus sont partout où il y a de la vie.
Les virus sont partout où il y a de la vie.

D’où viennent les virus?

Q: «Quelle est l’origine des virus? D’où viennent-ils? Comment se créent les virus? Ont-ils une utilité dans la nature et dans l’évolution des êtres vivants? Y a-t-il des virus bienfaisants?» se demande François Beaulieu, de Québec

R: Les virus sont partout où il y a de la vie. On en trouve dans les cellules de toutes les espèces vivantes et aussi dans des environnements extrêmes : enfouis sous la glace de l’Arctique, dans les grains de sable du désert du Sahara ou encore tout au fond de l’océan, capables de résister à des pressions et des températures élevées.

Ils ne sont pas à proprement parler des organismes «vivants». Sans cellule vivante à infecter, ils ne sont rien.

Les virus existent depuis fort longtemps. Une étude publiée dans la revue Nature en 2018 révèle que les virus infectant les vertébrés seraient aussi vieux que leurs hôtes et auraient évolué avec eux sur une période de plusieurs millions d’années. Ils étaient donc présents sur Terre bien avant l’humain.

Bien que quelques hypothèses circulent sur leur origine, le mystère persiste, selon André Darveau, professeur au département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique à l’Université Laval. «Il faudrait reproduire les circonstances qui ont mené à leur évolution en laboratoire. C’est impossible de le savoir pour le moment», affirme le professeur.

Complication supplémentaire, les fossiles de virus n’existent pas. Pour en apprendre sur leur passé, les chercheurs les examinent donc indirectement en fouillant le matériel génétique des hôtes infectés. Par exemple, les rétrovirus ont la capacité d’insérer des fragments de leur génome à l’intérieur de celui de leur hôte. Pas moins de 8 % de notre génome tire ainsi son origine de rétrovirus.

Des virus utiles

Ces minuscules organismes, visibles seulement au microscope, ne survivent qu’en prenant le contrôle des cellules d’un être vivant pour se répliquer. Les virus ont mauvaise réputation, car ils sont la source de plusieurs maladies infectieuses, dont la pandémie actuelle causée par le coronavirus.

Cependant, certains virus sont fort utiles. Les bactériophages, des virus qui ne s’attaquent qu’aux bactéries, aident les scientifiques dans le domaine de la génétique. Ces virus représentent aussi un arsenal supplémentaire dans la guerre contre les bactéries résistantes aux antibiotiques. Les bactériophages jouent aussi un rôle dans le cycle du carbone.

«Dans les océans, ils sont en importante concentration. Il y a au moins 108 particules virales par ml d’eau [ndlr: 100 millions par ml]. Ces virus infectent les bactéries et celles-ci, en se dégradant, relâchent du carbone», souligne le professeur André Darveau. D’autres organismes bénéficient de ce carbone disponible.

Des virus présents en quantité astronomique

On ignore toujours le nombre réel d’espèces virales qui existent sur la planète. Des scientifiques estiment que seulement chez les mammifères, il y aurait plus de 320 000 espèces virales encore inconnues.

Sans le savoir, on vit donc entouré d’une méga foule virale!

___

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec, qui vous invite à le suivre sur Facebook, Twitter et Instagram.