Violences sexuelles : les demandes d'aide bondissent à l'UdeS

Les demandes d’aide en lien avec les violences sexuelles ont bondi à l’Université de Sherbrooke. Quinze demandes d’intervention et de consultation ont été faites en 2016-2017 auprès de la conseillère en matière de prévention de harcèlement et de discrimination. Il s’agit d’une augmentation de 150 % par rapport à l’année précédente.

Aucune demande de cette nature n’avait été faite en 2014-2015.

Parallèlement, le volume des demandes reçues a augmenté dans son ensemble.

« Devant l’augmentation des demandes auprès de la conseillère, on ajoute une ressource supplémentaire à demi-temps au début », a expliqué en mars la secrétaire générale, Jocelyne Faucher, en notant que cette embauche vise à limiter les délais d’intervention.
À ses yeux, cette hausse est multifactorielle. Elle s’explique notamment « par l’impact des différentes activités de formation ».

« Pour moi, ça veut dire que les gens osent venir demander de l’aide ou de l’information. Pour moi, il y a un effet direct là. Et, à plus grande échelle, il y a tout le phénomène social de #moiaussi », commente Mme Faucher.

« Les activités de formation et d’information viennent clarifier toute la gamme des violences à caractère sexuel. Souvent, dans l’imaginaire, on pense au viol, aux coups… Mais il y a toute une gamme, qui va du propos inapproprié jusqu’au viol… »

Selon le rapport, les dénonciations concernent des agressions sexuelles impliquant au moins un contact physique (7 cas), des propos ou attitudes à caractère sexuel non désirés (5 cas) ou encore des messages ou photos à caractère sexuel non désiré (3 cas).

« Ces chiffres ne pourraient être que la pointe de l’iceberg, car selon le rapport ESSIMU, « seulement 9,6 % des personnes répondantes ayant subi une violence à caractère sexuel en milieu universitaire ont fait une démarche de signalement ».

L’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU) est la première étude au Québec qui a permis de documenter la situation de la violence sexuelle de façon plus large dans les campus de la province. L’enquête avait alors révélé que près de 40 % des répondants ont vécu une forme de violence sexuelle depuis leur entrée à l’université.