Sonia LeBel

Violences contre la communauté LGBTQ+: la ministre LeBel au forum Lexic²

SHERBROOKE - C'est la ministre de la Justice Sonia LeBel, ministre responsable de la Condition féminine, qui ouvrira le forum Lexic², qui se tiendra les 8 et 9 février au Cégep de Sherbrooke.

Les violences sexuelles vécues par les communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer (LGBTQ+) se retrouvent sous la loupe de Lexic², une initiative chapeautée par l'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke (AÉCS).

Le forum vise à contrer les violences sexuelles vécues par ces communautés, pour lesquelles le taux de dénonciation est très bas. L'événement doit réunir plus de 200 personnes au Cégep de Sherbrooke.

Au cours des deux journées où se tiendra l'événement, plusieurs conférenciers sont attendus. Du nombre, la professeure de l'Université de Sherbrooke Geneviève Paquette présentera une conférence sur le risque de violence sexuelle subie en milieu universitaire par différents sous-groupes provenant de la diversité sexuelle et de genre. La Tribune avait fait état de cette étude dans ses pages.

Des outils

Le forum a vu le jour sous l'égide de l'AÉCS, qui souhaitait du même coup que la thématique des violences sexuelles soit élargie. L'AÉCS, qui a travaillé sur la campagne de prévention et de sensibilisation « Ni viande ni objet », avait constaté que les membres de la communauté LGBTQ+ se sentaient plus ou moins interpellés par les outils de prévention mis en place.

La thématique des violences sexuelles demeure très genrée, constate-t-on. En entrevue l'été dernier, le coordonnateur du projet, Pierre McCann, souhaitait déjà que le travail se poursuive au-delà du forum. « Il y aura des suites au projet, ne serait-ce que pour la promotion d'outils », note-t-il en entrevue.

C'est ce que confirme Pascal Vaillancourt, directeur général d'Interligne (autrefois Gai Écoute), dont l'organisme saisira la balle au bond.

Guide d'intervention

À la suite du forum, de grandes lignes seront émises pour développer de nouveaux outils. Par exemple, on peut penser à la création d'un guide d'intervention. Ce qui sera développé se précisera après la tenue du forum.

Interligne a notamment créé un registre qui vise à recenser les formes de violences vécues au sein des communautés.

« Il n'y avait pas de portrait des violences », souligne M. Vaillancourt en ajoutant qu'elles peuvent prendre différentes formes, dont conjugales. L'exercice permettra notamment de cartographier ces différents types de violences et de fournir des données sur le sujet.

« On est en train de développer ce registre. Il devrait être en ligne en juin », note M. Vaillancourt. Interligne compte déjà un registre des actes homophobes (RAH); le nouveau registre permettra d'étendre les données à différentes réalités, dont celles des personnes trans, non binaires, etc.

Le directeur général note que cet outil (le RAH) a permis de voir un écart important entre les déclarations faites sur le registre et le nombre de déclarations faites aux services policiers.