Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Dr Réjean Hébert
Dr Réjean Hébert

Vivement un virage vers les services à domicile

Serge Denis
Serge Denis
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Réjean Hébert n’a pas décoléré de l’année.

Et l’ancien ministre de la Santé ne voit pas l’heure où il pourra desserrer les dents au cours des prochains mois.

« Depuis le début de la pandémie, on a assisté au même vieux réflexe de priver les personnes âgées de la présence de leurs proches aidants », déplore le gériatre de formation, qui a longtemps dirigé la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, ainsi que le Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke où il a aussi été chercheur. « Pourtant, on sait pertinemment qu’ils peuvent faire la différence en apportant des soins spécifiques et qu’ils ne sont pas un facteur de propagation du virus. Ces gens-là font tellement attention pour ne pas contaminer leurs proches qu’ils prennent toutes les précautions nécessaires », plaide-t-il.

Membre du collectif Action COVID, qui regroupe des professionnels de la santé et d’autres disciplines, le Dr Hébert pointe également l’absence de répondants pour assurer la sécurité des résidents dans les CHSLD. « Il y avait cinq niveaux hiérarchiques entre les établissements et les personnes qui devaient réagir aux problèmes. Alors vous comprenez que ça prend un certain temps avant que ça se règle, déplore-t-il. Même avec les cadres nommés par le gouvernement, est-ce qu’ils ont l’autorité pour faire le travail adéquatement? » se demande-t-il.


« Il faut absolument que nous prenions collectivement le virage afin que ça ne se reproduise jamais. »
Dr Réjean Hébert

La mobilité du personnel et le dépistage systématique devraient également figurer parmi les priorités du ministère de la Santé afin d’éviter que se poursuive l’hécatombe chez les personnes âgées, croit Réjean Hébert, en évoquant un « âgisme systémique » qui s’est installé dans une certaine indifférence. « Les vieux allaient mourir de toute façon », ironise-t-il dans une de ses nombreuses lettres acheminées aux médias en 2020.

« Ce n’est pas normal que les principales éclosions aient été dans le réseau de la santé et dans les résidences pour personnes âgées, s’indigne l’ex-député de Saint-François. Quand la crise sera contrôlée, il faudra de toute urgence entreprendre un vaste chantier pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. La société québécoise sera la plus âgée en Amérique du Nord en 2031, reprend-il. J’espère que cette crise provoquera un plan d’action vigoureux. Il faut absolument que nous prenions collectivement le virage afin que ça ne se reproduise jamais. »